Lors de ces 10 dernières années , de plus en plus d’entreprises
ont mené une croissance externe grâce aux O.P.A
Nous essaierons de définir ce qu’est
une O.P.A - nous verrons de plus que les O.P.A. ont pris leur
essor en suivant une certaine logique économique et financière
à un rang mondial. L'aspect financier est en effet essentiel puisque
les O.P.A. s’effectuent dans la sphère de la bourse
, posant ainsi une problématique importante .
Faut il laisser la logique financière
prendre le pas sur la logique industrielle ? C’est ce
que nous essaierons d’analyser en second lieu
.
I Les O.P.A. : Définition
et cadre
L'O.P.A. consiste
dans la prise de contrôle d’une entreprise cotée par une
autre .
L'initiateur de l'O.P.A. propose aux actionnaires
de la société cible le rachat de leurs actions à unprix
bien entendu supérieur à celui de la côte.
C'est un premier point qui replace l'O.P.A.
dans un contexte économique précis, car celle ci ne peut se
réaliser que dans un pays capitaliste possédant un marché solide.
Le rachat des actions à un prix supérieur
à celui de la côte implique une opération très coûteuse.
Tout d'abord le coût direct, le rachat des actions , dont le
financement a deux origines : le marché financier et le marché
bancaire . En effet l’initiateur doit souvent emprunter
les liquidités nécessaires à l'O.P.A. en se plaçant à court,
moyen , ou long terme dans une situation d'endettement.
A cela s'ajoute un coût indirect non négligeable
que constituent les études de financement et l'appel aux conseils
en communication , aux conseils juridiques, aux avocats, etc.
.....
Un exemple : L'O.P.A. Martin Rossi
sur Bénédictine en 1987 représente 132 fois les bénéfices
de cette dernière pour un coût global de 1.1 milliards de francs.
C'est à cette époque que les O.P.A. font la une des magazines
financiers en France.
Sur le plan international on comptabilise
dans les années 90, 1461 opérations de fusions et acquisitions
dont 63.3% pour le Royaume uni, la France , les Etats unis
et l’Allemagne . Les acquisitions intra européennes ont
augmenté de 39% par rapport à 1986.
Comment expliquer une telle croissance
des O.P.A. , phénomène débutant dès le début des années 1980 aux
Etats unis alors que cette technique nait dés la fin de la seconde
guerre mondiale.?
Les financiers américains découvrant cette technique allaient
ainsi à l’encontre d’un esprit financier qui ne portait
aucune estime à des procédés aussi peu respectueux des convenances.
Puis, aux désastres généraux causés par la seconde guerre mondiale
en Europe a succédé la période de reconstruction et d’ascension
économique chère aux pays du Nord . Petit à petit l'internationalisation
de l'économie s’est réalisée et pour assurer leur développement,
les entreprises les entreprises ont de plus en plus recours aux
marchés boursiers .dont les techniques deviennent de plus en plus
sophistiquées .
L’interdépendance économique , c’est
aussi le développement d'une compétition de plus en plusforte entre les entreprises . De plus, les crises enchaînées
de 1973 et 1979 ont poussé ces entreprises à un repli et une restructuration
importante menant souvent à l'« élagage » des branches
en difficulté.
Les groupes qui en ont résulté étaient disposés à s’engager
dans des politiques de croissance externe pour pallier à une concurrence
accrue .
Sur le plan Européen le marché unique pousse
les entreprises à accélérer leur croissance pour demeurer compétitives
.Les O.P.A. vont leur permettre dans le cadre d’une croissance
externe de diversifier et d’accroître leurs parts de marché.
Les O.P.A. apparaissent ainsi comme l’outil
de modernisation des affaires . Ce n’est pas un sacrifice
financier mais une restructuration des entreprises .
Pourtant, c’est la seule technique
de prise de contrôle qui puisse aller à l’encontre de la
volonté des dirigeants .
Ainsi il existe des O.P.A. inamicales
ou hostiles qui sont parfois déraisonnables sur le plan financier
.
Faut il opter pour ou contre les O.P.A. C’est
une question délicate et une polémique commune à de nombreux pays
. Il existe de véritables barrages et défenses anti O.P.A. en
même temps qu’il existe des mesures destinées à les faciliter
. Essayons de comprendre les différents aspects que peuvent prendre
les O.P.A..
II Les différents aspects
des O.P.A.
Les O.P.A. constituent une prise de contrôle
parmi d’autres . Comme nous l'avons montré précédemment
elles se sont inscrites dans la logique de l’évolution économique
mondiale vers l'interdépendance et la compétition accrue entre
les entreprises . Ainsi, de nombreux groupes ,des entreprises
peuvent considérer l’ O.P.A. comme une stratégie de développement....
C'est souvent la crainte de l’ O.P.A. menaçante qui pousse
les entreprises à une organisation solide de leur capital
.
Mais qu’est ce qui peut justifier
la crainte de l'O.P.A. ?
L'O.P.A. est en effet hostile dans de nombreux
cas , en allant à l’encontre des dirigeants . Des initiateurs
peu scrupuleux auraient tendance à envisager une entreprise comme
un ensemble d’actifs, en oubliant qu’elle est aussi
une communauté ou vivent des cadres et des salariés . Le non
respect des aspects sociaux est une cause d’échec certaine
.
On imagine aisément les problèmes de démobilisation
du personnel , les pertes d'emplois, les ruptures dans la vie
de l'entreprise occasionnés par des O.P.A. mal préparées
.
Les fusions, et les acquisitions ne s’arrêtent
pas au seul niveau financier Sur ce plan là, déjà, les O.P.A.
présentent des aspects pervers notamment lorsque le profit immédiat
ou le gain à court terme se réalisent au détriment d’une
politique d’investissements à long terme.
Mais, il est également vrai qu’il existe
une certaine liberté de choix des actionnaires . Conformément
au libéralisme, rien n’empêche les actionnaires de vendre
au plus offrant .
En fait , l’ O.P.A. apparaît comme
un outil de modernisation et c’est le mauvais emploi et
l’abus de cet outil qui en font une opération néfaste
aux entreprises .La prise en compte des aspects sociaux décrits,
le respect d’une logique financière et d’une volonté
d’investissement résultent de l’application de règles
déontologiques .Ainsi, c’est à l’entreprise de
se préparer et de s’armer face à des abus O.P.A.
Au niveau du capital, il est clair qu’une
trop grande fragmentation est vecteur de danger face aux O.P.A.
inamicales .
Comparons les entreprises françaises aux
entreprises allemandes :
Pour les premières, il arrive que les principaux
actionnaires ne détiennent que 5% du capital, alors que pour les
autres, les actionnaires principaux ont une participation atteignant
25 à 30% .
C'est donc souvent cette menace qui pousse les entreprises à une
restructuration de leur capital, à la mise en place d’un
noyau stable d’actionnaires, à la surveillance étroite du
nombre de titres échangés lors des séances de bourse pour dépister
les « ramassages suspects d’actions ».
De plus, l'OPA traduit un certain dynamisme des entreprises .
Au niveau macro économique, elle permet à des capitaux de s’investir
rapidement dans un pays. L’appareil productif peut, quant
à lui, se diversifier, se renforcer et donner naissance à des
groupes solides prêts à affronter les marchés mondiaux .Enfin,
la stimulation du marché financier est évidente car les O.P.A.
sont source de nombreuses transactions.
En décrivant successivement les aspects que
présentent les O.P.A. , nous avons pu faire ressortir que dans
la polémique qu’elles impliquent, l’abus d’
OPA apparaît plus condamnable que l’ OPA elle même.
Il faut alors envisager l’ OPA comme
un outil avantageux de croissance externe à manier avec précaution
En France, la C.O.B, commission des opérations
en bourse, contrôle l'information des porteurs de valeurs mobilières
Ainsi, toute société faisant appel public à l’épargne doit
préalablement faire imprimer un document destiné à informer le
public sur la situation financière et l’évolution de l’activité
de la société.
La C.O.B est chargée du bon déroulement des
offres et reste le gendarme de la bourse.
En Grande Bretagne, les O.P.A. sont policées
par un code de bonne conduite . En Allemagne, c’est l'office
fédéral des cartels qui donne son approbation pour les acquisitions
et fusions.
Dans l'ensemble de la CEE il existe un certain
contrôle des O.P.A., avec pour la plupart du temps des obligations
de déclaration de prix de participation pour la détention d’un
pourcentage de 15 à 20% en moyenne du capital
Parallèlement, les O.P.A. sont freinées par
des défenses d’ordre juridique ( constitution du capital
) et on laisse agir les lois du marché financier. En tout cas,
la constitution de règles européennes propres à la CEE est inévitable.