Le financement des activités


L’investissement se définit comme une dépense effectuée dans un objectif de rentabilité future.

L’entreprise a besoin de capitaux pour financer :

  • ses dépenses d’investissement financées par des emprunts à moyen ou long terme. Il peut s’agir d’investissements matériels (immeuble, machines, outils, etc.), immatériels (brevets, outils de gestion, logiciels, etc.) ou financier (prises de contrôle ou de participation, etc.)
  • ses dépenses de fonctionnement (d’exploitation). Elles sont couvertes soit par les rentrées de caisse (qui proviennent des ventes), soit par les prêts bancaires à court terme (découverts).
Le besoin de financement correspond à la situation d’un agent économique dont les dépenses d’investissement sont supérieures à l’épargne. On parle de besoin de financement si le solde est négatif, et de capacité de financement s’il est positif.
I – Les besoins de financement liés au cycle d’investissements

En matière d’investissement, les capitaux employés ne seront récupérés que sur le long terme – c’est la raison pour laquelle les ressources financières de l’entreprise doivent être suffisamment importantes et stables tout au long du cycle d’investissement.

Le plan comptable distingue les immobilisations :

  • Incorporelles (ex. : fonds commercial)
  • Corporelles (ex. : terrains, constructions, matériels industriels, etc.)
  • Financières (ex. : actions, obligations détenues à moyen long terme)

Économiquement, on peut distinguer :

  •  l’investissement d’expansion :son objectif est de développer les parts de marché de l’entreprise aussi bien au niveau national qu’international (ex. : construction d’une nouvelle unité de production)
  •  l’investissement d’amélioration : son objectif est d’adapter le produit aux besoins de la clientèle (ex. : dans un hôtel, installation de téléphones dans les chambres permettant d’avoir directement l’extérieur)
  • l’investissement de renouvellement (ou de remplacement) : son objectif est de changer à l’identique un matériel usagé (rare – il y a souvent progrès technique)l’investissement de capacité (ou de productivité) : il correspond à l’achat d’un matériel permettant de réaliser un gain de productivité.

Cycles d’investissements :

– Phase de démarrage d’activité : Besoins très importants en locaux, machines, outils, logiciels, etc.

– Durant la vie de l’entreprise Le montant des investissements dépendra ici de la nature des stratégies choisies. Par exemple, la mise en œuvre d’une stratégie de diversification impliquera un rythme et un montant d’investissement beaucoup plus important qu’une stratégie de spécialisation qui ne nécessite le plus souvent que des investissements de remplacement. Bien entendu, les choix stratégiques dépendent essentiellement de la nature et du montant des investissements nécessaires.

 

II – Les besoins de financement liés au cycle d’exploitation
Les besoins de financement liés au cycle d’exploitation résultent des décalages entre les entrées (ventes) et les sorties (charges) de trésorerie. Le fonctionnement du cycle d’exploitation exige que l’on dispose d’actifs physiques et financiers (les capitaux ou actifs « circulants ») qui peuvent se décomposer essentiellement en trois catégories :
  • les stocks (matières premières, produits finis, ..)
  • les créances vis-à-vis de la clientèle (comptes clients et effets à recevoir),
  • l’encaisse nécessaire de transaction (banques, chèques à encaisser.)

Ce besoin se schématise de la manière suivante :

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En général l’achat de matières premières et de fournitures génère inévitablement un endettement à court terme auprès des fournisseurs faisant apparaître un besoin de financement au niveau du cycle d’exploitation (en rouge sur le schéma).
Ce Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est généralement positif et dépend de la longueur du cycle de production et des délais de paiement et d’encaissement.

On remarque toutefois que  ce BFR est souvent beaucoup plus important dans l’industrie que dans le commerce. Par exemple, pour les  hypermarchés, on constate fréquemment une ressource liée au Fonds de Roulement faisant ainsi apparaitre une capacité et non un besoin au niveau du Fonds de Roulement. Cette capacité de financement pourrait, à condition d’être suffisamment stable, permettre de financer des immobilisations.

  • III – Les différents moyens de financement
  • A – Moyens classiques

    MOYENS DE FINANCEMENT

    AVANTAGES

    INCONVENIENTS

    AUTOFINANCEMENT

    Ce sont les fonds que l’entreprise dégage de son exploitation et qu’elle utilise pour financer ses investissements. La capacité d’autofinancement (CAF) correspond au résultat de l’entreprise + dotations aux amortissements de la période nettes de reprises.

    L’autofinancement est égal à la CAF déduction faite des bénéfices distribués.

    • Indépendance financière
     
    • Absence d’intérêts bancaires
    • L’autofinancement ne suffit pas souvent pour financer l’ensemble des investissements
    • Diminution des revenus versés aux associés (découragement)

    EMPRUNT ACCORDE PAR UN ORGANISME FINANCIER

    • rapidité et simplicité
     
    • Financement important en valeur
     
    • Intérêts bancaires fiscalement déductibles. (Les intérêts apparaissent dans le compte de résultat en charges financières)
    coût des

    L’autonomie financière de l’entreprise diminue (le capital emprunté apparaît au passif du bilan dans le poste Dettes)

    EMPRUNT OBLIGATAIRE

    Des titres financiers (appelés obligations) sont émis sur le marché et proposés à des souscripteurs.

     Chaque titre représente une créance sur l’entreprise et est rémunéré par un revenu fixe appelé intérêt.

     
    • Financement important en valeur
    • Intérêts déductibles fiscalement
    • Coût des intérêts
     
    • l’autonomie financière de l’entreprise diminue
    • moyen de financement limité aux sociétés anonymes formalités importantes

    CRÉDIT-BAIL (ou LEASING)

    Il s’agit d’une location avec option d’achat à terme

    • renouvellement plus facile du matériel
    • déductibilité fiscale des loyers (les redevances de crédit-bail apparaissent en charges d’exploitation dans le compte de résultat)
    • autonomie financière préservée
    • coût élevé
     
    • moyen de financement limité à certains biens

    EMISSION D’ACTIONS

    Lorsque l’entreprise émet des actions, elle vend une fraction de son capital. L’acheteur a deux motivations :

    • Il espère que les résultats de l’entreprise permettront de lui verser des dividendes.
    • Il espère revendre ses actions à un prix plus élevé que celui auquel il les a achetées.

    Vente d’actions aux investisseurs

     

    Mode de financement bien adapté aux différents stades de la vie de l’entreprise :

    • Le capital amorçage va permettre de financer la création de l’entreprise et des premiers produits.
    • Le capital-risque concerne les entreprises innovantes très prometteuses mais dont le risque d’échec est important un risque important d’échouer.
    •  Le capital développement s’adresse à des entreprises déjà rentables qui ont besoin d’investir pour assurer leur croissance.

     

    Vente d’actions sur le marché boursier

    L’accès à ce marché est conditionné par une bonne connaissance des techniques boursières.

    L’entreprise doit donc recruter une personne spécialisée ou faire appel à un prestataire externe, ce qui représente un coût très important.

     

    B – Le « Crowdfunding » ou financement participatif

    Aujourd’hui, le Crowdfunding ou financement participatif se développe dans le cadre de nombreux projets. Le crowdfunding (« financement par la foule ») permet à des particuliers, des associations ou des entreprises de financer leur projet en faisant appel au soutien financier du public au travers d’une plateforme web.
    On trouve alors d’un côté un épargnant qui souhaite investir dans un projet, et de l’autre un porteur de projet ne possédant pas les fonds nécessaires pour débuter son activité Les modèles courants de Crowdfunding :

    • Le premier modèle de financement participatif est le système par don s’appliquant aussi comme un achat par anticipation ou précommande. Ce système de crowdfunding permet aussi de récolter des contributions avant le lancement d’un produit, pouvant donner lieu à des contreparties diverses. Il s’agit de la forme la plus simple de crowdfunding car elle repose sur la générosité des financeurs et leur volonté de contribuer à la réalisation d’un projet. La collecte de dons peut être amorcée par une communauté déjà existante.
    • Le second modèle est celui de l’investissement ou la prise de participation en capital. Ici, le financement participatif permet la souscription de titres (actions ou obligations) où l’investisseur acquiert des titres de capital ou de créance émis par l’entreprise. L’entreprise, startup ou PME, bénéficie donc d’un véritable accompagnement avec un Business Angel.
    • Et enfin le modèle de prêt (peer-to-peer lending) qui est destiné aux structures souhaitant se créer ou se développer. www.mynewstartup.com
         


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