I I -- Eléments
d'explication de l'évolution du solde extérieur
de la France depuis 1992.
Deux
périodes doivent toutefois être distinguées
car leur contexte économique était
très différent.
--
dans un premier temps, le faible taux de croissance
(récession de 1993) de la France déprime
l'économie, entraîne une diminution
de la consommation et des importations, ce qui
améliore mécaniquement le solde
extérieur (les exportations n'augmentent
pas et les importations diminuent). Dans ce cas
particulier, un excédent n'est pas vraiment
une bonne nouvelle, puisqu'il n'est pas le reflet
d'une bonne compétitivité, mais
d'une récession économique.
--
dans un deuxième temps, la reprise de la
croissance (en 1994) s'accompagne toujours
un excédent. Cet excédent de résulte
plus d'un phénomène conjoncturel
(récession) mais devient structurel car
il est lié principalement à une
amélioration de la compétitivité
de la France.
Cette amélioration de la compétitivité
peut s'expliquer de la manière suivante
:
* la
modération salariale mise en place depuis
1983 : les bas coûts salariaux diminuent
les coûts des entreprises ces qui leur permet
de répercuter cette baisse sur les prix
de vente.
* les performances à l'exportation de l'industrie
française qui gagne des parts de marché
; actuellement la France le quatrième
exportateur mondial de marchandises et le troisième
exportateur mondial de services commerciaux.
* la faiblesse de l'euro : un euro faible diminue
les prix à l'exportation (à condition
toutefois que les entreprises ne profitent pas
de cette dépréciation pour augmenter
leurs marges) et donc améliore la compétitivité
prix de la France.
* la croissance régulière du solde
touristique depuis 1996.
Depuis 2000, le solde des échanges de biens
et de services est sur la pente descendante. Il
est prématuré de dire s'il s'agit
d'une baisse conjoncturelle ou de l'amorce d'une
tendance plus longue.
--
dans un 3° temps - à partir de 2003
A partir
de 2003 la situation évolue - L'euro s'apprécie.
L’excédent commercial de la zone
euro est revenu à 68 Md€ en 2003,
après 92 Md€ en 2002. Sur les 11 premiers
mois en 2003 par rapport aux 11 mois correspondants
en 2002, le repli des exportations de la zone
euro (-4%) l’a emporté sur celui
des importations (-1%) : l’excédent
commercial s’est tassé à 68
Md€, contre 83 Md€ en 2002.
Les ventes ont souffert de l’atonie du commerce
mondial et des pertes de compétitivité
liées à l’appréciation
de l’euro. En 2003, le taux de change effectif
réel de la zone euro s’est apprécié
de 12% en moyenne par rapport à 2002 (+5%
en 2002 par rapport à 2001), l’essentiel
de la hausse étant acquise au premier
semestre (+7,6%, puis +1,8% au second semestre).
Le redémarrage des échanges mondiaux
au second semestre, sous l’impulsion des
États-Unis, s’est avéré
insuffisant pour contrer les pertes de compétitivité.
Parallèlement, le recul des importations
a reflété la faiblesse de la demande
interne de la zone euro et le bas niveau d’utilisation
des capacités de production.
A partir de 2004 , la situation s'inverse
- Les échanges extérieurs de la
France font apparaître un déficit
de 10,4 milliards d'euros courants pour l'année
2004.
L'alourdissement de la facture
énergétique n'explique donc que
pour un peu plus de la moitié le creusement
du déficit commercial. L'autre moitié
est imputable à la perte de compétitivté
des entreprises françaises à l'export
et au dynamisme des dépenses de consommation
des ménages français qui alimente
les importations.
En 2005 le déficit atteint 22,825
milliards d'euros
Pour plusieurs économistes,
ces chiffres traduisent la perte de compétitivité
de l'économie française.
Selon Nicolas Bouzou de Xerfi, " les
chiffres de ce matin le confirment bien
: le commerce extérieur demeure le
talon d'Achille de l'économie française.
Car il ne faut pas s'y tromper : même
si les exportations sont élevées
[30,4 milliards d'euros en novembre], on
voit bien qu'elles ne décollent pas
depuis six mois. Alors même que trois
éléments devraient se conjuguer
pour les soutenir : une croissance mondiale
qui reste très forte [plus de 4 %],
des économies allemande et italienne
qui accélèrent, ce qui est
favorable à la demande adressée
à la France, et enfin la remontée
du dollar depuis un peu plus d'un an. En
dépit de tous ces éléments
favorables, le déficit commercial
de la France sur les onze premiers mois
de l'année frise les 23 milliards
d'euros. (...) La contre-performance des
exportations montre par ailleurs que la
facture energétique n'explique pas
à elle seule les mauvais résultats
du commerce extérieur francais. D'ailleurs,
le solde de l'industrie civile [celui qui
capte certainement le mieux la compétitivité
des entreprises industrielles] est de nouveau
déficitaire. On remarque notamment
l'essoufflement des exportations d'automobiles."
Même constat pour Marc Touati, économiste
chez Natexis Banques Populaires. "Le
déficit extérieur français
n'est pas simplement dû à la
facture pétrolière et à
la demande intérieure appréciable
de la France, mais surtout au manque de
compétitivité structurelle
de ses exportations. Et ce non seulement
en termes de prix et de qualité,
mais surtout en matière de positionnement
sectoriel et géographique. En d'autres
termes, nos exportations sont trop eurolandaises
[plus de 50 % d'entre elles], or la zone
euro est la lanterne rouge de la croissance
mondiale depuis quatre ans. De plus, la
part des biens d'équipement est trop
faible : seulement 22 %, contre près
de 45 % des exportations allemandes. Enfin,
lorsque les entreprises françaises
réussissent à vendre leurs
produits à l'étranger, c'est
de plus en plus parce que ces derniers sont
fabriqués sur place ou dans d'autres
pays beaucoup plus compétitifs que
l'économie française. Et dire
cela n'est certainement pas adhérer
à la thèse du déclin,
mais simplement décrire une réalité,
pour justement éviter le déclin."
source : Le monde .fr |
En 2006 le déficit atteint 29
milliards d’euros
Le déficit du commerce extérieur
de la France s’est établi
au-dessus de 29 milliards d’euros en 2006, selon
Christine Lagarde, la ministre déléguée
au Commerce extérieur.
La ministre estime que ce n’est pas un
si mauvais chiffre. Elle souligne que les exportations
atteignaient le "niveau record" de 390 milliards
d’euros, soit une hausse de 9%.
Hors énergie, le pétrole et le
gaz nous coûtent cher, l’excédent
du commerce extérieur est proche de 18
milliards d’euros.
Christine Lagarde s’inquiète également
du fait qu’il y ait plutôt moins
d’entreprises exportatrices depuis 2000,
même si leur nombre s’est stabilisé en
2006. Elle propose dans cet entretien d’inciter
les entrepreneurs français à exporter
grâce à un clip vidéo qui
présentera sous forme ludique, le parcours
du combattant d’une entreprise qui déciderait
de se lancer à l’export.
I
I I -- La spécialisation géographique
et sectorielle de la France.
--
Au niveau géographique, les parts de
marché de la France en Asie et en Amérique
latine sont très insuffisantes. Par contre,
ses parts de marché sont nettement plus
élevées en Europe et en Afrique.
Cette spécialisation géographique
n'est pas souhaitable sur le long terme, car les
marchés asiatiques sont en pleine croissance
et ce positionnement est orienté principalement
vers des marchés traditionnels (Europe,
Afrique), ce qui pourrait entraîner une
diminution de la part de marché globale
de la France.
-
d'un point de vue sectoriel
Globalement,
les points forts des échanges extérieurs de la
France sont :
-- Les
principaux points forts sont l'aéronautique
et de l'industrie pharmaceutique.
- -- le secteur agro-alimentaire
qui a été constamment excédentaire -- la France
est en effet au deuxième rang mondial pour
les exportations de produits agricoles derrière
les États-Unis.
- -- Le solde industriel,
a été négatif de 1987 à 1992 mais depuis 1992
redevient positif.
- -- l'industrie automobile
est également un des points forts du commerce
extérieur français..
- -- il en va de même
pour les biens d'équipement
- -- Le tourisme
Par
contre, les points faibles des échanges extérieurs
de la France sont les suivants :
Comparativement à d'autres pays européens,
la spécialisation de la France n'est
pas très poussée dans le domaine
des services et des nouvelles technologies.
Par exemple, en 1999, les exportations de services
du Royaume-Uni dépassent celle de la France.
- -- l'énergie : malgré
la réduction de la dépendance énergétique
nous sommes toujours déficitaires . La facture
énergétique dépend beaucoup du cours du dollar.
- -- nous sommes également
assez mal placés (malgré quelques progrès)
dans le domaine des biens intermédiaires.
- -- beaucoup de progrès
restent à faire dans le domaine de l'électronique,
de l'informatique, des biens d'équipement,
de la chimie.
V
I - L'impact de l'environnement international
sur le commerce extérieur français.
--
d'une manière générale, l'
insertion de la France dans l'Union Européenne
a plutôt des effets positifs sur son commerce
extérieur.....
* En
effet, la majorité des exportations (64
%) et des importations (61 %) de la France provient
de l'Union Européenne qui constitue un
marché stable, à l'abri des fluctuations
monétaires. En effet, dans les pays de
la zone Euro, les incertitudes liées aux
variations des taux de change disparaissent.
* Les
clients européens demandeurs de produits
de qualité encouragent la France à
se spécialiser dans des produits "
haut de gamme".
* L insertion
de la France dans l'économie européenne
favorise les regroupements d'entreprise et donne
naissance à des groupes européens
beaucoup plus compétitifs sur les marchés
internationaux.
--
... toutefois, la France reste très dépendante
de la conjoncture internationale.
Bien que l'Europe soit le principal partenaire
de la France, une part importante des échanges
de certains pays européens (comme l'Italie
où l'Allemagne) se réalise hors
d'Europe. Une récession économique
dans les pays tiers pourrait donc avoir des répercussions
sur les résultats du commerce extérieur
allemand ou italien (baisse des exportations),
cette baisse des exportations pourrait freiner
la croissance des pays de l'union, qui à
son tour risquerait de freiner les échanges
intra européens. La France n'est donc pas
à l'abri des crises économiques
mondiales.
D'autre part, les crises financières internationales
peuvent aussi avoir des répercussions sur
le commerce extérieur français.
Une baisse brutale du cours des titres (actions,
obligations) aux États-Unis par exemple
pourrait avoir un effet dépressif sur l'économie
américaine (le patrimoine des agents économiques
diminue, ces mêmes agents réagissent
alors en diminuant leur consommation), la baisse
des importations américaines qui en résulteraient
contribuerait à détériorer
les résultats du commerce extérieur
français.
La France n'est pas non plus à l'abri des
variations des taux de change entre l'euro et
les autres monnaies. Une trop forte appréciation
de l'euro freinerait les exportations, une trop
forte dépréciation favoriserait
les exportations mais à plus long terme
renchérirait le coût des importations.
V -- les performances
des entreprises françaises à l'exportation.
Les exportations sont réalisées
dans leur majeure partie par les plus grands groupes
industriels français. De ce point de vue,
les performances des PME françaises à
l'exportation ne sont pas encore satisfaisantes
: les PME qui exportent ne sont pas assez nombreuses
et celles qui le font sont spécialisées
dans des activités à faible valeur
ajoutée (produits agricoles, alimentaires,
bois, cuir) et sont trop spécialisées
géographiquement vers des destinations
traditionnelles (Europe, Afrique francophone,
Vietnam). Les PME n'orientent pas suffisamment
leurs échanges vers des pays à forte
croissance.
L'enjeu
pour les entreprises françaises est donc, à l'instar
des producteurs américains ou asiatiques dans
la dernière décennie, à la fois de se positionner
sur des secteurs d'avenir et d'augmenter leur
présence sur des marchés étrangers qui disposent
d'un fort potentiel de croissance - au travers
des exportations ainsi que des investissements
directs.
L'économie
française est ainsi confrontée à une double "frontière"
pour sa compétitivité : celle des nouvelles technologies
et celles des pays émergents. L'ensemble du dispositif
d'appui au commerce extérieur - appuis financiers,
fourniture d'expertises par le réseau des postes
d'expansion économique, négociations commerciales
- est orienté vers ce double objectif.
Mais
il est clair que cette tâche est du ressort de
l'ensemble des politiques publiques : aides à
la création d'entreprise ; réforme de l'enseignement
; réforme fiscale... toutes les politiques qui
contribuent à développer la compétitivité du site
France.
II
- Tableau synthétique - Forces et faiblesses
du commerce extérieur français