Rechercher sur le web

 On ne peut concevoir l’entreprise comme une entité isolée du milieu dans lequel elle agit. L’entreprise doit surveiller en permanence son environnement car, d’une part, elle s’intègre dans cet environnement et,  d’autre part, elle agit sur ce même environnement. L’entreprise peut être influencée par son environnement de manière positive (opportunités environnementales) ou de manière négative (contraintes environnementales).


L’entreprise doit surveiller de manière permanence l’évolution des marchés, l’évolution de la concurrence et des technologies. Il s’agit également d’identifier les risques de « cassures » technologiques (apparition d’ innovations majeures) ou structurelles (nouveaux lobbies, nouvelle réglementation, influence grandissante des organisations de consommateurs, etc…).
Cette surveillance (ou veille) se fait à l’aide des SIM (Systèmes d’Information Marketing) alimentés en données provenant des forces de vente, des distributeurs, ou des organismes professionnels. Il s’agit d’identifier tout d’abord l’ensemble des variables d’évolution et d’élaborer ensuite le cadre des actions nécessaires pour profiter des opportunités environnementales ou pour réduire d’éventuelles contraintes imposées de l’extérieur.
Nous décrirons donc ici les composantes de cet environnement puis insisterons sur ses interactions avec l’entreprise.

I – La surveillance permanente de l’environnement

Comme il a été dit en introduction, l’entreprise ne peut être conçue comme une entité isolée. Le rôle de l’environnement est donc déterminant dans l’activité de l’entreprise et ceci dans la mesure où il en conditionne la stratégie donc le développement et parfois même la survie.

 A – Approche globale des composantes de l’environnement

 D’une manière générale, l’environnement est à la source d’un certain nombre de contraintes pour l’entreprise.
Ces contraintes peuvent être externes ou résulter de phénomènes économiques et sociologiques.

– Les contraintes externes sont assez facilement identifiables. Sans vouloir être exhaustif, on peut citer par exemple la fiscalité, le coût des approvisionnements, l’apparition de nouveaux concurrents sur le marché, la politique de l’état en matière de crédit, l’environnement contemporain de l’action syndicale, les minima salariaux conventionnels ou légaux, etc….
Ces contraintes sont imposées par des centres de décision qui sont en étroite relation avec les entreprises — il s’agit aussi bien des actionnaires de l’entreprise que des consommateurs ou encore des fournisseurs, des banquiers, de l’état.

– L’influence des phénomènes économiques, sociologiques et naturels est également très important. Il peut s’agir par exemple du niveau de chômage, du marché du travail, des mentalités, de la stabilité des prix, ou encore d’événements spécifiques pouvant parfois bouleverser les options stratégiques des entreprises voire même entraîner leur disparition (attentats, guerres, catastrophes naturelles).

 En bref, l’environnement est source d’incertitude pour l’entreprise — et cette incertitude s’observe non seulement au niveau des marchés de l’entreprise mais encore au niveau économique, politique et social. Il est donc normal que les entreprises cherchent à réduire ces risques en développant leur connaissance des variables clés de l’environnement ou en tentant de négocier avec certaines parties prenantes, par exemple avec les concurrents.

B – Le Macro – environnement et ses caractéristiques - l’analyse PEST, PESTE ou PESTEL

 

Analyse PESTEL

Analyse PESTEL

 

 L’analyse de l’environnement par l’entreprise répond à un double objectif :

  • l’évaluation des différents éléments susceptibles d’affecter son activité.
  •  l’identification des opportunités ou des menaces environnementales.

Les composantes de l’environnement sont donc aussi bien économiques que politiques, socioculturelles, géographiques, démographiques et technologiques.

L’analyse de l’environnement s’inscrit dans une logique de diagnostic externe et  sert fréquemment  à préparer une analyse SWOT ou à apporter des informations destinées à alimenter une réflexion stratégique (ex : projet d’internationalisation).

PEST signifie

  1. Politique
  2. Economique
  3. Socio-Culturel
  4. Technologie

L’ analyse  P.E.S.T. devient P.E.S.T.E. lorsqu’on ajoute l’Ecologie
Enfin, on obtient P.E.S.T.E.L. lorsqu’un sixième axe, l’axe Législation, vient se greffer à l’analyse.

Cliquez sur l’image pour agrandir
Analyse PESTEL

Source : pearson France

P – L’environnement politique
Il est bien évident que les entreprises sont étroitement dépendantes des contraintes politiques soit qu’elles résultent du changement de couleur politique du gouvernement soit qu’elles résultent de modifications liées aux nationalisations, privatisations, etc..

E – L’environnement économique fait apparaître une évolution du capitalisme moderne. La crise remet même en question les modes de gouvernance de l’entreprise.
On ne peut plus parler d’un capitalisme mais de « plusieurs capitalismes » — en effet, le capitalisme « à la japonaise » diffère considérablement du capitalisme « à l’américaine » ou du capitalisme « à l’européenne ». La réalité que l’on met derrière ce terme est, de ce point de vue de plus en plus difficile à cerner . Le gigantisme industriel caractérise les économies occidentales et l’interventionnisme de l’état est plus ou moins poussé selon les pays.
En résumé, nous assistons aujourd’hui à une transformation complète de la concurrence — celle-ci se déplace sur d’autres terrains que les prix et se joue également sur la qualité, les services, l’innovation.

S – L’environnement socioculturel
Il s’agit ici de l’évolution du style de vie des consommateurs ainsi que des valeurs sociales , des goûts et des besoins.
Par exemple, l’implantation d’une entreprise dans une région peut avoir des effets très positifs pour l’emploi (Toyota France, Eurodisney) et de ce point de vue une entreprise peut directement ou indirectement participer au développement d’une région. Par ailleurs, les études de marché envisagent toujours l’analyse de l’environnement socioculturel d’un pays avant de procéder à des investissements directs à l’étranger — le succès d’une implantation dépend en effet d’une bonne compréhension de cet environnement.

T – L’environnement technologique fait l’objet d’une surveillance permanente. L’innovation est devenue une composante essentielle de la compétitivité de l’entreprise et on peut même dire, dans une certaine mesure, que l’innovation est la forme la plus « cruelle » de concurrence dans la mesure où elle peut aboutir à la disparition de certaines entreprises.
Dans ce domaine de nombreux changements peuvent affecter l’entreprise tant sur le plan de la fabrication (mise en oeuvre de nouveaux procédés) que sur celui de la gestion (développement de l’informatique de gestion dans tous les domaines) ou encore de l’approvisionnement. Les investissements en « veille technologique » et en recherche-développement s’inscrivent donc dans le cadre de la mise en oeuvre de stratégies à moyen et long terme destinées à assurer la pérennité de l’entreprise.

 E – L’environnement écologique

Les entreprises progressent vers davantage de  respect de l’environnement – à cet égard la démarche dépasse de loin l’installation de bacs à recyclage ou de campagnes écologiques anti-pollution ou d’incitations à économiser l’eau et l’électricité !
Il faudra s’intéresser à  la provenance des produits, aux matériaux utilisés, aux mentalités.
Par ailleurs, l’entreprise ne doit pas oublier que le consommateur est de plus en plus attentif à tous ces éléments.

L – L’environnement légal

L’état règlement l’activité économique en encadrant l’emploi, la concurrence, en adoptant une politique plus ou moins restrictive au niveau du crédit, etc…. pour beaucoup d’entreprises, cet interventionnisme étatique est pesant par les contraintes qu’il impose.
Par exemple, la législation sociale est plus ou moins importante en fonction de la nature des rapports de force sociaux — il en va de même pour la très forte réglementation concernant la sécurité et la qualité des produits et ceci en raison de la pression exercée par les organisations consommateurs.
De très lourdes contraintes réglementaires pèsent non seulement sur les produits (normes d’hygiène et de sécurité, qualité, composition des produits) mais encore sur les conditions de la concurrence (réglementation des ententes et abus de position dominante, réglementation de la publicité, des contrats commerciaux, etc….), sur les prix (étiquetage, blocage des prix) sur le crédit (l’état et les organisations internationales élaborent des politiques plus ou moins restrictive à ce niveau).

En conclusion sur ce point, les entreprises s’insèrent dans leur milieu et le façonnent. Pour minimiser les contraintes environnementales les entreprises entretiennent entre elles des relations variées — d’une part elles s’affrontent sur des marchés et se livrent à une concurrence plus ou moins féroce et d’autre part des relations de complémentarité, faites d’associations ou de dominations peuvent s’instaurer entre elles.

.

C – Le Micro-environnement de l’entreprise

Il s’agit de l’environnement spécifique de l’entreprise constitué de ses clients, fournisseurs, ses sous-traitants, ses concurrents,…

Le Micro-environnement est finalement constitué des principales parties prenantes  de l’entreprise :

- Les clients : enjeux de qualité de produit et de service, d’information sur la composition des produits, de respect de normes de sécurité, de recherche et développement pour des produits plus respectueux de l’environnement…
- Les fournisseurs et sous-traitants: respect des délais de paiement, mise en place de politiques d’achat….
- Les concurrents : éviter la concurrence déloyale, appliquer les normes environnementales…

L’analyse du micro et du macro environnement permettra de mettre en évidence les opportunités, les menaces, les forces et les faiblesses de l’entreprise

II – les relations concurrentielles


A – La concurrence inter-entreprises

On sait que l’analyse classique et néo-classique se situe traditionnellement dans le cadre du modèle de concurrence pure et parfaite (voir cours d’Economie ). Toutefois, le modèle de concurrence pure et parfaite s’éloigne considérablement de la réalité et ceci pour plusieurs raisons :

– Tout d’abord, certaines activités ont peu de chances de se développer en situation de concurrence pure et parfaite. Certains secteurs demandent des investissements très lourds et peu rentables à court terme. Seul l’état est en mesure de procéder à de tels investissements.
– Ensuite, le nombre d’acheteurs ou de vendeurs est souvent réduit alors que l’atomicité des marchés suppose un très grand nombre d’offreurs et de demandeurs.
– Enfin, les produits sont de plus en plus différenciés et l’information coûte cher — donc, les conditions d’homogénéité et de transparence des marchés ne peuvent être réalisées en pratique.

De ce point de vue, la concurrence interentreprises est loin d’être pure et parfaite et, qui plus est, a considérablement évolué aussi bien sur les marchés se situant en aval de l’entreprise que sur les marchés amont.


B – Michael Porter identifie 5  forces concurrentielles

 

Les 5 forces de Porter – Les jeudis d’Emilie
DirecteurMarketing Virtuel.com

 

1 – L’intensité concurrentielle en présence : La taille, le pouvoir, la stratégie, la part représentée par le secteur dans le chiffre d’affaires, le degré stratégique du secteur pour le Concurrent, etc.

2 – Les concurrents potentiels (les entrants sur un marché) : Plus leur nombre est important, plus l’intensité concurrentielle du secteur est forte. L’intensité de cette menace dépend de la présence de barrières à l’éntrée (taille critique nécessaire, image très marquée des Concurrents en présence, brevets, particularité des circuits de distribution)

3 - Le pouvoir de négociation des clients : Plus la part que représente un Client dans le chiffre d’affaires d’une société est importante, plus le pouvoir de négociation du client est grand, d’autant plus si de son côté le Client dispose d’un nombre important de fournisseurs alternatifs. La concentration des Clients représente donc un critère important de l’intensité concurrentielle du secteur, complétée par la possibilité de diversifier son portefeuille de Clients.

4 - Le pouvoir de négociation des fournisseurs : De même, moins le chiffre d’affaires effectué avec un Fournisseur est signifiactif pour ce dernier, plus le pouvoir de négociation est en faveur de ce Fournisseur. Là encore, l’intensiét concurrentielle du secteur est fonction de la possibilité de changer facilement de fournisseur.

5 – L’existence de produits de substitution : Produits dont l’utilisation peut nuire à celle des produits du marché (par exemple les Divx pour les DVD). Le principal risque étant de perdre des ventes face à des produits bénéficiant de coûts de production inférieurs.

Certains auteurs (notamment en Europe continentale) ajoutent une sixième force : l’influence des pouvoir publics. Porter lui-même évoque dans des écrits plus récents une autre force : les compléments (par exemple les éditeurs de logiciel pour l’industrie des micro-ordinateurs : ce ne sont ni des fournisseurs, ni des clients, mais bien des compléments).


Cliquez sur l’image pour agrandir

 

Porter explique pourquoi un secteur d’activités à forte croissance n’est pas toujours un secteur profitable, pourquoi l’élimination de concurrents par le jeu des fusions et acquisitions peut réduire le niveau potentiel de profits d’un secteur d’activités, comment les politiques gouvernementales peuvent jouer un rôle en modifiant les rapports de force de ces cinq forces.
Il démontre comment une entreprise peut influencer les forces clés dans son secteur d’activités afin de créer une structure qui lui est plus favorableExtrait : http://www.weboutside.be

 

 


Termes usuels de recherche web pour cette page :

56 réponses à Le diagnostic externe de l’entreprise – Analyse de l’environnement de l’entreprise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Les dessous de la crise économique mondiale
Les origines de la crise financière mondiale
Cours à télécharger (format PDF) – BTS
Cours à visualiser – BTS

Environnement Médiatisé d’Apprentissage

www.surfeco21-formation.com :

Vous êtes étudiant
et désirez une formation plus complète, plus interactive et un suivi pédagogique ? Vous êtes professeur et souhaitez utiliser avec vos étudiants des ressources interactives, des qcm, des activités en ligne en rapport avec les thématiques abordées et souhaitez enrichir vos cours en présentiel Surfeco21 dispose désormais d'une plateforme de formation destinée non seulement aux étudiants qui souhaitent se former seuls mais encore aux professeurs et aux établissements.

>> Cliquez ici pour en savoir plus !

Appli Android