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BTS 97 

Economie / Droit


1° PARTIE : TRAVAIL METHODOLOGIQUE

Thème : L'ÉPARGNE DES MÉNAGES

À l'aide des annexes, vous répondrez aux questions suivantes:

Question 1: montrez l'influence de la catégorie socioprofessionnelle sur le type de placement des ménages. (Annexe 1) Documents 1 à 3.

Question 2: indiquez l'évolution de la composition du patrimoine de rapport des ménages depuis 10 ans. (Annexes 1 et 2)

Question 3: précisez le rôle des différents facteurs susceptibles d'expliquer cette évolution. (Annexes 1, 2 et 3).


II° PARTIE : DEVELOPPEMENT STRUCTURE

Dans le cadre d'un développement structuré, vous montrerez les enjeux pour l'entreprise de la gestion des ressources humaines à travers les différentes modalités de recrutement, de formation et de rémunération. Vous pouvez illustrer vos propos en prenant des exemples dans votre secteur d'activité.


 

Annexe 1

Source INSEE - TEF 96/97

1 - L'épargne selon la catégorie socioprofessionnelle

Taux de possession 1986-1996*

  Livrets d'épargne Épargne- logement Valeurs mobilières Assurance vie Épargne -retraite
  1986 1996 1986 1996 1986 1996 1986 1996
Agriculteurs exploitants 83 87 47 64 16 26 39 63
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 78 71

42

49 26 28 53 59
Cadres, professions intel. supérieures 85 83 54 67 49 42 45 61
Professions intermédiaires 88 81 43 54 27 23 40 55
Employés 79 78 26 35 9 14 32 40
Ouvriers 78 79 25 35 7 8 39 41
Retraités 83 83 19 25 23 27 16 42
Autres inactifs 77 72 15 23 17 17 13 25
Ensemble 82 80 29 38 20 22 31 45
 

*En janvier 1996 Source INSEE - TEF 96/97

2 - Patrimoine des ménages selon la catégorie socioprofessionnelle fin 1992

 

Ensemble du patrimoine brut en milliers de F par ménage

Composition en %

Patrimoine domestique

Patrimoine de rapport

Patrimoine professionnel

Professions libérales

3900

24,2

49,2

26,6

Anciens indépendants*

2900

22,6

76,6

0,8

Artisans, commerçants, chefs d'entreprise

2830

21,7

51,4

26,9

Agriculteurs exploitants

2340

19,6

28,3

52,1

Cadres supérieurs

1 830

40,6

57,8

1,6

Anciens salariés

1 170

38,3

61,3

0,4

Anciens agriculteurs

1 050

30,5

60,3

9,2

Professions intermédiaires

830

54,2

43,3

2,5

Employés

450

58,5

39,7

1,8

Ouvriers

420

68,0

30,4

1,6

Ensemble

1 110

38,0

52,6

9,4

 

*Non agricoles. Source: Données Sociales - INSEE 1996

 

3 - Patrimoine de rapport selon la catégorie socioprofessionnelle (1992)

Catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence Patrimoine brut de rapport(en milliers de francs Composition du patrimoine de rapport (en %)
Placements courts Assurance-vie Valeurs mobilières2 Immobilier et foncier Ensemble
Anciens indépendants non agricoles 2200 16 6 34 44 100
Professions libérales 1900 19 14 32 35 100
Artisans, commerçants, chefs d'entreprises 1 500 19 12 39 30 100
Cadres supérieurs 1 050 29 10 36 25 100
Anciens salariés 720 27 6 42 25 100
Agriculteurs exploitants 660 31 10 13 46 100
Anciens agriculteurs 630 25 4 12 59 100
Professions intermédiaires 360 32 18 24 26 100
Employés 180 45 15 15 25 100
Ouvriers 130 42 22 16 20 100
Ensemble 580 26 10 33 31 100
 

1. Les placements courts comprennent l'épargne sur livret, l'épargne logement, les Sicav court terme et les bons et comptes à terme.

2. Les valeurs mobilières comprennent les actions, les obligations, les titres d'OPCVM long terme et la participation des salariés.

Source: Données sociales, INSEE 1996, comptes de patrimoine selon la catégorie socioprofessionnelle.

Annexe 2

1 - Les Français et l'épargne en 1993

Qu'on le juge opportun ou non pour l'économie en général, le comportement d'épargne des Français a en tout cas été rationnel. Ils ont réagi avec une rapidité surprenante aux impulsions de la conjoncture et de la politique fiscale. Parallèlement à la décrue des taux d'intérêts à court terme (qui ont diminué de six points entre le début et la fin de l'année dernière), les placements en SICAV monétaires se sont dégonflés de 226 milliards de francs': une baisse de pratiquement 20 %, alors qu'ils avaient augmenté de 25 % par an entre 1988 et 1992.

e Repli. Outre le fait que les taux d'intérêt à long terme tendaient à redevenir enfin plus élevés que les taux courts - rendant ainsi moins rémunérateurs les placements dits " monétaires ", c'est-à-dire d'un rendement proche de celui du marché monétaire, les mesures fiscales prises en 1993 ont activement contribué à ce repli: d'une part, le plafond à partir duquel les cessions annuelles de SICAV étaient soumises à l'impôt a été fortement réduit; d'autre part, des avantages fiscaux ont été mitonnés tout exprès pour réorienter ces placements vers l'emprunt d'État, le logement ou les plans d'épargne en actions (PEA).

Résultat de tout cela: la hiérarchie des rendements des principaux placements financiers (après prélèvement libératoire) s'est modifiée. Les SICAV court terme, qui fournissaient, de loin, le meilleur rendement en 1992 (11,4 %), n'étaient plus qu'au deuxième rang en 1993 (5,2 % contre 6 % aux plans d'épargne-logement ou PEL) et seront probablement bonnes dernières en 1994.

Les ménages ont donc fui, très logiquement, un placement qui n'offrait plus grand avantage. Ils se sont reportés sur les placements obligatoires (+ 134,5 milliards de francs pour les SICAV obligataires en 1993 au lieu de + 2 milliards en 1992), et sur l'épargne dite " contractuelle". Cette épargne est constituée des produits à taux administrés, comme les livrets A, les PEL, les plans d'épargne populaire (PEP), et des produits d'assurance-vie. Les PEL ont progressé de 13,6 % l'an dernier (sans parler de la ruée provoquée début février (1994) à l'annonce d'un abaissement imminent de la rémunération) et les PEP de 35,4 %.

De son côté, la collecte de l'assurance vie a augmenté de 285 milliards de francs (+ 29 %) poursuivant une progression entamée en 1980. Le message sur l'avenir préoccupant des régimes de retraites à partir de 2010 est bien passé: démographie aidant les particuliers sont de plus en plus nombreux à se constituer un pécule en prévision de leurs vieux jours, et l'assurance vie représente désormais plus de la moitié des flux d'épargne financière.

. Liquidités. La caractéristique de cette épargne " contractuelle" est qu'elle est en général bloquée pendant une durée cinq à huit ans, ce qui n'est évidemment pas de très bon augure pour la reprise de la consommation, étant donné que le pouvoir d'achat a peu de chances de s'améliorer rapidement (le chômage et la modération salariale restent d'actualité).

Toutefois, la légendaire " peur du risque " des épargnants français n'est pas confirmée, à en juger par leurs placements en actions, qui représentent en moyenne 29 % de leurs actifs financiers contre 12 % aux obligations et 9 % à l'assurance-vie. Le PEA, lancé en septembre recueillait un an plus tard 135 milliards de francs, et le succès des privatisations " lourdes " de ces derniers mois suggère qu'il existe encore des liquidités disponibles pour le placement boursier (si les cours ne sont pas trop dissuasifs ... ). Tandis que la détention directe d'actions non cotées régresse (par exemple des parts de PME aux mains d'entrepreneurs ou de particuliers), les placements boursiers collectés ont donné en 1993 des signes de redressement.

1. Les informations citées ici sont tirées de la Lettre de conjoncture de la BNP d'avril 1994.

                    S. GHÉRADI, Le Monde, 31 mai 1994

2 - Les Français et l'épargne en 1995

Début 1996, 46 % des ménages estimaient avoir mis de l'argent de côté sous forme de placements financiers en 1995, ils n'étaient que 37,5 % en 1991. Toutes choses égales par ailleurs, les fréquences d'épargne croissent bien sûr fortement avec le revenu, en 1991 comme en 1995; les jeunes épargnent plus souvent et les familles nombreuses moins fréquemment.

En 1995, les ménages ont privilégiés l'assurance vie, les PEP et les produits de préparation à la retraite: l'épargne-logement et les livrets ont, cette année-là, drainé des flux importants d'épargne nouvelle. Au cours des trois dernières années, en francs courants, les revenus du patrimoine de rapport ont augmenté de 2 % en glissement annuel moyen. En 1995, ils ont progressé plus rapidement (un peu plus de 6 %). L'année 1995 est marquée par la poursuite de la baisse des cours de Bourse: - 17 % entre décembre 1994 et décembre 1995 pour les actions françaises. Cette diminution fait suite à une autre diminution (- 13 %) en 1994. Le cours des obligations françaises s'est redressé (+ 8 %) après une forte diminution en 1994.

L'immobilier se trouve toujours dans une zone de turbulence: les prix des logements parisiens, après plusieurs années de forte baisse, ont de nouveau baissé de 9 % en 1995, alors que leur valeur était restée quasiment stable en 1994; il en va de même pour les bureaux dont les prix continuent à baisser. La performance réelle, qui prend conjointement en compte le taux de rendement courant des placements et les plus ou moins-values de l'ensemble du patrimoine après défalcation de la hausse du niveau général des prix, est de 2,5 % en glissement annuel moyen entre décembre 1992 et décembre 1995. Elle est nettement plus faible que celle qui était observée au cours des cinq années précédentes; elle s'inscrit en diminution par rapport aux performances enregistrées au cours des années 80.

Toutes les catégories de ménages épargnent plus fréquemment en 1995 qu'en 1991.

Dans l'enquête Actifs financiers 1991-92, une question avait été posée dans un contexte assez voisin et avec le libellé suivant: " Au cours des douze derniers mois, dans votre ménage, avez-vous en définitive mis de l'argent de côté ? " À cette question, 37,5 % seulement des ménages avaient répondu positivement contre 46 % en 1995. S'il faut être prudent sur l'ampleur de l'évolution mesurée en utilisant des questions à la formulation légèrement différente, on peut toutefois noter que les Comptes nationaux ont mesuré pendant la même période une élévation du taux d'épargne, tout particulièrement de la composante financière de ce taux d'épargne.

De 1991 à 1995, l'élévation de la fréquence des comportements d'épargne concerne toutes les catégories. C'est pour les ménages dont la personne de référence a entre 50 et 59 ans et pour les agriculteurs que la hausse est la plus forte; c'est pour les ménages les plus jeunes, les ouvriers non qualifiés et les indépendants non agricoles en retraite qu'elle est la plus faible.

En 1991 comme en 1995, les jeunes épargnent plus fréquemment.

Si on laisse de côté l'aspect conjoncturel de ces observations pour s'intéresser aux traits plus structurels du comportement des ménages, les réponses à cette question dans les deux enquêtes présentent de grandes similitudes et, toutes choses égales par ailleurs, des traits communs apparaissent entre les deux enquêtes.

Tout d'abord la fréquence des comportements d'épargne financière est fortement croissante avec le revenu du ménage. Cette fréquence est aussi significativement plus élevée chez les ménages les plus jeunes. Ces ménages ont certes un patrimoine globalement plus faible mais ils sont au début d'une accumulation patrimoniale qui commence généralement par l'alimentation de livrets d'épargne ou d'un plan épargne-logement.

Cette observation peut paraître contraire à la théorie du cycle de vie qui voudrait que les plus jeunes commencent à s'endetter, mais l'indivisibilité du logement qu'ils veulent acheter les oblige à se constituer d'abord un apport personnel significatif avant de pouvoir s'endetter. À l'inverse, les familles les plus nombreuses se signalent les deux années par une fréquence d'épargne financière particulièrement faible. Il en va de même pour les artisans, commerçants, industriels. Pour eux, cela traduit peut-être les difficultés financières de certains ou plus probablement la priorité qu'ils accordent à l'investissement dans leur outil de travail sur l'accroissement de leurs placements financiers.

Les Notes bleues de Bercy, n° 101 (16-30 déc. 1996),

" Comportements d'épargne, revenus et performances des placements "

Annexe 3

1 - Le comportement récent d'épargne des ménages(')

Au niveau macroéconomique, le taux d'épargne des ménages est en théorie expliqué par des effets revenu, des effets richesse, et des effets de taux d'intérêt. L'analyse économétrique de la consommation en France montre cependant traditionnellement que le pouvoir d'achat du revenu disponible et l'inflation sont les deux seuls déterminants robustes du taux d'épargne. Le ralentissement du pouvoir d'achat du revenu et de l'inflation aurait donc dû pousser à la baisse le taux d'épargne des ménages, alors que c'est l'inverse que l'on observe depuis 1990 (2): au total, c'est 2,5 points de taux d'épargne qui paraissent inexpliqués au vu de ces deux déterminants traditionnels.

Il existe trois grands types d'explications à ce phénomène. La première attribue aux ménages un comportement " néo-ricardien ": face au creusement des déficits publics, les ménages auraient augmenté leurs taux d'épargne en prévision des hausses d'impôts futures que le creusement des déficits publics rendra nécessaires. Les études empiriques disponibles dans le cas français ne permettent cependant pas de valider sur le passé un tel comportement de la part des ménages. Il n'est certes pas exclu que la réaction des ménages à un creusement des déficits publics de l'ampleur de celui constaté depuis 1991 soit plus forte que par le passé, mais ceci reste encore à démontrer (3).

Le second type d'explication renvoie à la constitution par les ménages d'une épargne de précaution: leurs revenus étant devenus plus incertains, les ménages auraient décidé d'en épargner une part plus importante pour faire face à un risque accru de baisse de revenus. Selon cette interprétation, la crise du Golfe aurait en 1990 déclenché le processus, relayé par les inquiétudes suscitées par l'avenir des retraites et la hausse du chômage. À cet égard, l'analyse économétrique révèle effectivement la trace d'une sensibilité, plus marquée après 1990, de l'épargne des ménages à l'augmentation du chômage, même si cette variable est à elle seule insuffisante pour expliquer les évolutions observées (cf. graphique, annexe 1, document 1).

Le troisième type d'explication impute la hausse du taux d'épargne aux effets de la libéralisation financière. D'une part en effet, avec la généralisation de l'accès des ménages aux OPCVM de trésorerie, l'épargne serait devenue plus sensible au niveau des taux d'intérêt réels: ceux-ci ayant été très élevés depuis 1990, les ménages auraient sacrifié une part de leur consommation présente au profit d'une consommation future nettement accrue. D'autre part, la libéralisation financière a été à l'origine d'un cycle d'endettement-désendettement des ménages, occasionné par une expansion puis une contraction de l'offre de crédit de la part des banques. La consommation en aurait été soutenue à partir de 1986, puis à l'inverse déprimée à partir de 1991. Ces deux phénomènes permettraient d'expliquer assez fidèlement l'évolution du taux d'épargne depuis 1990, même s'il est aujourd'hui difficile de juger s'il s'agit là plus que d'une coïncidence.

Notons enfin qu'en 1994, et en 1995, les évolutions du taux d'épargne sont de nouveau cohérentes avec les évolutions du revenu et des prix: quels que soient les facteurs à l'origine de la remontée du taux d'épargne entre 1990 et 1993, ils auraient cessé en 1994 et 1995 de pousser à la hausse le taux d'épargne, sans pour autant ramener celui-ci vers ses niveaux antérieurs.

                            Source: INSEE

(1) Pour une analyse plus complète, on pourra se référer à l'article de Xavier Bonnet et Éric Dubois " Peut-on expliquer la remontée du taux d'épargne des ménages depuis 1990 ? ", Économie et Prévision, n° 121.

(2) Cf l'encadré " Ajustements budgétaires et croissance " dans ce rapport. (3) Cf déjà le Rapport sur les Comptes de la Nation 1992, p. 26-28.

2 - Épargner pour gagner plus

Pour les auteurs classiques, l'épargne dépend du taux d'intérêt; elle reflète donc essentiellement un comportement de placement financier; le taux d'intérêt arbitre entre la consommation présente et l'épargne (qui représente des consommations futures).

Dans l'approche keynésienne, les agents cherchent d'abord à satisfaire leurs besoins de consommation présente. S'il reste quelque chose par rapport au revenu qu'ils ont effectivement perçu, cela constitue une épargne.

C'est alors seulement qu'ils seront sensibles aux taux d'intérêt pour déterminer sous quelle forme il faut détenir cette épargne (liquide, compte d'épargne, obligations ... ). Le taux d'intérêt détermine l'arbitrage entre les différentes formes de placements financiers des ménages et non pas le volume global de leur épargne.

            J. GÉNÉREUX, Économie politique, Hachette Supérieur.