La mesure des échanges extérieurs

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B – La méthodologie de l’élaboration de la Balance des paiements

 La balance des paiements obéit au principe comptable bien connu de la partie double ( par contre, et contrairement aux principes classiques, les crédits sont inscrits à gauche et les débits à droite). Cela signifie que chaque opération est enregistrée deux fois d’abord en tant que transaction et ensuite en tant que règlement. Par exemple, les exportations sont enregistrées dans la balance commerciale en première écriture et en augmentation des avoirs en devises des résidents en deuxième écriture. Les écritures ne peuvent être effectuées simultanément car elles sont de sources différentes — un règlement est toujours de source bancaire tandis qu’une transaction est de sources douanière.

 Dans la balance des paiements chaque transaction s’analyse en une opération autonome et induite. Les comptes autonomes correspondent aux comptes des résidents et les comptes induits correspondent à la trésorerie en devises du pays.

  • Sur les comptes autonomes chaque opération correspondra à une recette ou une dépense.

     

    S’il s’agit d’une recette elle s’inscrira dans la balance des paiements au crédit tandis que s’il s’agit d’une dépense elle s’inscrira dans la balance des paiements au débit
    Sur les comptes induits la même opération correspondra, pour la trésorerie en devises du pays à une augmentation ou une diminution

  • s’il s’agit d’une augmentation la même opération sera inscrite au débit et s’il s’agit d’une diminution elle s’inscrira au crédit. Pour comptabiliser l’ensemble des opérations rattachées à l’économie française la balance des paiements utilise la distinction entre résidents et non résidents. On considère comme unités résidentes toutes les entreprises qui exercent leurs activités en France ainsi que toutes les personnes physiques de nationalité française demeurant en France ou à l’étranger depuis moins de deux ans. Les étrangers qui résident France depuis plus de deux ans sont également considérés comme résidents. Tous les agents ne répondant pas à cette définition sont considérés comme non résidents.

 Explication :

Une transaction  s’analyse  en une opération  autonome et induite et entraîne.pour chaque résident (comptes autonomes) une recette ou une dépense et correspond pour la trésorerie en devises du pays ( comptes induits) à une augmentation ou une diminution.

Lorsqu’une opération est portée au crédit d’un compte autonome , l’équivalent se retrouvera au débit d’un compte induit et vice-versa . Par exemple, supposons une opération consistant pour une entreprise française à importer des marchandises pour 100 000 Euros. Cette opération figurera au débit sur les comptes autonomes et au crédit sur les comptes induits — débit sur les comptes autonomes car il s’agit d’une dépense pour l’unité résidente et crédit sur les comptes induits car il s’agit d’une diminution pour la trésorerie en devises du pays.

II – Les échanges extérieurs français

Au troisième trimestre 2016, les exportations se redressent légèrement (+0,6 %), en raison notamment de la bonne tenue des livraisons aéronautiques.

Les ventes de chimie, de machines et d’automobile progressent également, en lien avec le regain d’activité en Europe.
En revanche, les exportations de céréales s’effondrent du fait d’une mauvaise récolte et celles de bateaux subissent le contrecoup des livraisons exceptionnelles en mai.

La croissance des importations est relativement robuste (+2,4 %). Elle est soutenue par la reprise des activités de raffinage (achats d’hydrocarbures), les acquisitions de matériel de transport (véhicules et aéronautique) et le raffermissement de la consommation des ménages français (pharmacie, bijoux, téléphone).

En définitive, le creusement du déficit commercial de 2,3 milliards (soit -13,1 milliards au troisième trimestre) s’explique autant par l’alourdissement de la facture énergétique que par la dégradation du solde manufacturier. Le solde agricole qui passe dans le rouge participe à cette détérioration.

 

Lire aussi  La répartition des richesses au niveau mondial - La politique de cohésion européenne

comextfr

 

Globalement, les points forts des échanges extérieurs de la France sont :

  • Le secteur agro-alimentaire qui a été constamment excédentaire — la France est en effet au deuxième rang mondial pour les exportations de produits agricoles derrière les États-Unis
  • l’industrie automobile est également un des points forts du commerce extérieur français.
  • Il en va de même pour les biens d’équipement .
  • L’industrie civile connaît également un excédent
Par ailleurs, Les NPI sont d’assez bons clients
Au cours des dix dernières années, la part des importations en provenance des Nouveaux pays industrialisés d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hongkong, mais aussi Thaïlande, Malaisie et Chine) a sensiblement progressé.
Mais les exportations à destination de ces  » économies dynamiques d’Asie « , comme les appellent les économistes, ont davantage progressé que les importations.

 

Le déficit à l’égard de la Chine n’est qu’apparent, puisque plus que compensé par un excédent à l’égard de Hongkong, qui joue en fait le rôle de porte d’entrée officieuse sur le marché chinois.
Bonne adaptabilité
On relève le dynamisme important des échanges, reflétant la capacité des entreprises françaises à s’adapter aux marchés internationaux, notamment grâce à son offre diversifiée (agro-alimentaire, transport, télécom, espace, armement, …).

 

Les points faibles des échanges extérieurs de la France sont globalement les suivants ( source le figaro.fr) :

–  Un mauvais positionnement géographique et des produits

Les exportations françaises souffrent à la fois d’une trop grande concentration sur certains secteurs et de destinations géographiques insuffisamment porteuses en terme de croissance. Les ventes de nos entreprises sont principalement orientées vers l’Europe.
Même si les choses ont tendance à se rééquilibrer légèrement depuis quelques années, plus de 58 % des exportations tricolores prennent la direction de l’Union européenne. A l’inverse, les entreprises hexagonales ne sont pas suffisamment présentes sur les marchés qui se développent rapidement, Amérique latine, Asie du Sud-Est…

–  Des entreprises qui ont du mal à grandir

C’est le gros problème de la France: les entreprises ont du mal à grandir. Or exporter demande une taille critique, notamment les premières années qui restent risquées, et les PME françaises sont trop peu nombreuses à prendre le risque de supporter de potentielles pertes financières

– Une compétitivité dégradée

C’est un sujet auquel le gouvernement actuel s’est finalement attaqué, après que la gauche a nié pendant longtemps qu’il existait: la compétitivité-coût des entreprises. D’où son annonce de vouloir baisser les charges, via le pacte de responsabilité proposé en début d’année par François Hollande, pour leur donner un peu d’oxygène. Il y a du chemin à faire si la France veut rattraper son retard.