Les modalités du développement stratégique

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B – Les stratégies d’intégration

1 — Techniques d’intégration de type patrimonial
  1. On distingue quatre catégories : .
  2.  la fusion.
  3. la fusion-absorption.
  4.  la scission.
  5. l’apport partiel d’actif.

— La fusion est une opération juridique consistant à regrouper plusieurs sociétés ou entreprises en une seule. Par exemple, si deux sociétés, une société A est une société B,  fusionnent, l’opération aboutira à une dissolution de ces deux sociétés. Leurs patrimoines seront réunis en un seul.  Une nouvelle société sera créée issue de la fusion des deux précédentes et dont l’actif se composera de l’actif de la société A et de l’actif de la société B et dont le passif se composera du passif de la société A et du passif de la société B.

— La fusion-absorption se caractérise par l’absorption d’une société par une autre. La société absorbante verra son patrimoine gonflé par celui de la société absorbée. La société absorbée disparaît mais il n’y a pas, comme dans le cas précédent, de création d’une personne morale nouvelle. La société absorbante devra augmenter son capital et distribuer de nouveaux titres aux associés de la société absorbée.

— La scission : — il s’agit de l’éclatement d’une société en plusieurs entités distinctes. Par exemple, si une société A fait l’objet d’une opération de scission, elle pourrait éclater en 2,3,4, etc. sociétés plus petites. Juridiquement, la société A disparaît par dissolution. La scission se caractérise donc par un éclatement des patrimoines.

— L’apport partiel d’actif : — dans ce cas, une société opère un apport en société au profit d’une autre société. Par exemple, si la société A réalise un apport partiel d’actif au profit de la société B., cette dernière remettra à la société A des titres en contrepartie de cet apport.
Dans tous les cas, les sociétés sont obligées d’accomplir un certain nombre de formalités juridique et financière : — dépôt au greffe du tribunal de commerce, rédaction d’un projet, publicité légale, évaluation des opérations sur le plan financier, paiement de droit d’enregistrement sur le plan fiscal, etc..


2 -Techniques d’intégration de type financier.

On distingue ici la prise de participation et  la prise de contrôle

  • La prise de participation se caractérise par le fait qu’une société se rend propriétaire d’une fraction des titres d’une autre société. D’après la loi de 1966 (article 355) on parle de prise de participation lorsque le pourcentage détenu se situe entre 10 et 50 % du capital d’une société par une autre (au-delà, il s’agit d’une prise de contrôle).
  • La prise de contrôle se caractérise par la détention d’un pourcentage supérieur à 50 %. Par exemple, si une société A détient plus de 50 % d’une société B, celle-ci devient filiale de la société A au sens de la loi de 1966 (article 354). Toutefois, on peut parfois parler de prise de contrôle même lorsque la participation est inférieure à 50 %. Ces techniques sont souvent utilisées pour l’acquisition d’entreprises dans le cadre d’une OPA.
    L’OPA est une technique par laquelle une société propose aux associés d’une société « convoitée » de leur acheter leurs titres à un prix supérieur au cours de la bourse pendant une période limitée en vue d’en effectuer la prise de contrôle. Une OPA peut être amicale ou inamicale – amicale s’il s’agit de sauver une entreprises en difficulté et inamicale s’il s’agit de prendre le contrôle d’un concurrent dangereux.

IV- L’internationalisation de l’entreprise

L’internationalisation d’une entreprise s’appréhende comme l’intrusion d’une firme sur des territoires géographiquement, culturellement, économiquement et juridiquement différents de ceux de son marché national dont ils sont séparés par des frontières multiformes (tarifaires, sanitaires, fiscales, réglementaires).

 

Lire aussi  Les parties prenantes de l'entreprise - La gouvernance

 

 

Les raisons de l’internationalisation sont très anciennes :

Au 19 e siècle : Influence politique (émergence des états nationaux et suppression des barrières douanières internes).
Influence technique (développement du chemin de fer; les marchés sont devenus nationaux).

A la Fin du 19 e siècle  – évolution fondamentale :
Alors qu’auparavant les transactions portaient sur des produits finis et étaient l’apanage des commerçants, désormais, à la fin du 19e siècle se sont les firmes industrielles qui vont chercher, pour elles-mêmes et nos plus par négociants interposés :
– des approvisionnements en matière première
– des débouchés pour leurs produits finis.

Les FMN naissent désormais dans les domaines énergétiques (pétrole), miniers et agroalimentaires (Unilever, Nestlé).

 

A – Les facteurs de l’internationalisation

— Les Facteurs Techniques :

• Baisse des coûts de transports
• Baisse du temps de transport
• Hausse des capacités de production
• Importance du savoir-faire technologique inégalement reparti

— Facteurs économiques :

• Niveau des salaires
• Saturation de la demande dans les Pays Industrialisés
• Inégales dotations en facteurs des pays ( Voir cours Economie générale sur les théories de Smith et Ricardo)
• Uniformisation partielle des modes de consommations

— Facteurs politiques :

• Création des ZLE (Zones de libre échange)
• Idéologie dominante du libre échange
• Diminution des obstacles non tarifaires
Sous l’influence de ces facteurs, l’internationalisation va prendre de nouvelles formes. Les FMN apparaissent avec l’implantation de filiales de production et non plus seulement de distribution.
L’entreprise devient une nébuleuse synergique de concepteurs, de fabricants et de distributeurs. Le concept de l’entreprise en réseau est né.
Dans ce contexte, une vision mondiale confère aux firmes des avantages déterminants. De nouveaux marchés peuvent ainsi se substituer à des marchés arrivés à maturation dans leur pays d’origine (En raison du cycle de vie international qui caractérise de nombreux produits).

– Coûts avantageux en matière :

• Salariale (main d’œuvre souvent moins onéreuse)
• Sociale (dispense des régimes de production sociale)
• Fiscale (existence de paradis fiscaux)
• Possibilité de contourner les obstacles douaniers (Ex : Implantation d’entreprises japonaises en Europe)
• Possibilité d’accéder à des sources de financement sur le marché international des capitaux.
• Possibilités de contrôle des réseaux de distribution

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