L’analyse keynésienne est à la base des politiques de relance

... suite

 

II – Les limites au modèle Keynésien

Le modèle keynésien peut en effet être critiqué (d’ailleurs Keynes était conscient des limites de son propre modèle).

Le modèle keynésien repose en effet sur des hypothèses assez contraignantes et parfois incompatibles entre elles.

D’une manière générale, on peut résumer les limites au modèle keynésien de la manière suivante :

  • Tout d’abord la théorie keynésienne raisonne en économie fermée. À l’heure actuelle, l’internationalisation croissante des économies constitue une sérieuse limite au modèle keynésien de relance. On peut toutefois la concevoir à une échelle internationale (européenne par exemple). Lorsqu’une relance est pratiquée à un niveau national, une injection de revenus risque entraîner un surcroît d’importations..   C’est la raison pour laquelle la relance de 1981 a échoué.
  • Ensuite, il n’est pas si aisé d’agir sur le niveau de consommation globale car la consommation dépend de facteurs économiques et psychosociologiques qui ne sont pas toujours facilement identifiables ni maîtrisables. Même des taux d’intérêt à 0 % n’inciteront pas un couple de chômeurs à s’endetter pour acheter un logement. Par ailleurs, si le revenu augmente, la propension à épargner augmente également — en d’autres termes plus le revenu est important plus la consommation est importante mais plus l’épargne augmente également. Tant et si bien qu’un excès d’épargne pourra à nouveau déséquilibrer la machine économique. Le modèle keynésien ne raisonne donc qu’à court terme. C’est un reproche qui lui était d’ailleurs fréquemment adressé et auquel il répondait en disant « à long terme, nous serons tous morts ». De plus, on sait qu’un simple ralentissement de la hausse de la demande risque d’entraîner un arrêt brutal des investissements.
  • Le paradoxe consommation -épargne constitue également une limite au keynésianisme :   Les entrepreneurs n’investissent que si le coût du capital est faible donc si les taux d’intérêts sont faibles car la rentabilité du capital doit être supérieure au taux d’intérêt. Dans le cas contraire les entrepreneurs n’investissent pas. Or, les taux d’intérêt faible supposent une épargne abondante — et une épargne abondante est incompatible avec une forte consommation ! ! Plus que jamais, nous constatons que l’économie c’est aussi « l’art de tourner en rond ». L’équilibre entre la consommation et l’épargne est très difficile à trouver.
  • Enfin il est impossible ou tout au moins très difficile de prévoir certains facteurs qui peuvent influencer la production donc le niveau de revenus, donc la consommation : — les fusions d’entreprise, une inflation étrangère, de catastrophes naturelles, les comportements d’anticipation, les mouvements sociaux etc….
Lire aussi  Image, projet et culture d'entreprise

2 commentaires sur “L’analyse keynésienne est à la base des politiques de relance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *