Les besoins de financement de l'état
Les administrations
publiques françaises doivent faire face depuis plusieurs années à un
besoin de financement pour couvrir les dépenses budgétaires. Ne pouvant
pas les financer par création monétaire à cause de laggravation
de linflation et de linterdiction de ce procédé dans le
projet de la monnaie unique européenne, elles utilisent le marché des
capitaux. Son développement a permis à lEtat de financer en partie
les dépenses budgétaires sans complication.
Toutefois,
lEtat devra pourtant un jour rembourser sa dette ainsi que les
intérêts qui laccompagne.
L'ouverture internationale
Après la guerre
et grâce à de nombreux traités européens, la France à ouvert ses frontières
sur le monde et principalement sur lUnion Européenne, pour la
libre circulation des capitaux
Pour être plus attractive, elle a fait la promotion de nombreuses innovations
au niveau des marchés : en 1983, elle crée le second marché adapté
aux PME-PMI performantes, en 1985, les marchés spécialisés dans le traitement
des risques, puis dernièrement , le « nouveau marché » spécialisé
dans le financement de petites sociétés très innovantes.
Toutes ces
innovations ont accru la concurrence entre les professionnels du marché
et les offres de placement, permettant aux demandeurs de capitaux (entreprises,
Etat
) de trouver un financement adapté et le moins coûteux possible.
Les entreprises
ont aujourdhui davantage de choix de financement, les banques
ont aligné leurs taux dintérêt à cause de la concurrence.
L'évolution du comportement d'épargne
La part financière
dépargne des français a augmenté. Ceci grâce aux SICAV qui assurent
rendement et sécurité, à une défiscalisation partielle ou totale des
produits financiers.
Les banques
ont perdu leurs clients les plus solvables, les activités de conseil
et dingénierie au profit de la clientèle auparavant inexistante
se sont développées, enfin il y a eu un allégement de la tutelle de
lEtat : privatisation des banques, règles de surveillance
plus autonomes pour les banques ce qui oblige à augmenter leurs ressources
propres afin de préserver leur sécurité.
Pour préserver
la sécurité des mouvements de capitaux et protéger lépargne, mais
aussi pour donner aux pouvoirs publics la maîtrise des taux de change
et de la politique monétaire, les systèmes financiers ont longtemps
été soumis à de fortes contraintes réglementaires : encadrement
du crédit, contrôle des changes, cloisonnement des activités bancaires
( Etats Unis depuis 1934), distinction des professions de marchés (brokers
et jobbers au Royaume Uni)
A partir des
années 70, les innovations technologiques, la croissance des besoins
de financement et linfluence des économistes néo-libéraux ont
entraîné une profonde transformation des systèmes financiers. Cette
évolution a pris principalement 3 formes :
La déreglementation
-
adapter
lorganisation et le contrôle des marchés aux nouveaux instruments
issus de linnovation financière (produits dérivés
)
-
démanteler les barrières pour
répondre à laccroissement des volumes échangés
-
substituer
des instances professionnelles de gestion et de contrôle à la tutelle
de lEtat (ex : le big bang réalisé en 1986 par la bourse
de Londres : abolition des métiers du titre, libéralisation des
commissions, dématérialisation par la mise en place dun système
informatique des cotation
La désintermédiation
bancaire
-
le rôle des banques est modifié :
leur métier de créancier sest réduit tandis que se sont développées
leurs prestations de services aux entreprises qui accèdent directement
aux marchés des capitaux.
Un réel développement du marché des capitaux en chiffres
Nous
avons pu voir que le développement du marché des capitaux nétait
pas seulement historique mais aussi mondial. Nous allons à laide
de chiffres se rendre compte de son évolution : les marchés ont
enregistré, au cours des vingt dernières années une expansion quasiment
continue, sans précédent par son ampleur.
Sur le
marché des actions:
La capitalisation boursière mondiale
est passée de 1400 milliards de dollars en 1975 à plus de 17000 milliards
de dollars en 1995 :
Les cinq places
suivantes sont Toronto, Hong-Kong, Zurich, Amsterdam et Kuala
Lumpur comprises entre 300 et 500 milliards de dollars.
La
part relative de chaque place sen trouve modifiée : New York
est passée de 50 % à 40% du total mondial, Tokyo de 10% à 20%, et Paris
de 2.5% à 3%.
Les
Bourses des nouveaux pays industrialisés se sont fortement développées :
la capitalisation de la Malaisie ou de Taïwan dépasse désormais celle
de lAustralie ou de lArgentine. De même les bourses des
pays de lEurope de lEst ont connu une croissance rapide,
capitalisation accrue de 100% sur lannée 95 pour la Pologne. Ces
marchés émergents attirent les capitaux étrangers et suscitent des comportements
spéculatifs.
Dans
la plupart des pays, lactivité boursière sest concentrée
sur une seule place, par exemple à Paris en France, au détriment de
Lyon, Nancy ou Nantes ou encore à New York pour les Etats Unis. Tandis
quen Espagne, les place de Madrid, Barcelone ou encore Bilbao
continue à se faire concurrence.
Enfin, limportance
des capitalisations boursières dans chaque économie est très variable :
elle représente environ 120% du PIB au Royaume Unis, 100% du PIB aux
Etats Unis mais moins de 50% en France (cette faiblesse résulte entre
autre du manque dinvestisseurs institutionnels, labsence
de fonds de pension jusquen 1997, le poids considérable des entreprises
publiques
)
Sur le
marché des obligations :
On a pu enregistrer en 1995 un marché obligataire dun montant
de 15600 milliards de dollars soit autant dobligations que dactions.
Cependant
le rôle économique du marché obligataire est différent de celui des
actions, les obligations constituent la titrisation dun endettement,
dont les collectivités publiques sont les principaux émetteurs.