L’amelioration du niveau de vie – notion de développement économique

 

Objectifs :

  • Comprendre les instruments de mesure traditionnels de l'économie
  • Comprendre la notion de développement économique et de développement humain – Apprécier la situation d'un pays en terme de développement et de niveau de vie.

 

CHARGES PRODUITS
Achat de marchandises 180 000 Ventes 500000
Travaux d'entretien 10000    
Publicité 10000    
Transports 40000    
Impôts, taxes et versements assimilés 50000    
Rémunération du personnel 80000    
Charges de sécurité sociale 50000    
Charges d'intérêts 20000    
Dotations aux amortissements 30000    
Total des charges 470000 Total des produits 500000
Solde créditeur : Bénéfice 30000    
Total général 500000 Total général 500000

La valeur ajoutée de cette entreprise est égale à 500000 – (180000 + 10000 + 10000 + 40000) = 260000

En effet, dans cet exemple, seules les charges suivantes sont considérées comme étant des consommations intermédiaires à déduire de la valeur de la production ( 500000 )pour calculer la valeur ajoutée: — Les achats de marchandises — les frais de transports — la publicité — les frais d'entretien.

La valeur ajoutée d'une entreprise se compose donc des éléments suivants :

 

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Au regard de la composition de la valeur ajoutée, on peut donc dire que celle ci se répartit principalement entre les salariés, l'état, et les apporteurs de capitaux. Remarquez que chacune des composantes de la valeur ajoutée représente un revenu pour une catégorie d'agent économique.
La logique Production – Revenu- Dépense qui correspond aux "3 temps de la valse économique" (selon l'expression consacrée) se vérifie donc également dans le mécanisme de répartition de la valeur ajoutée.

Au niveau macro-économique la Valeur ajoutée se répartit de la manière suivante entre les différents secteurs d'activités :

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II : …..est la base de calcul des indicateurs économiques fondamentaux

 

Entre le bois et le violon, il y a la valeur ajoutée

 

 

La valeur ajoutée est en effet à la base du calcul des indicateurs économiques fondamentaux.

Le calcul du Produit Intérieur Brut implique la distinction entre production marchande et production non marchande ainsi que la comptabilisation de l'activité productive à partir du concept de valeur ajoutée.

La plupart des biens et services peuvent se vendre. La production de ces biens et services est dite marchande lorsque leur prix couvre au moins leurs coûts de production. Par convention tous les biens sont considérés comme marchands. En revanche, certains services sont gratuits ou sont échangés contre une contribution inférieure à leurs coûts de production. Leur production est considérée comme non marchande. De ce point de vue, alors que tous les biens sont marchands, les services peuvent être soit marchands (publicité), soit non marchands (police), soit parfois marchands, parfois non marchands (enseignement, santé).

La production non marchande des administrations publiques et des administrations privées est mesurée forfaitairement par les coûts de ces services (rémunération des salariés, etc….). On dit que le PIB non marchand s'évalue au coût des facteurs. La production marchande quant à elle, est évaluée au prix du marché.

La mesure de la production ne peut être effectuée que par la comptabilisation de la somme des valeurs ajoutées. En effet, si l'on effectuait la somme des chiffres d'affaires par exemple, on comptabiliserait plusieurs fois les mêmes éléments (consommations intermédiaires) lorsque ceux-ci sont utilisés par plusieurs entreprises au cours du cycle de production et de distribution. C'est la raison pour laquelle la valeur ajoutée est une notion fondamentale — on dit que c'est une grandeur additive ou agrégeable.

 

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    Nous voyons qu’au troisième trimestre 2016, le PIB en volume aux  prix de l'année précédente chaînés s'élève à 530 297 millions d'euros.
    En cumul sur douze mois, son montant atteint 2 115 milliards d'euros.

    NB : L’analyse des volumes aux prix de l’année précédente chaînés offre l’avantage de prendre en compte la déformation des prix relatifs, ce qui est particulièrement souhaitable lorsque les prix de certains produits évoluent de façon très différente entre eux.

     

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    C'est la Valeur ajoutée qui est à la base du calcul des indicateurs économiques fondamentaux tels que le PIB ou le PNB d'un pays – La compréhension de la notion de Valeur ajoutée est donc essentielle.

     

     

     

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  • I : La notion de Valeur Ajoutée

     

    VA = Production – Consommations intermédiaires

    ou

    VA = Valeur des biens et services produits – Valeur des biens que l'entreprise se procure auprès d'autres entreprises pour produire ou vendre.

    Consommations intermédiaires: Ex : Matières premieres, electricité, assurances, fournitures diverses, produits semi-finis, publicité, transports, etc……

    La valeur ajoutée d'une entreprise correspond finalement à la "richesse" qu'elle produit.

    Approximativement (voir plus loin ) Le PIB correspond à la somme de toutes les valeurs ajoutées réalisées par les entreprises résidentes.On comprend donc que le PIB est l'un des indicateurs économiques les plus importants dans la mesure ou il reflète l'activité productive d'un pays au travers des richesses produites par ses entreprises.

    Prenons un exemple simple :

    Exemple : Compte de résultat de la société X :

  • Ainsi, le produit intérieur brut se calcule à partir de la somme des valeurs ajoutées réalisées par les entreprises. Le PIB mesure la somme des valeurs ajoutées des unités résidentes :
    PIB = Somme des valeurs ajoutées + TVA + droits de douane
  • Comme toute production génère des revenus, on passe naturellement du PIB au PNB. Le PIB est approximativement égal au PNB. Il faut toutefois ajouter au PIB les revenus en provenance de l'extérieur (transferts reçus) et retrancher les revenus versés à l'étranger (transferts versés).
    PNB = PIB + revenus des salariés et revenus de la propriété des entreprises reçues de l'extérieur – revenu versés à l'étranger.
Lire aussi  Le diagnostic interne - les ressources de l'entreprise

La notion de Revenu National se distingue à peine de celle de PNB. L'expression s'utilise en principe lorsque l'on raisonne dans le cadre d'un circuit simplifié. Toutefois, on appelle Revenu National (RN) la somme des revenus de l'activité et des revenus de la propriété.

Soit : RN = Revenus de l'activité + Revenus de la propriété

Les revenus de l'activité sont constitués de la rémunération du travail salarié ( salaires + Charges sociales) et de la rémunération du travail non salarié. Les renenus de la propriété sont constitués des revenus de l'entreprise ( bénéfices mis en réserve, loyers perçus, dividendes versés aux actionnaires).

Comme indiqué dans le schéma ci dessous, le PNB se répartit en CN (consommation nationale) et EN (epargne nationale)

L'Epargne Nationale se "transforme" en FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) au moyen du processus de tranformation de l'épargne par les institutions financières en crédits à l'économie.

La FBCF est constituée des investissements nets et des amortissements c'est à dire de la somme des achats d'expansion (achat de materiels et équipements nouveaux) et des achats de remplacements (amortissements).

 

On a donc: FBCF = Investissements nets + amortissements. ou FBCF = Epargne nationale + Capitaux reçus – Capitaux versés CN + FBCF = DIB DIB + X – M = PIB. La DIB correspond à la demande intérieure brute . La logique Production – Revenu – Dépense s'observe une fois de plus.

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III : La fiabilité des indicateurs

Extrait de l'ouvrage de JM Albertini: "Des sous et des hommes".

" La comptabilité nationale chiffre de manière cohérente les données quantitatives qui caractérisent une économie. En fait, elle ne prend en compte, pour évaluer ce qui est produit, certains diraient les richesses créées, que ce qui est évaluable en monnaie. La production ayant peut-être été inventée d'abord pour se procurer de l'argent, cela peut paraître logique. Les résultats d'une telle démarche sont parfois amusants : un homme peut faire baisser le PNB (évaluation approximative des résultats des efforts productifs nationaux, autrement dit, le produit national brut) en épousant….. sa bonne.

À partir du moment où celle-ci deviendra sa femme, son travail, sortant de l'ordre monétaire, sera difficilement évaluable, et donc négligé. Afin de ne pas paraître sexiste, on peut aussi donner l'exemple de la femme qui épouse son chauffeur ou son psychanalyste. Pour augmenter sensiblement le PNB de certains pays africains, il suffirait, par un procédé ou un autre, d'intégrer les fêtes traditionnelles dans l'ordre de l'économie marchande……….. Mais revenons en France : supposons une rivière ou les poissons abondent, avec autour de nombreux bosquets verdoyants. Le dimanche, elle fait la joie des pêcheurs et les délices des amoureux qui librement s'ébattent dans les bosquets. Une usine chimique s'installe. Elle rejette le maximum de fumée dans l'air, et le maximum de produits toxiques dans l'eau. Les poissons meurent, les arbres perdent leurs feuilles. Le résultat est en apparence pitoyable.

Les pêcheurs ne peuvent plus se détendre, ils deviennent nerveux, consultent des médecins qui leur ordonnent des tranquillisants ; les amoureux doivent se payer des chambres d'hôtel, parfois fort onéreuses. Pour le PNB, ces conséquences induites sont entièrement positives. Il en sera, en effet, non seulement accru de la valeur ajoutée des usines chimiques, mais aussi à celle des usines pharmaceutiques, des hôtels et des médecins auxquels les pêcheurs et les amoureux ont dû recourir. En additionnant les effets positifs et négatifs, sans faire de sommes algébriques, on confond sans vergogne le pompier, l'incendie et l'incendiaire.

En réalité, pas plus que le travail ou la production, le PNB n'est en rapport avec le Bonheur National Brut. Le PNB sert d'abord et principalement à mesurer ce qui est évaluable en monnaie………. »

la lecture de cet extrait nous montre bien les limites des indicateurs économiques. En fait les indicateurs économiques tels que le PIB ou le PNB ne permettent de mesurer que ce qu'il est évaluable en monnaie. Donc, toute une partie de l'économie ne peut être prise en compte par les indicateurs :

Lire aussi  Les régimes juridiques du travail - principes - Travail indépendant ou subordonné

Tout d'abord, le PIB ou le PNB sont des indicateurs quantitatifs — et ne prennent absolument pas en compte les notions de qualité de vie ou de bien-être.

De plus, ces indicateurs n'intègrent absolument pas les aspects négatifs de la croissance. Les phénomènes de pollution, de gaspillage sont en fait totalement positifs pour le PNB. Il en va de même pour l'augmentation de la consommation de tabac ou d'alcool par exemple. Curieusement, le PNB considère tout cela comme des richesses ! !

Par ailleurs, la croissance se caractérise par l'apparition chronique de déséquilibres économiques tels que le chômage, la baisse de la consommation et des investissements. Les déséquilibres sociaux ne sont, bien entendu pas pris en compte dans les indicateurs économiques.

L'économie souterraine est également ignorée des indicateurs. Comment le PIB pourrait-il comptabiliser les échanges non monétaires tels que le troc par exemple ou les productions domestiques (arbres fruitiers, légumes, bricolage etc….).

 Les indicateurs économiques ne sont donc intéressants que pour mesurer les richesses générées par les transactions monétaires. Mais, nous retiendrons qu'ils sont insuffisants pour évaluer les richesses globales de l'économie d'un pays.

 

IV : L'indice de développement humain ( IDH)

Le PNUD (Projet des Nations Unies pour le Développement) définit ainsi l'IDH : "L'indicateur de développement humain mesure le niveau moyen auquel se trouve un pays donné selon trois critères essentiels du développement humain : longévité, instruction et conditions de vie." L'IDH est calculé par combinaison de trois autres indicateurs :

  • l'espérance de vie à la naissance,
  • l'accès à l'éducation, L'accès à l'éducation est mesuré par le taux d'alphabétisation des adultes et par le taux combiné de scolarisation dans le primaire, le secondaire et le supérieur.
  • le PIB par habitant.  L'ONU calcule l'IDH avec un délai d'environ deux ans pour 177 pays.
    Au classement communiqué en 2005 avec les données de 2003, la France arrive en 16ème position avec 0,938, juste derrière le Royaume-Uni et devant l'Italie et l'Allemagne. Le trio de tête est constitué de la Norvège (0,963) de l'Islande et de l'Australie. Les Etats-Unis (0,944) et le Japon (0,943) sont respectivement 10ème et 11ème.
    Les pays au plus faible indice se trouvent en Afrique noire (Tchad, Mali, Burkina Faso, Sierra Leone, Niger) avec un indice aux alentours de 0,3.

 

V – L'indice de pauvreté

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) utilise également des indicateurs qui mesurent l'impact de la pauvreté sur la population, et qui servent à calculer des indicateurs composites de pauvreté des revenus et des humains IPH-1 et IPH-2 (indice de pauvreté humaine).

l'IPH-1, plutôt adapté au classement des pays pauvres ainsi que des pays en développements, est calculé à partir des indicateurs suivants :

> indicateur de longévité (P1); > indicateur d'instruction (P2); > indicateur de conditions de vie (P3);

l'IPH-2, plutôt adapté au classement des pays riches est calculé à partir des indicateurs suivants indicateur de longévité (P1); > indicateur d'instruction (P2); > indicateur de conditions de vie (P3); > indicateur d'exclusion (P4).

 VI : Notion de seuil de pauvreté 

Le seuil de pauvreté est la limite de revenu au-dessous duquel une personne ou une famille est considéré comme pauvre. Le calcul du seuil de pauvreté détermine le nombre de personnes pauvres au sein d'un pays : il permet de mettre en œuvre des outils de lutte contre la pauvreté, comme le calcul des minima sociaux, des allocations, des réformes sociales…

En France métropolitaine, un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 840 euros ou 1 000 euros après impôts et prestations sociales (Insee, données 2014), selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie median)

Depuis 2009, le seuil de pauvreté a diminué du fait de la baisse du niveau de vie médian . Le seuil à 60 % a perdu 12 euros depuis 2009 ; le seuil à 50 %, 11 euros.

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