On voit donc, à la lecture de
cet extrait, que le développement de la société de
consommation a par le biais de l'augmentation du pouvoir d'achat permis
l'extension des marchés. Les offreurs de biens et services ont le
plus souvent une taille nationale voire internationale. Ils mettent en oeuvre
des moyens techniques, commerciaux de grande ampleur pour conserver ou augmenter
leur part de marché. Ils raisonnent en termes de masse sans se soucier
trop du consommateur isolé avec ses spécificités. Cette
consommation de masse a permis une diminution des coûts, souvent au
profit du consommateur, mais souvent aussi au détriment de la qualité
du service rendu ou du bien vendu. Le poids économique du consommateur
individuel est devenu insignifiant.
2 -- Pourquoi les consommateurs ne sont pas toujours
les mieux armés pour faire respecter le droit de la consommation
?
Outre l'aspect économique, les consommateurs individuels ne peuvent
pas connaître toutes les réglementations. Il ne dispose pas
non plus du temps et de l'argent nécessaire à l'action en
justice d'autant plus que les litiges présentent parfois peu d'importance
financière.
3 -- Quelles
solutions individuelles ou collectives permettent de faire respecter le
droit de la consommation ?
Chaque consommateur peut agir en justice.
C'est son droit le plus fondamental. Si chaque consommateur exerçait
en fait ce droit, le droit de la consommation serait parfaitement respecté
par les professionnels.
Bien sûr, il n'en est rien. À titre individuel, les consommateurs
peuvent souscrire des contrats de l'assurance de protection juridique. L'assureur
devra alors assumer les frais de procès après avoir tenté
un accord amiable avec le professionnels. La loi impose que l'assureur de
protection juridique (ou le service de protection juridique de la compagnie
d'assurances) soit indépendant de l'assureur lui-même, de telle
façon que la protection juridique fonctionne également envers
la compagnie d'assurances.
Au titre des actions collectives, les consommateurs peuvent se regrouper
dans des associations le de consommateurs auxquelles la loi confère
le droit d'agir en justice pour défendre précisément
les intérêts collectifs des consommateurs. Il n'existe pas
en France de regroupement possible des consommateurs lésés
dans une action en justice collective. Cette action existe aux États-Unis
et certains proposent d'introduire cette possibilité en France pour
éviter que des dizaines de victimes soit obligées de prendre
leurs propres avocats pour plaider alors que le préjudice et les
moyens de droit sont identiques. Cette action de groupe se heurte pour l'instant
à l'hostilité des juristes qui y voient une entorse au principe
« nul ne plaide par procureur ».
4 -- Pourquoi
les associations de consommateurs jouent un rôle primordial pour l'efficacité
et l'évolution du droit de la consommation ?
Les associations jouent un rôle
éducatif auprès des consommateurs à travers leurs publications
et leurs actions parfois reliées par les médias.
Elles peuvent jouer un rôle préventif lorsqu'elles détectent
par le biais de leurs adhérents un risque de dommages.
Elles peuvent, par leurs interventions, influencer le législateur
afin qu'il adapte le droit aux innovations constantes des professionnels
-- en termes de produits -- en termes d'astuces commerciales.
Elles constituent un groupe de pression important que les professionnels
évite d'affronter. On peut citer, par exemple, le boycott du veau
aux hormones, etc ..
Le droit de la consommation doit-il
être étendu à toutes les situations où le rapport
de force est inversé ?
Une telle extension serait, en effet, satisfaisante pour l'équité.
On recherche dans chaque cas précis quelle partie était en
position de force ou de faiblesse. En revanche, l'insécurité
juridique serait totale si à chaque contrat, le juge où les
parties devaient faire une analyse du rapport de force ou des connaissances
de chacun.
5 -- Plus généralement, comment le
droit protège la partie la plus faible dans les contrats passés
entre professionnels ?
Nous nous situons ici au delà
de la protection des consommateurs.
Le Droit de la consommation est inapplicable aux contrats passés
entre les professionnels. C'est Le droit des contrats s'applique (dans toute
sa rigueur) aux professionnels.
Ainsi, l'abus de position dominante est réprimé.
Les juges du fond appliquent le droit des contrats en tenant compte des
circonstances et des rapports de force économiques. La loi leur confère
la possibilité de s'appuyer sur la commune intention des parties
si le contrat est ambigu. Ils peuvent analyser les vices du consentement
en tenant compte par exemple de la violence (économique) faite à
la partie la plus faible. Certaines manoeuvres peuvent être considérées
comme dolosives ( dol) et entraîner la nullité du contrat.
La jurisprudence reconnaît également qu'il existe une obligation
d'information entre professionnels dont le non-respect permet de protéger,
là aussi le contractant qui s'est engagé trop rapidement.
Enfin, on assiste également à la réaffirmation par
les juges de l'importance de la bonne foi dans les contrats ( qui résulte
de l'article 1134 du Code civil). La loyauté commerciale est donc
un concept très large dont le non-respect permet de censurer de nombreuses
conventions inéquitables.
Les professionnels les plus faibles ne sont donc pas juridiquement démunis
pour contester une convention injuste, mais comme pour les consommateurs,
on peut remarquer que sans recours à la justice, les règles
de droit, fussent-elles très favorables, ne sont que des illusions.
6 -- L'adage
« nul n'est censé ignoré la loi » s'applique également
au droit de la consommation -- quels sont les moyens qui pourraient être
mis en place pour que le droit de la consommation ne soit pas ignoré
?
Il faut d'abord préciser que cet
adage signifie que l'ignorance de la loi est possible mais qu'en aucun cas
cette ignorance exonère le citoyen du respect de la loi. On ne peut
certes imaginerune société qui conditionnerait le respect
de la loi à sa connaissance par les individus.
Depuis quelques années, le gouvernement a fait de réels efforts
pour rendre la loi accessible aux citoyens y compris dans le domaine du
droit de la consommation. Par exemple, tous les codes sont accessibles en
ligne sur le site léger France. Les consommateurs de même que
les professionnels ont donc la possibilité réelle d'avoir
accès à la connaissance des textes de loi.
Mais la connaissance de la règle de droit n'est pas suffisante pour
que celle-ci soit effective.
De même que certains automobilistes dépassent les limitations
de vitesse (et pourtant ils connaissent la règle de droit en la matière),
certains professionnels hésitent peu à déroger aux
règles du droit de la consommation par négligence ou par intérêt.
Certes un alourdissement des sanctions pourrait faire réfléchir
les professionnels sur l'obligation de respecter les lois et règlements,
mais sans l'action individuelle ou collective des consommateurs le droit
de la consommation restera en bonne partie ignoré.
Consultez également : Nécessité
et efficacité du droit de la consommation -
site : http://www.ac-grenoble.fr/ecogest/pedago/ecodroit/travelev/consodrt.htm
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