Le développement du marché des capitaux (Thème obligatoire)

 

Depuis ces 30 dernières années, le marché des capitaux (composé du marché monétaire et du marché financier) s’est considérablement développé.
Comment fonctionne ce marché ? Quels sont les éléments propres à caractériser son évolution ?

I - Fonctionnement du marché des capitaux
Le marché des capitaux regroupe deux catégories de marchés :
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A - Le marché monétaire

1 - Le marché interbancaire

Il est exclusivement réservé aux agents financiers et met donc en relation :
-         les établissements de crédit
-         le Trésor Public
-         labanque centrale
Ce marché permet aux offreurs disposant d’excédents de trésorerie et aux demandeurs de liquidités de se rencontrer et d’effectuer leurs échanges.
EnFrance, ce sont les banques qui empruntent, tandis que les caisses de dépôt disposent de trésorerie en permanence.
La banque centrale assure par ses interventions l’équilibre du marché : lorsque les banques manquent de liquidités, la banque centrale leur prête de la monnaie centrale (ce qui permet d’effectuer les paiements entre banques ou entre organismes appartenant à des circuits monétaires différents.

2- Le marché des titres et créances négociables

Sur ce marché tous les agents économiques peuvent intervenir, s’émetttre et s’échanger des titres de créances négociables. Ce marché occupe une place importante sur le marché des capitaux.
Lestitres et créances négociables portent un nom différent selon l’émetteurs :
-   bons du trésor négociable, pour l’Etat
-   billets de trésorerie, pour les entreprises
-   certificats de dépôt, pour les banques
Ce marché est difficilement accessible pour les particuliers car le montant minimum des titres est de un million de francs. Néanmoins, il permet de trouver des financements plus souples dans la durée et à des taux inférieurs à ceux des prêts bancaires.

B - Le marché financier

C’est le lieu d’émission et d’échanges des valeurs mobilières (actions et obligations).

1 - Les différents types de marchés financiers
 

Le marché primaire.
Le marché primaire a une fonction de financement de l’économie, c’est le marché sur lequel les titres « neufs » sont mis en vente. Pour financer leurs investissements, les entreprises émettent des actions et des obligations. L’Etat peut aussi pour se procurer les ressources financières nécessaires émettre uniquement des obligations. Les banques et les sociétés de bourse jouent un rôle de courtage entre emprunteurs et préteurs.


Le marché secondaire ou bourse des valeurs mobilières.

Ce marché est le lieu d’échange des titres déjà émis. Ils permettent aux détenteurs de titres d’obtenir des liquidités ou de modifier la composition de leur portefeuille. En France, la bourse de Paris est composée de deux marchés subdivisés en plusieurs sous marchés :
-          Le premier marché qui regroupe les plus grandes société. Il est composé du marché à règlement mensuel (RM) et du marché au comptant (celui-ci devrait dans le future disparaître « avalé » par le marché à RM).
-          Le second marché a un rôle d’antichambre du marché à RM

2 - Le marché boursier

Différents acteurs interviennent sur ce marché. Ils ont chacun différentes fonctions :


SOCIETES DE BOURSE

BANQUES

   *  négociation

  * exécution des ordres d’achats et de ventes

   *compensation des flux de titres et de capitaux

   *conservation des titres de leurs clients

*   rôle d’intermédiaire en maîtrisant la plus part des fond opérants sur les marché des obligations et des actions.


En France, la société de bourse française assure le bon fonctionnement du marché bousier, et en particulier la cotation journalière des valeurs mobilières

INVESTISSEURS  INSTITUTIONNELS

COMMISSIONS DES OPERATIONS DE BOURSES

*    collectent des fonds auprès des agents économiques

*     opèrent des placements diversifiés sous forme de titres




gendarme du marché

veille au respect de la transparence et de l’intégrité du marché par les émetteurs et les intermédiaires pour que tous les investisseurs soient traités également en matière d’informations financières


Ce sont les organismes de placement collectif, les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les fonds spéculatifs.

En France, ce sont les SICAV(société d’investissement en capital variable) et les FCP (fonds communs de placement).

II- Le développement du marché des capitaux

A - L' économie d'endettement ( Avant 1980)

Le financement des investissements des entreprises se fait essentiellement par emprunt car l’inflation élevée réduit la charge de la dette.
Les banques jouent un rôle déterminant dans le financement de cette économie.

B - Economie de marchés financiers( après 1980)

La désinflation et l’augmentation des taux d’intérêt nominaux augmentent le coût du crédit (les emprunts sont moins intéressants pour les entreprises).Les entreprises ont d’avantage recours aux investissements directs.
Le marché des capitaux se modernise et en particulier la bourse qui accueille plus largement l’épargne des ménages, la fiscalité sur les placements boursiers devient plus intéressante.



Economie d'endettement

Economie de marchés financiers

Financement - Principes

Faible autofinancement des entreprises (environ 65 %).

Système de financement externe surtout indirect.

Le crédit joue un rôle moteur.

Fort autofinancement des entreprises (environ 90 %).

Système de financement externe surtout direct.

Le crédit ne joue qu’un rôle complémentaire.

Le refinancement

Endettement structurel des banques commerciales auprès de la Banque centrale. Le problème du refinancement est incontournable. Le recours de la Banque centrale est systématique. Le refinancement est une nécessité pour les banques commerciales et une obligation pour la Banque centrale. Le marché monétaire est « en banque » et fermé.

Non-endettement des banques commerciales auprès de la Banque centrale. Le problème du refinancement n’est pas fondamental. Le recours à la Banque centrale est ponctuel. Le refinancement est un privilège pour les banques commerciales et un droit pour la Banque centrale. Le marché monétaire est « hors banque » et ouvert.

Les taux d’intérêts

Les taux d’intérêt sont peu flexibles et leur fixation est administrée : ils sont peu représentatifs des conditions des marchés de capitaux.

Les taux d’intérêt sont flexibles et leur détermination est libre : ils sont bien significatifs des relations entre l’offre et la demande de capitaux.

Politique monétaire

Contrôle monétaire seulement possible sur les conditions de la demande de crédit par les agents non financiers (politique d’encadrement et de sélectivité du crédit).

Contrôle monétaire efficace sur les conditions d’offre de crédit par les agents financiers : en agissant sur leur liquidité au moyen d’une régulation par les taux et par la base.

Dictionnaire d’économie, Foucher 1996
C-Le développement du marché financier en France

Les besoins de financement de l'état
Les administrations publiques françaises doivent faire face depuis plusieurs années à un besoin de financement pour couvrir les dépenses budgétaires. Ne pouvant pas les financer par création monétaire à cause de l’aggravation de l’inflation et de l’interdiction de ce procédé dans le projet de la monnaie unique européenne, elles utilisent le marché des capitaux. Son développement a permis à l’Etat de financer en partie les dépenses budgétaires sans complication.
Toutefois, l’Etat devra pourtant un jour rembourser sa dette ainsi que les intérêts qui l’accompagne.


L'ouverture internationale

Après la guerre et grâce à de nombreux traités européens, la France à ouvert ses frontières sur le monde et principalement sur l’Union Européenne, pour la libre circulation des capitaux
Pour être plus attractive, elle a fait la promotion de nombreuses innovations au niveau des marchés : en 1983, elle crée le second marché adapté aux PME-PMI performantes, en 1985, les marchés spécialisés dans le traitement des risques, puis dernièrement , le « nouveau marché » spécialisé dans le financement de petites sociétés très innovantes.
Toutes ces innovations ont accru la concurrence entre les professionnels du marché et les offres de placement, permettant aux demandeurs de capitaux (entreprises, Etat…) de trouver un financement adapté et le moins coûteux possible.
Les entreprises ont aujourd’hui d’avantage de choix de financement, les banques ont aligné leurs taux d’intérêt à cause de la concurrence.

L'évolution du comportement d'épargne

La part financière d’épargne des français a augmenté. Ceci grâce aux SICAV qui assurent rendement et sécurité, à une défiscalisation partielle ou totale des produits financiers.
Les banques ont perdu leurs clients les plus solvables, les activités de conseil et d’ingénierie au profit de la clientèle auparavant inexistante se sont développées, enfin il y a eu un allégement de la tutelle de l’Etat : privatisation des banques, règles de surveillance plus autonomes pour les banques ce qui oblige à augmenter leurs ressources propres afin de préserver leur sécurité.
Pour préserver la sécurité des mouvements de capitaux et protéger l’épargne, mais aussi pour donner aux pouvoirs publics la maîtrise des taux de change et de la politique monétaire, les systèmes financiers ont longtemps  été soumis à de fortes contraintes réglementaires : encadrement du crédit,  contrôle des changes, cloisonnement des activités bancaires ( Etats Unis depuis 1934), distinction des professions de marchés (brokers et jobbers au Royaume Uni)…
A partir des années 70, les innovations technologiques, la croissance des besoins de financement et l’influence des économistes néo-libéraux ont entraîné une profonde transformation des systèmes financiers. Cette évolution a pris principalement 3 formes :

La déreglementation

-     adapter l’organisation et le contrôle des marchés aux nouveaux instruments issus de l’innovation financière (produits dérivés…)
-   démanteler les barrières pour répondre à l’accroissement des volumes échangés
-    substituer des instances professionnelles de gestion et de contrôle à la tutelle de l’Etat (ex : le big bang réalisé en 1986 par la bourse de Londres : abolition des métiers du titre, libéralisation des commissions, dématérialisation par la mise en place d’un système informatique des cotation

La désintermédiation bancaire
-    le rôle des banques est modifié : leur métier de créancier s’est réduit tandis que se sont développées leurs prestations de services aux entreprises qui accèdent directement aux marchés des capitaux.

Un réel développement du marché des capitaux  en chiffres

Nous avons pu voir que le développement du marché des capitaux n’était pas seulement historique mais aussi mondial. Nous allons à l’aide de chiffres se rendre compte de son évolution : les marchés ont enregistré, au cours des vingt dernières années une expansion quasiment continue, sans précédent par son ampleur.
Sur le marché des actions:

La capitalisation boursière mondiale est passée de 1400 milliards de dollars en 1975 à plus de 17000 milliards de dollars en 1995 :
Les cinq places suivantes  sont Toronto, Hong-Kong, Zurich, Amsterdam et Kuala Lumpur comprises entre 300 et 500 milliards de dollars.
La part relative de chaque place s’en trouve modifiée : New York est passée de 50 % à 40% du total mondial, Tokyo de 10% à 20%, et Paris de 2.5% à 3%.
Les Bourses des nouveaux pays industrialisés se sont fortement développées : la capitalisation de la Malaisie ou de Taïwan dépasse désormais celle de l’Australie ou de l’Argentine. De même les bourses des pays de l’Europe de l’Est ont connu une croissance rapide, capitalisation accrue de 100% sur l’année 95 pour la Pologne. Ces marchés émergents attirent les capitaux étrangers et suscitent des comportements spéculatifs.
Dans la plupart des pays, l’activité boursière s’est concentrée sur une seule place, par exemple à Paris en France, au détriment de Lyon, Nancy ou Nantes ou encore à New York pour les Etats Unis. Tandis qu’en Espagne, les place de Madrid, Barcelone ou encore Bilbao continue à se faire concurrence.
Enfin, l’importance des  capitalisations boursières dans chaque économie est très variable : elle représente environ 120% du PIB au Royaume Unis, 100% du PIB aux Etats Unis mais moins de 50% en France (cette faiblesse résulte entre autre du manque d’investisseurs institutionnels, l’absence de fonds de pension jusqu’en 1997, le poids considérable des entreprises publiques…)
Sur le marché des obligations :

On a pu enregistrer en 1995 un marché obligataire d’un montant de 15600 milliards de dollars soit autant d’obligations que d’actions.
Cependant le rôle économique du marché obligataire est différent de celui des actions, les obligations constituent la titrisation d’un endettement, dont les collectivités publiques sont les principaux émetteurs.

Etats Unis

Allemagne

Japon

Luxembourg

Royaume Uni

2758

dont 2422à l’Etat

2181

dont 656 à l’Etat

1969

dont 1906 à l’Etat

1623

998

Le volume de la dette obligataire s’explique par la croissance de la  dette publique dans la plupart des pays développés, elle-même issue des déficits budgétaires.
Le marché français arrive en sixième position avec un encours de 845 milliards de dollars en 1995, dont plus de la moitié correspond à la dette de l'etat.
En conclusion :

Nous avons pu  constater que la France a connu une évolution majeure depuis le début des années 1980 en passant d’un financement étroitement contrôlé par l’Etat à une économie de marché financier. De plus sa place sur ce marché n’est pas négligeable, la France a une place importante sur ce marché et devient de plus en plus compétitive.
 
Vanderlynden Nicolas