BTS tertiaires - Cours de Droit, Économie et Management - Culture Économique, Juridique et Managériale

La mesure des échanges extérieurs


L’élaboration de la balance des paiements remonte, en France, à la fin de la seconde guerre  mondiale. Il s’agit d’un  document statistique présentant, pour une période donnée, l’ensemble des paiements intervenus entre un état et l’étrange.


La balance des paiements s’articule principalement autour de trois axes : les transactions courantes (Solde des Opérations Courantes se composant du solde de la Balance Commerciale et de la Balance des Invisibles). La Balance des Capitaux. La variation de la position monétaire extérieure.

I — Principes fondamentaux de la mesure des échanges extérieurs

 

La balance des paiements s’articule principalement autour de  trois axes :

  1.  les transactions courantes (Solde des Opérations Courantes se composant du solde de la Balance Commerciale et de la Balance des Invisibles).
  2. La Balance des Capitaux.
  3. La variation de la position monétaire extérieure.

A — les soldes de la balance extérieure et leur interprétation

 1 – les différents soldes

Les échanges avec l’extérieur portent soit sur des biens, soit sur des services, soit sur des capitaux.

  • Les échanges de biens sont comptabilisés dans la balance commerciale. Celle-ci comptabilisera donc les exportations et importations de marchandises. Conventionnellement, la valeur des exportations est exprimée FAB (Franco a bord) c’est-à-dire coût départ usine + coût transport au poste-frontière — la valeur des importations est exprimée CAF c’est-à-dire coût de la marchandise+ coût transport et assurances jusqu’à la frontière.
balcom  
  • Les échanges de services sont comptabilisés dans la balance des invisibles — il s’agit par exemple des échanges liés au tourisme, aux assurances, etc…. Sont également comptabilisés dans la balance des invisibles les transferts reçus et versés c’est-à-dire les revenus versés par les travailleurs étrangers dans leur pays, les revenus reçus des travailleurs français à l’étranger, ainsi que les aides versées aux pays en voie de développement.

   On voit que la balance des paiements courants (encore appelé Solde des Opérations Courantes ou solde des transactions courantes) regroupe le solde de la Balance Commerciale et de la Balance des Invisibles.

La Balance des Paiements, quant à elle, regroupe la Balance des Paiements Courants (ou Solde des Opérations Courantes) et la Balance des mouvements de capitaux. Bien entendu, chacune de ces balances peut-être déficitaire, équilibrée ou excédentaire.

 2 – Interprétation des soldes
  • L’analyse de la Balance Commerciale permet de faire ressortir la compétitivité d’un pays surtout sous l’angle de sa compétitivité industrielle.
  • L’analyse de la Balance des Invisibles permet de mesurer le poids des services dans la compétitivité globale d’un pays.
  • La Balance des Paiements courants (qui se compose du solde de la Balance Commerciale et du solde de la Balance des Invisibles) nous donne le S.O.C ( solde des opérations courantes) et permet de faire ressortir l’équilibre (ou le déséquilibre) économique d’un pays.
  • La Balance des Capitaux permet de mesurer l’équilibre entre les fuites de capitaux à l’étranger et les rentrées de capitaux étrangers sur le sol national.
  • La Balance des Paiements globale permet, au final de faire ressortir l’équilibre financier (c’est-à-dire l’équilibre entre les créances et les dettes) d’un pays. Si le solde est négatif on dit que la position monétaire du pays est déficitaire — si, au contraire, ce solde est positif on dit que la position monétaire du pays est excédentaire.
3 – Ratios essentiels :
  • M = importations        X = exportations
  •  Taux de couverture : X/M x 100 . Le taux de couverture permet d’apprécier l’ équilibre extérieur d’un pays
  • Coefficient d ‘elasticité des importations par rapport à la production : Variation des M  / Variation du PNB . Ce coefficient permet d’apprécier le degré de dépendance à l’égard de l’extérieur
  • Coefficient de partage du marché intérieur : M  / Consommation intérieure

B – La méthodologie de l’élaboration de la Balance des paiements

 La balance des paiements obéit au principe comptable bien connu de la partie double ( par contre, et contrairement aux principes classiques, les crédits sont inscrits à gauche et les débits à droite). Cela signifie que chaque opération est enregistrée deux fois d’abord en tant que transaction et ensuite en tant que règlement. Par exemple, les exportations sont enregistrées dans la balance commerciale en première écriture et en augmentation des avoirs en devises des résidents en deuxième écriture. Les écritures ne peuvent être effectuées simultanément car elles sont de sources différentes — un règlement est toujours de source bancaire tandis qu’une transaction est de sources douanière.

 Dans la balance des paiements chaque transaction s’analyse en une opération autonome et induite. Les comptes autonomes correspondent aux comptes des résidents et les comptes induits correspondent à la trésorerie en devises du pays.

  • Sur les comptes autonomes chaque opération correspondra à une recette ou une dépense.

    S’il s’agit d’une recette elle s’inscrira dans la balance des paiements au crédit tandis que s’il s’agit d’une dépense elle s’inscrira dans la balance des paiements au débit Sur les comptes induits la même opération correspondra, pour la trésorerie en devises du pays à une augmentation ou une diminution
  • s’il s’agit d’une augmentation la même opération sera inscrite au débit et s’il s’agit d’une diminution elle s’inscrira au crédit. Pour comptabiliser l’ensemble des opérations rattachées à l’économie française la balance des paiements utilise la distinction entre résidents et non résidents. On considère comme unités résidentes toutes les entreprises qui exercent leurs activités en France ainsi que toutes les personnes physiques de nationalité française demeurant en France ou à l’étranger depuis moins de deux ans. Les étrangers qui résident France depuis plus de deux ans sont également considérés comme résidents. Tous les agents ne répondant pas à cette définition sont considérés comme non résidents.

 Explication :

Une transaction  s’analyse  en une opération  autonome et induite et entraîne.pour chaque résident (comptes autonomes) une recette ou une dépense et correspond pour la trésorerie en devises du pays ( comptes induits) à une augmentation ou une diminution.

Lorsqu’une opération est portée au crédit d’un compte autonome , l’équivalent se retrouvera au débit d’un compte induit et vice-versa . Par exemple, supposons une opération consistant pour une entreprise française à importer des marchandises pour 100 000 Euros. Cette opération figurera au débit sur les comptes autonomes et au crédit sur les comptes induits — débit sur les comptes autonomes car il s’agit d’une dépense pour l’unité résidente et crédit sur les comptes induits car il s’agit d’une diminution pour la trésorerie en devises du pays.

II – Les échanges extérieurs français

Au troisième trimestre 2016, les exportations se redressent légèrement (+0,6 %), en raison notamment de la bonne tenue des livraisons aéronautiques. Les ventes de chimie, de machines et d’automobile progressent également, en lien avec le regain d’activité en Europe.
En revanche, les exportations de céréales s’effondrent du fait d’une mauvaise récolte et celles de bateaux subissent le contrecoup des livraisons exceptionnelles en mai.

La croissance des importations est relativement robuste (+2,4 %). Elle est soutenue par la reprise des activités de raffinage (achats d’hydrocarbures), les acquisitions de matériel de transport (véhicules et aéronautique) et le raffermissement de la consommation des ménages français (pharmacie, bijoux, téléphone).

En définitive, le creusement du déficit commercial de 2,3 milliards (soit -13,1 milliards au troisième trimestre) s’explique autant par l’alourdissement de la facture énergétique que par la dégradation du solde manufacturier. Le solde agricole qui passe dans le rouge participe à cette détérioration.

 

comextfr

Globalement, les points forts des échanges extérieurs de la France sont :

  • Le secteur agro-alimentaire qui a été constamment excédentaire — la France est en effet au deuxième rang mondial pour les exportations de produits agricoles derrière les États-Unis
  • l’industrie automobile est également un des points forts du commerce extérieur français.
  • Il en va de même pour les biens d’équipement .
  • L’industrie civile connaît également un excédent
Par ailleurs, Les NPI sont d’assez bons clients Au cours des dix dernières années, la part des importations en provenance des Nouveaux pays industrialisés d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hongkong, mais aussi Thaïlande, Malaisie et Chine) a sensiblement progressé.
Mais les exportations à destination de ces ” économies dynamiques d’Asie “, comme les appellent les économistes, ont davantage progressé que les importations.

Le déficit à l’égard de la Chine n’est qu’apparent, puisque plus que compensé par un excédent à l’égard de Hongkong, qui joue en fait le rôle de porte d’entrée officieuse sur le marché chinois. Bonne adaptabilité On relève le dynamisme important des échanges, reflétant la capacité des entreprises françaises à s’adapter aux marchés internationaux, notamment grâce à son offre diversifiée (agro-alimentaire, transport, télécom, espace, armement, …).

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Les points faibles des échanges extérieurs de la France sont globalement les suivants ( source le figaro.fr) :

–  Un mauvais positionnement géographique et des produits

Les exportations françaises souffrent à la fois d’une trop grande concentration sur certains secteurs et de destinations géographiques insuffisamment porteuses en terme de croissance. Les ventes de nos entreprises sont principalement orientées vers l’Europe.
Même si les choses ont tendance à se rééquilibrer légèrement depuis quelques années, plus de 58 % des exportations tricolores prennent la direction de l’Union européenne. A l’inverse, les entreprises hexagonales ne sont pas suffisamment présentes sur les marchés qui se développent rapidement, Amérique latine, Asie du Sud-Est…

–  Des entreprises qui ont du mal à grandir

C’est le gros problème de la France: les entreprises ont du mal à grandir. Or exporter demande une taille critique, notamment les premières années qui restent risquées, et les PME françaises sont trop peu nombreuses à prendre le risque de supporter de potentielles pertes financières

– Une compétitivité dégradée

C’est un sujet auquel le gouvernement actuel s’est finalement attaqué, après que la gauche a nié pendant longtemps qu’il existait: la compétitivité-coût des entreprises. D’où son annonce de vouloir baisser les charges, via le pacte de responsabilité proposé en début d’année par François Hollande, pour leur donner un peu d’oxygène. Il y a du chemin à faire si la France veut rattraper son retard.

 

 

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