Monnaie et crédit

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I- Notion de monnaie et de liquidité

On définit traditionnellment la monnaie par les fonctions qu'elle exerce :

– La monnaie est un étalon avec des valeurs (ou unité de compte ) en ce qu'elle sert à exprimer la valeur ou le prix des marchandises.
– Elle est intermédiaire des échanges, car en s'interposant dans l'échange de marchandises, elle permet de remédier aux contraintes du troc.
– Elle est réserve de valeur car elle peut être conservée sous la forme d'un pouvoir d'achat.

Cette approche fonctionnelle de la monnaie permet une définition commode. Mais elle soulève des problèmes pratiques sur la nature même de la monnaie c'est-à-dire ce qu'elle est véritablement. Telle est la raison pour laquelle a été dressée une liste des actifs que l'on peut considérer comme étant de la monnaie : les agrégats monétaires.

A – les agrégats et contreparties

Le contenu des agrégats monétaires prête à discussion et est périodiquement remodelé notamment lorsque surgissent des innovations financières. Les agrégats monétaires sont des indicateurs statistiques de la quantité de monnaies en circulation ; ils reflètent la capacité de dépense des agents non financiers résidents. Il s'agit des moyens de paiement de ces agents, classés selon leur degré de liquidité (transformable en monnaie). Les agrégats sont au nombre de quatre : M1, M2, M3, et M4. Ils intègrent les actifs de plus en plus nombreux et de moins en moins
liquides. Ces agrégats donnent aux autorités monétaires une indication sur l'évolution des différentes liquidités de manière à adapter la politique monétaire et éviter des dérapages tels que l'inflation.

Agrégats
monétaires

 

M1
Billets, monnaie divisionnaire, dépôts à vue en euros mobilisables (définition de la monnaie au sens strict)

M2
M1 + livrets bancaires ordinaires, livrets A,B et bleus, CODEVI.,LEP., compte d'épargne logement (placements à vue qui peuvent sans risque est presque immédiatement être convertis en moyen de paiement)

M3
M2 + dépôt de devises, placements à terme non négociables (bons
d'épargne des banques, bons du trésor, etc.), titre de créances négociables émis par des établissements de crédit, SICAV …..(placements à risque qui demeurent très liquides parce que très facilement et rapidement négociables sur un marché).

M4
M3 + bons du trésor négociables, billets de trésorerie émis par les entreprises.

 

B – La monnaie sous d'autres concepts

Les agrégats de placement

Depuis 1991 on calcule en parallèle aux agrégats monétaires des indicateurs représentatifs d'autres catégories de placements
financiers détenus par des agents non financiers. Ces placements correspondent à une intention d'épargne durable. Il existe trois agrégats de placement : P1, P2, P3.
Les actifs P1 sont les plus proches des agrégats monétaires tels que les sommes placés sur plans d'épargne-logement et les actifs P3 sont les plus éloignés comme les actions.

Les produits dérivés

Les produits dérivés sont un ensemble de produits et d'instruments financiers qui se traduisent par un contrat d'achat ou de vente d'une certaine quantité d'un actif à une date future mais selon un prix fixé immédiatement. Leur avantage réside dans la possibilité de se couvrir d'une variation de prix ou de pouvoir spéculer.

Sans entrer dans le détail on peut distinguer principalement :

– Les contrats à terme qui sont des engagements de livrer ou de recevoir une certaine quantité d'actifs financiers sous-jacents (bons du trésor, obligations, devises etc…); – les options qui confèrent à leurs détenteurs le droit d'acheter ou de vendre l'actif considéré à un prix donné jusqu'à une date donnée
– Les swaps d'intérêt ou de devises qui consistent à échanger entre deux agents leurs charges de financement respectives.

Les contreparties de la masse monétaire

Les agrégats mesurent la masse monétaire en fonction d'un critère de liquidité et/ou de monétarité, mais ils ne permettent pas de rendre compte de l'origine de la création de monnaie. Or la création de monnaie, c'est la transformation de créances en moyen de paiement. On appelle donc contrepartie de la masse monétaire les créances correspondant aux agrégats.

Il existe trois grands types de créances :

– les devises étrangères ou crénces sur l’extérieur,
– les crédits à l'économie,
– Les crédits à l'Etat.

1 – Les créances sur l'extérieur

Elles mesurent « l'incidence du solde des transactions courantes de la balance des paiements et du solde des mouvements de capitaux à court et à long terme des agents non financiers sur les avoirs monétaires des résidents » : les exportateurs français payés en devises cèdent l'essentiel de ces avoirs aux banques, qui en échange créditent leur compte en euros, mettant ainsi en circulation une quantité de monnaie nationale supplémentaire. Cette contrepartie répercute l'impact du solde commercial : un déficit entraîne une demande accrue de devises par rapport à l’euro, pour payer les importations. L'opération joue alors en sens inverse.

2 – Les créances sur l'économie

Elles correspondent à l'essentiel des contreparties de la masse monétaire. Elles représentent l'ensemble des crédits accordés aux entreprises, que ce soit pour leur besoin de trésorerie ou pour financer des investissements, et l'ensemble des prêts accordés aux ménages. La banque, là encore, met en circulation de nouveaux moyens de paiement. À l'échéance des effets, la banque détruit de la monnaie en exigeant leur remboursement. En période de croissance, les opérations de création dépassent celles de destruction, et il y a donc accroissement de la masse monétaire.

3 – Les créances sur le Trésor

Elles mesurent la contrepartie sur l'État, qui peut faire appel au système bancaire pour se refinancer à court terme. Cette possibilité est interdite auprès de la Banque de France, en raison du Traité de Maastricht qui interdit le financement du déficit auprès de la Banque centrale. Mais l'État
peut placer des titres courts auprès des banques commerciales : bons du Trésor en compte courant, ou avances en comptes, comme pour une entreprise. Les banques, pour financer ces apports, peuvent puiser dans leur fonds, mais aussi créditer le compte du Trésor par un simple jeu d'écriture. L'état par ailleurs peut transformer lui-même des créances sur le Trésor en monnaie par l'intermédiaire des CCP.

8 commentaires sur “Monnaie et crédit

    1. Bonjour et merci pour cet article très complet.

      @Kahina, je pense qu’une bonne partie de la théorie reste applicable à ce jour au vu de la situation économique que nous traversons.

  1. l economie actuelle est basée sur des theories monétaires kynesiennes, de la macro appliquée, dans les études marco eco on s’appuit tjrs sur les théories de fisher et wicksell et pigou , kynes,  » les péres fondateurs « 

  2. et pour toi kahina ; c normale que ces theories sont appliquées aujourd hui , ce sont des principes economiques de base -exp : m . v = p . t  » equation de la theorie qunatitative de la monnaie  » restera tjrs valable qlq que soit x ,c est une certitude economique koi lol

  3. c’est la présentation la plus succincte directe et nette possible que l’on est développée.
    Merci de vouloir m’envoyer une copie si possible.

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