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Economie / Droit              BTS session 1998


1° PARTIE : TRAVAIL MÉTHODOLOGIQUE

1 - Analyse d'un contrat de travail

  • 1.1 - Le contrat de travail, figurant en annexe 1, est-il valablement formé ? Justifiez votre réponse en examinant chaque condition de validité des contrats.
  • 1.2 - Selon l'article 1134 du Code Civil, le contrat doit être exécuté de bonne foi. Relevez dans ce contrat de travail les clauses qui prévoient cette exécution de bonne foi.
  • 1.3 - Quelle est, dans ce contrat, l'utilité de la clause de non-concurrence ? Madame LUMEL pourrait-elle contester cette clause ? a) Dans l'affirmative, précisez sur quelle base juridique. b) Que pourrait lui répondre la société DUPLY pour maintenir cette clause ?

2 - Analyse d'une documentation économique

  • 2.1 - Identifiez les deux axes principaux de la stratégie de la société ADIDAS.
  • 2.2 - Concevez un tableau mettant en évidence les avantages et les inconvénients de chacun des axes.

2°PARTIE :DÉVELOPPEMENT STRUCTURÉ

Dans quelle mesure l'affirmation suivante vous paraît-elle justifiée ?

" Un paradoxe : quinze ans de libéralisme et de déréglementation n'auront pas mené à une concurrence accrue, mais au contraire conduit à une vague exceptionnelle de concentrations ".


 

Documents:

  1. Document n° 1 Contrat de travail
  2. Document n° 2 Article 1134 du Code Civil
  3. Document n° 3 Le patron d'Adidas avale les skis Salomon

 

 

Document 1 : CONTRAT DE TRAVAIL

ENTRE la société DUPLY, société anonyme, dont le siège social est à PARIS 8e, 6 rue de la Poste, représentée par Monsieur jean XAVIER, agissant en qualité de Président directeur général,

D'UNE PART,

ET Madame Marie LUMEL, née le 22 septembre 1967, à LYON, de nationalité française, immatriculée à la Sécurité sociale sous le n° 2 67 09 69 212 021, demeurant à VERSAILLES, 132 avenue du Château,

D'AUTRE PART,

IL A ÉTÉ CONVENU CE QUI SUIT :

La déclaration préalable à l'embauche a été effectuée à l'URSSAF de PARIS 8e auprès de laquelle Madame Marie LUMEL pourra exercer son droit d'accès et de rectification que lui confère la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978.

CONDITIONS D'ENGAGEMENT

À compter du 1er juillet 1998, la société DUPLY SA engage Madame Marie LUMEL, aux conditions générales de la convention collective (notamment en matière de congés payés et de préavis) de la chimie et de son avenant cadres, aux conditions particulières indiquées ci-après.

EMBAUCHE ET CONTRAT DE TRAVAIL

Madame Marie LUMEL, qui accepte cet engagement déclare formellement n'être liée à aucune autre entreprise et être libre de tout engagement envers son précédent employeur, toute fausse déclaration sur ce point étant de nature à engager sa responsabilité.

FONCTIONS

Madame Marie LUMEL exercera les fonctions de directrice des ressources humaines. Ses attributions seront notamment les suivantes :

- administration et gestion du personnel,

- relations sociales et établissement des indicateurs sociaux.

Ces attributions seront exercées par Madame Marie LUMEL, sous l'autorité et dans le cadre des instructions données par son supérieur hiérarchique. Elles seront susceptibles d'évolution.

LIEU DE TRAVAIL

Madame Marie LUMEL exercera ses fonctions au siège de la société DUPLY SA actuellement situé à PARIS 8e, 6 rue de la Poste.

RÉMUNÉRATION

En rémunération de ses services, Madame Marie LUMEL, percevra chaque mois un salaire brut forfaitaire de quinze mille francs (15 000 F). La rémunération fixée au présent contrat a été convenue compte tenu de la nature des fonctions et responsabilités confiées à Madame Marie LUMEL et restera indépendante du temps que celle-ci consacrera de fait à l'exercice de ses fonctions.

OBLIGATION DE DISCRÉTION

En outre, Madame Marie LUMEL s'engage à conserver de la façon la plus stricte, la discrétion la plus absolue sur l'ensemble des renseignements qu'elle pourra recueillir dans le cadre de ses fonctions et ce, après la fin du présent contrat, quelle qu'en soit la cause.

CLAUSE DE NON-CONCURRENCE

Compte tenu de la nature de ses fonctions, Madame Marie LUINEL s'interdit, en cas de cessation du présent contrat, d'entrer au service d'une entreprise concurrente. Cette interdiction de concurrence est limitée à une période d'un an. Toute violation de la présente clause de non-concurrence rendra automatiquement Madame Marie LUMEL redevable d'une pénalité fixée, dès à présent et forfaitairement, au montant du salaire des six derniers mois d'activité, sans qu'il soit besoin d'une mise en demeure d'avoir à cesser l'activité concurrentielle.

PÉRIODE D'ESSAI

Le présent contrat ne deviendra définitif qu'à l'expiration d'une période d'essai de trois mois Toute suspension qui se produirait pendant la période d'essai prolongerait d'autant la durée de cette période, qui doit correspondre à un travail effectif.

Lorsqu'un cadre, qui n'aura pas été engagé à l'expiration de sa période d'essai, aura pendant cette période effectué des travaux personnels susceptibles de donner lieu à prise de brevet, dépôt de marque ou de modèle, l'employeur ne pourra utiliser ces travaux sans l'accord écrit de l'intéressé(e).

Pendant la période d'essai, Madame Marie LUMEL devra fournir tous les éléments nécessaires à la constitution de son dossier, entre autres, les copies de diplômes.

DURÉE DU CONTRAT

À l'issue de la période d'essai, si elle s'est révélée satisfaisante, le présent contrat se poursuivra pour une durée indéterminée. Chacun pourra y mettre fin sous réserve de respecter les règles fixées à cet effet par la loi et la convention collective.

Fait à Paris, le 1er juin 1998

P/la société DUPLY : La salariée :

Monsieur Jean XAVIER Madame Marie LUMEL


 

Document 2  : ARTICLE 1134 DU CODE CIVIL

" Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi. "


 

 

Document 3

  Le patron d'Adidas avale les skis Salomon Robert Louis Dreyfus, qui a racheté l'Olympique de Marseille l'an dernier, étend sa panoplie sportive

Voici l'histoire d'une affaire en or. Lorsqu'en 1993, le Crédit Lyonnais propose à Robert Louis Dreyfus de reprendre Adidas, l'homme d'affaires multimillionnaire n'en veut pas : " Tout ce qui touche à ( ... ) est pourri ", réplique-t-il avant même de regarder le dossier. Il faudra que la banque française fabrique un contrat sur mesure à Robert Louis Dreyfus pour que celui-ci accepte de racheter pour 2 milliards de francs, la marque aux trois bandes, propriété de ( ... ) et de son créancier le Crédit Lyonnais depuis la fin des années 80.

Aujourd'hui, la marque allemande Adidas est florissante... tellement florissante avec ses 15 milliards de francs de chiffre d'affaires et son milliard de bénéfice net qu'elle vient de racheter les skis Salomon, marque de pointe française de l'équipement de sport.

Robert Louis Dreyfus, qui a racheté l'Olympique de Marseille l'an dernier, aurait-il pris goût à la guerre planétaire que se livrent les marques de sport ? " Nous allons devenir la meilleure marque du monde ", n'hésite-t-il pas à déclarer, trop content de se hisser, grâce à sa nouvelle acquisition au deuxième rang du marché mondial de l'article de sport, loin derrière Nike peut-être (47 milliards de chiffre d'affaires) mais devant l'américain Reebok (17,7 milliards de francs). Le nouveau groupe qui naîtra de la fusion, baptisé Adidas Salomon, affiche dès à présent un chiffre d'affaires prévisionnel de 20 milliards de francs pour 1997 et sera coté à Paris et à Francfort.

L'affaire en gestation depuis plusieurs mois, scelle les intérêts d'un expansionniste, Robert Louis Dreyfus et d'un PDG fondateur cherchant à régler un problème de succession, Georges Salomon. De toute évidence, la proposition d'Adidas s'est révélée suffisamment convaincante et lucrative pour que le créateur de l'entreprise savoyarde âgé de 72 ans, et ses trois fils acceptent de vendre Salomon et ses 4,4 milliards de francs de chiffre d'affaires (214 millions de francs de profit l'an dernier). Hier, Adidas a donc offert 521,50 francs par action Salomon, ce qui porte le montant total de la transaction à 8 milliards de francs, si tant est que tous les actionnaires du fabricant de skis se laissent tenter par ce prix qui représente une plus-value de 19 % par rapport au cours de vendredi. Au préalable, Adidas a conclu un accord avec les actionnaires majoritaires de Salomon, Georges Salomon et ses trois fils pour le rachat de 100 % de la Holding Sport Développement qui contrôle 38,92 % du capital de Salomon et 56,18 % des droits de vote.

Voilà pour la cuisine financière de cet accord. Tout reste donc à faire pour que ce rapprochement se traduise selon les ambitions de Robert Louis Dreyfus par de la rentabilité et de nouveaux marchés. Afin de couper court à toutes les spéculations, le président du directoire de Salomon Jean-François Gautier a fait très rapidement savoir que le groupe français " conserverait son autonomie au sein du nouvel ensemble ". Une autre manière de dire que les méthodes tranchantes de Robert Louis Dreyfus n'auraient pas cours chez Adidas-Salomon : les milieux du sport ont encore en mémoire la restructuration d'Adidas qui s'est soldée par plus de 3000 suppressions d'emplois (sur 10000 postes en 1989) et une délocalisation quasi totale de la production en Asie. Élément rassurant pour les salariés de Salomon : Adidas et Salomon sont des entreprises plutôt complémentaires. D'abord en termes de produits puisque le groupe allemand vend surtout des chaussures, des vêtements de sport et des ballons alors que Salomon est le spécialiste mondial du matériel de ski, et plus récemment du vélo et de l'équipement de golf. Mais aussi en termes de marchés : Adidas espère en effet tirer profit de la présence de Salomon aux États-Unis et au Japon, deux très grands marchés où la marque aux trois bandes éprouve des difficultés à s'implanter.

Enfin et surtout à la faveur de ce regroupement, Adidas souhaite amortir des investissements publicitaires considérables puisqu'ils sont passés de 1993 à 1995 de 68 à 340 millions de francs. Des centaines de millions pour une mercatique orientée vers les jeunes, vers l'accomplissement sportif, vers la définition d'une façon de vivre. Aujourd'hui, les vêtements Adidas sont plus souvent utilisés comme de l'habillement quotidien que dans le cadre d'activités sportives. Aux États-Unis, le groupe s'installe à travers des contrats de parrainage comme la marque du football non américain et elle sera l'un des partenaires officiels de la Coupe du Monde de football en 1998.