 |
|
|
| |
Corrigé
à télécharger
( réalisé par ac.Grenoble -
lien direct vers le site de l'académie
de Grenoble)
BTS 1997 Nouvelle-Calédonie
ECONOMIE / DROIT
I: TRAVAIL METHODOLOGIQUE
À partir des annexes
1 à 5:
- Vous cernerez
la notion d'entreprise citoyenne,
- Vous rechercherez,
en vous appuyant sur les exemples fournis,
les mesures concrètes qui traduisent l'engagement
des entreprises dans cette voie et qui marquent
ses limites.
II: DEVELOPPEMENT
STRUCTURE
Dans un développement
structuré, montrez comment les modifications
du droit du travail contribuent à résoudre
les problèmes économiques et sociaux de l'emploi
et précisez les contraintes et limites de
leur efficacité.
Vous répondrez à cette
question en étayant votre argumentation par
des références juridiques et économiques précises.
Annexe 1 :Entreprise
citoyenne
" Tarte à la crème " du
débat public depuis quelques années, l'entreprise
citoyenne est redevenue à la mode, après que
Jean Gandois en eut fait l'un de ses thèmes
lors de sa campagne pour la conquête de la
présidence du CNPF. Le fait que, sitôt élu,
il ait confié à Jacques Dermagne, l'un de
ses vice-présidents, le soin de préciser le
contenu de cette notion confirme bien une
volonté.
Tout au plus peut-on admettre,
comme M. Gandois d'ailleurs, que si la vocation
de l'entreprise est exclusivement de créer
des richesses - dégager du profit -, celle-ci
ne saurait être riche seule. Par simple intérêt
bien compris.
À défaut, on peut comprendre
d'où vient l'exigence. Au temps des "Trente
Glorieuses ", le compromis fordiste assurait
le lien entre l'économique et le social, les
gains de productivité étant compensés par
l'amélioration du pouvoir d'achat; alors qu'actuellement,
le modèle en vigueur souffre d'un manque de
répartition. Pour retrouver un équilibre et
alors que les tensions produites par le chômage
menacent la société, il est logique de rechercher
un nouvel arbitrage qui conduirait les entreprises
à se comporter de façon plus humaine. Trop
poursuivre la logique de la compétitivité
aboutirait à laisser toujours plus de gens
sur le bord de la route, avec les risques
d'exclusion que cela suppose, sans parler
de la déstructuration en cours du tissu social.
Aujourd'hui, il est normal
que l'entreprise se préoccupe de son environnement
ou s'interroge sur ses responsabilités extérieures
à son activité directe. En l'attente de l'élaboration
d'un nouveau contrat social qui célébrerait
la naissance d'un autre compromis, dont l'actuelle
négociation entre les partenaires sociaux
pourrait donner le ton, il était nécessaire
que des mesures d'urgence soient prises. Le
plus souvent en ordre dispersé.
D'où l'effet de mode. En
privilégiant l'image sur le contenu ou, plus
grave, sur la véritable imprégnation, nombre
d'entreprises se sont grillé les ailes dans
des opérations sans lendemain qui, avec l'humanitaire
notamment, relevaient davantage du marketing
(1) que de la solidarité. Caution ou alibi,
ces actions ont rarement été convaincantes,
et surtout n'ont pas résisté à l'annonce de
mauvais résultats d'exploitation, ou n'ont
fait que mettre en évidence le décalage avec
la politique sociale interne, incohérente
par rapport à ces objectifs. Bien souvent,
les salariés et les syndicats ont jugé ces
dépenses somptuaires ou inutiles, principalement
quand des licenciements survenaient simultanément.
Plaquées sur une réalité
différente, les initiatives en faveur de l'insertion
des jeunes en difficulté ou de chômeurs de
longue durée n'ont pas été mieux perçues,
ou plus couronnées de succès, quand elles
provenaient d'entreprises publiques qui s'offraient
ainsi un certificat de bonne conduite tout
en poursuivant, par ailleurs, leur politique
de gestion humaine rigoureuse. Un fossé demeurait
entre le statut des agents et des CES (contrats
emploi-solidarité) par exemple, interdisant
pratiquement toute intégration ou condamnant
à la rotation des publics aidés. Certains
responsables qui ont mis en place des dispositifs
apparemment innovants, reconnaissent le faire
pour éviter que les pouvoirs publics ne leur
imposent des efforts supplémentaires, préférant
l'autopunition à l'obligation quantifiée!
En revanche, la citoyenneté
d'entreprise se lit mieux, parait incontestable,
et pérenne quand elle correspond à un intérêt
économique ou qu'elle fait intervenir un partenariat
- un réseau - d'intérêt.
Alain
LEBAUDE, Le
Monde, 17 mai 1995
(1) en français: mercatique
Annexe 2: Des entreprises
dans la cité
La RATP et le groupe
Auchan tentent d'agir sur leur environnement
social. Pas seulement par angélisme.
La cité c'est leur quotidien.
La RATP assure le droit au transport, Auchan
y implante ses hypermarchés. La première remplit
sa mission de service public tandis que la
seconde veut séduire le plus grand nombre
de consommateurs. Lorsque la ville est en
crise, elles le savent vite. Et doivent faire
avec " Nos actions de solidarité ne sont pas
un choix de bonne conscience mais de bonne
gestion " explique lucidement Pierre-Alain
Douay, chargé de mission à la présidence de
la RATP.
Lorsque Auchan crée en
1991 dans la ville haute du Havre, quartier
d'implantation d'un de ses hypers, l'association
Trait d'union, l'objectif est clair: favoriser
l'insertion et prévenir la délinquance via
un programme permanent avec les jeunes et
toute une série d'animations culturelles et
sportives. Il fallait apaiser le climat de
violence, restreindre l'insécurité.
" Le principe est simple:
nos magasins servent de centre de formation
à des 18-25 ans pendant six mois. L'immersion
est totale. lis acquièrent une qualification
monnayable sur le marché du travail ".
Sur les trois cents jeunes
déjà concernés, cent quatre-vingts environ
ont été embauchés par le distributeur, et
une trentaine d'autres ailleurs.
Jouer aux pompiers, agir
dans l'urgence, la RATP et Auchan avouent
y être parfois contraints - mais leur situation
relève aussi du long terme. Tout chômeur est
un consommateur ou un voyageur potentiel en
moins. C'est une première réalité. " Il faut
également réfléchir en termes de légitimité
sociale, souligne Bernard Nadoulek, consultant.
Nous sommes associés dans l'opération
menée par Auchan au Havre. Dans les
années 70 et 80, les entreprises avaient une
légitimité sociale directe, en interne. Aujourd'hui,
cette dernière est en déficit, et certaines
entreprises souhaitent la reconquérir.
Un tel choix ne manque
pas, cependant, de provoquer des difficultés.
Trouver des conducteurs de bus volontaires
pour aller dialoguer dans les écoles avec
les jeunes ne pose visiblement aucun problème
à la RATP Chez Auchan, on explique aussi qu'il
y a plus de demandes pour être tuteur d'un
jeune accueilli dans le cadre de la convention
Veil que de postes disponibles. " L'élan est
réel ", assure-t-on, mais des résistances
s'expriment. La RATP doit, par exemple, faire
front aux critiques sévères d'une CGT attachée
aux effectifs statutaires et qui conseille
à la direction de balayer devant sa porte
en priorité. " La RATP crée elle-même
les conditions de l'exclusion en embauchant
moins d'agents qu'elle n'en met à la retraite
" lance Jacques Delallée, secrétaire général
de la CGT RATP. Un discours qui sera certes
davantage nuancé à la CFDT, où, tout en demandant
des bilans précis, " on estime plutôt positif
que l'entreprise réussisse à réinvestir dans
les banlieues, sinon transformées en
ghettos ".
L'inquiétude d'un certain
nombre de salariés à la base n'est pas à négliger
non plus. Agents et vendeurs s'interrogent
sur l'avenir de leurs enfants, qu'ils verraient
bien intégrer à leur tour l'entreprise, "
à condition que la place ne soit pas réservée
à de jeunes délinquants.. . -. - Nous devons
évidemment être attentifs à cette peur
d'une discrimination à l'envers, estime
Josette Théophile, directrice des ressources
humaines à la RATP Mais faisons aussi la part
des choses entre l'expression maladroite d'un
père ou d'une mère et les obstructions
farouches aux actions que nous menons,
La question soulevée aussi est celle d'un
équilibre de politique général, auquel
nous devons travailler".
Pas question donc, pour
Auchan et la RATP, " de se transformer en
combattants héroïques de la lutte contre
l'exclusion -, sous peine de se retrouver
menacés en interne. Il s'agirait plutôt de
créer une dynamique, de travailler avec d'autres
partenaires: collectivités locales ou PME...
Bref, convaincre du bien-fondé de la démarche.
Marie-Béatrice
BAUDET, Le Monde,
17 mai 1995
Annexe 3: Grands groupes
et responsables
Dans les zones en reconversion,
ils concourent au développement de projets
locaux. Et s'efforcent de compenser les emplois
détruits.
Les grandes entreprises
ont dans l'ensemble pris en charge la reconversion
des salariés qu'elles employaient, même si
les coûts sont en général répartis entre l'entreprise
et la collectivité. Question de réputation
sans doute, les grands groupes ont, en effet,
une image à conserver dans les bassins d'emploi
qui dépendent d'eux. Ils mènent généralement
deux actions de front: la requalification
des personnes et la reconversion des bassins
d'emploi.
Les techniques de reconversion
se sont considérablement affinées. Elles sont
devenues de plus en plus efficaces, avec des
taux de placement en progression.
Aux opérations à chaud
dictées par l'urgence sont préférables des
procédures à froid fondées sur des projets
personnels. Laide au développement régional
continue de se concevoir de manière très différente
suivant les entreprises.
Enfin, les grands groupes
jouent un rôle utile en garantissant une qualification.
Les personnes ainsi formées seront plus facilement
embauchées, notamment par les PME et PMI environnantes.
Alain
BEUVE-MÉRY, Le Monde,
11 mai 1995
Annexe 4: EDF-GFD: une
charte sociale à Charenton-le-Pont
La direction d'EDF-GDF
Services de Saint-Mandé (Val-de-Marne) signera
mardi avec la mairie de Charenton-le-Pont
une charte sociale prévoyant notamment des
services de " solidarité ", tel le maintien
de l'énergie, sous certaines conditions pour
les abonnés démunis n'ayant pas acquitté normalement
leur facture d'électricité ou de gaz. C'est
la première fois en Ile-de-France qu'une telle
charte sociale est signée à EDF, dont le président,
Edmond Alphandéry, assistera à la signature,
au côté du directeur général adjoint de GDF,
Jean Balazuc.
Annexe 5: Usine Danone
de Strasbourg: décision de fermeture " irréversible
"
La décision de fermer le
site de production de Danone à Strasbourg
est "irréversible", a confirmé le PDG du groupe,
Antoine Riboud, au maire de Strasbourg, Mme
Catherine Trautmann, qu'il a rencontrée hier
dans la capitale alsacienne. " M. Riboud
s'est engagé personnellement à rechercher
une activité d'alternative pour le site strasbourgeois
de Danone et à faire des propositions
de reclassement à chacun des 97 salariés ",
a indiqué Mme Trautmann.
" M. Riboud a l'habitude
de parier d'entreprise citoyenne, il faudra
qu'il prouve son engagement à Strasbourg ",
a-t-elle ajouté. Par ailleurs, Danone s'est
engagé à maintenir ses achats de lait (de
60 000 à 70 000 litres par jour) jusqu'à
la fin de l'année afin de permettre à la coopérative
régionale Alsace-lait de trouver des acheteurs
alternatifs et de tenter d'amortir ainsi les
conséquences sur la filière alsacienne.Le
Figaro, 2 février 1996.
|
|