BTS tertiaires - Cours de Droit, Économie et Management - Culture Économique, Juridique et Managériale

Le Change ( Opérations de change – Taux de change)


Introduction :

La conversion d’une monnaie en une autre s’effectue à l’occasion du règlement des transactions effectuées entre importateurs et exportateurs. Ce sont les opérations de change qui permettent d’assurer la convertibilité des monnaies entre elles.

Par exemple, pour un contrat passé entre un importateur français et un exportateur américain, l’importateur français devra procéder à une opération de change d’ euros en dollars pour pouvoir effectuer son règlement.

Le marché des changes n’est donc rien d’autre que la rencontre entre l’offre et la demande de devises. À l’échelle internationale, ce marché est organisé par les banques. Lorsque la demande d’une devise augmente, son cours augmente. À l’inverse, lorsque la demande d’une devise baisse, son cours baisse. Comprendre les causes des variations des taux de change revient donc analyser les facteurs qui agissent sur la demande d’une devise. Nous nous attacherons tout d’abord à expliquer dans un premier paragraphe les notions de base – nous nous attarderons ensuite sur les déterminants essentiels pouvant conditionner les variations de change.

 
 
 
Taux de change Euro/Dollar
 

I  – Notions de base

Les taux de change peuvent être fixes ou flottants.

A — Notion de taux de change fixe

Dans cette salle furent signés les accords de Bretton Woods en Juillet 1944

Un système de taux de change fixe se caractérise par l’intervention concertée des banques centrales pour maintenir le cours des monnaies dans des limites préalablement définies. Une parité (c’est-à-dire un taux de change) officielle est déterminée ( parité de 1 % en plus ou en moins par rapport au dollar en 1944 — plus ou -2,25 % à partir de 1971).

Mécanisme :

Exemple du Franc après les accords de Bretton Woods en 1944 :
schemsmi.gif (2835 octets)1944 – Bretton Woods
 

Dans cet exemple, lorsque le franc est au plus haut et menace de dépasser la parité fixée à + 1 %, la banque de France doit intervenir sur le marché des changes en vendant des francs contre des dollars pour faire remonter le cours du dollar et faire baisser le cours du franc. Inversement, lorsque le cours du franc risque de passer le seuil de -1 %, la banque de France puise dans ses réserves de change (dollar en l’occurrence) pour vendre des dollars et acheter des francs. Ainsi, le cours du dollar baissera et le cours du franc montera.

Ces interventions artificielles des banques centrales sur le marché des changes ont pour but de corriger les effets néfastes de la spéculation sur le commerce extérieur.

B — Notion de taux de change flottants

Cette notion est facile à comprendre : — le cours des devises est laissé au libre jeu de l’offre et de la demande sans aucune marge de fluctuation ( flottement pur ) En réalité, les banques centrales continuent à intervenir sur le marché des changes pour éviter des écarts pouvant porter préjudice au commerce extérieur d’un pays ( flottement impur ).

C — Notion de risque de change

Exemple :

Un importateur français doit verser la somme de 10 000 § à un exportateur américain. Le délai de paiement et d’1 mois. Si le dollar monte, le français devra débourser une somme plus importante. Par contre, si le dollar baisse, la somme à débourser sera moins importante. L’importateur français subit donc un risque de change relatif à la hausse du dollar. On parlera, bien entendu, d’un gain de change en cas de baisse

du dollar. Nous verrons plus loin les moyens de protection contre le risque de change.  

II — Quelle est l’origine des opérations de change ?

Les opérations de change peuvent trouver leur origine dans :

–     Le règlement des contrats entre importateurs et exportateurs. –     Les investissements directs à l’étranger. –     La spéculation.

A : Le réglement des contrats entre exportateurs et importateurs

Prenons l’exemple d’un contrat entre un importateur français et un exportateur américain. Ce type de contrat a lla particularité d’être conclu entre deux ressortissants de nationalité différente. Deux éléments interviennent : — le choix d’une monnaie de facturation — le choix d’une monnaie de règlement. Ces deux choix sont importants dans la mesure où ils permettront de déterminer la partie qui aura la charge de procéder à une opération de change et la partie sur laquelle pèsera le risque de change.

— La monnaie de facturation exprime le prix du bien vendu et le choix de cette monnaie est libre. Par exemple, supposons que la monnaie de facturation prévue dans le contrat soit le dollar, dans ce cas le risque de change pèsera sur le français. Si le contrat porte sur 10 000 §, le français prendra le risque d’avoir à supporter une baisse de l’Euro par rapport au dollar :

Si 1 Dollar = 1 Euro la somme à débourser sera de 10 000 Euros — par contre, si l’Euro baisse par rapport au dollar et passe à 1,5 Euros contre 1 Dollar, la somme à débourser sera de 15 000 Euros . On constate donc, que le choix d’une monnaie de facturation est important car il entraîne un risque de change pour la partie dont la monnaie nationale n’a pas été retenue comme monnaie de facturation.

Les avantages d’une monnaie faible – par Evelyne Delorme

Notons que le problème ne se pose plus pour les pays membres de l’Union Européenne depuis la mise en place de la monnaie unique au 1°Janvier 1999.

Le meilleur moyen de protection contre le risque de change consiste donc à imposer dans un contrat international le choix de sa propre monnaie comme monnaie de facturation.

— La monnaie de règlement correspond à la monnaie que l’importateur devra remettre à l’exportateur. Les parties sont également libres du choix de cette monnaie. La monnaie de règlement peut donc être différente de la monnaie de facturation. Pour reprendre l’exemple que nous avons cité, la monnaie de facturation peut-être le dollar et la monnaie de règlement peut-être l’Euro. Le choix d’une monnaie de règlement détermine la partie qui aura la charge de procéder à une opération de change. Si la monnaie de règlement est le dollar, c’est le français qui devra procéder à l’opération de change — si la monnaie de règlement est l’Euro, c’est l’américain qui devra procéder à cette opération. Notons également que la monnaie de règlement peut tout à fait être une monnaie tierce. Dans l’absolu, un importateur français et un exportateur américain peuvent bien entendu, choisir le yen comme monnaie de règlement. Il en va de même d’ailleurs pour la monnaie de facturation.

En résumé, aussi bien pour la monnaie de facturation que pour la monnaie de règlement, chaque partie au contrat à intérêt à imposer sa monnaie nationale. Le choix de la monnaie est donc un élément important dans la négociation de tout contrat international.

À un niveau plus global, le volume des exportations d’un pays agira sur la demande de devises de ce pays. Le taux de change d’une devise est donc étroitement lié au commerce extérieur d’un pays.

B — les investissements directs à l’étranger

Ils peuvent résulter d’opérations de délocalisation, d’implantation de filiales de production de distribution à l’étranger. On comprend que tout ceci nécessite d’importantes opérations de change.

C — la spéculation

Elle consiste finalement à réaliser des opérations de change en effectuant des prévisions sur l’évolution possible des cours. Les opérateurs effectuent des opérations d’arbitrage, comparent le cours des monnaies sur les différentes places boursières, achètent et revendent de manière à profiter des différences de cours observables.Techniquement, les opérations de spéculation sont qualifiées « d’opérations d’arbitrage monétaire international ». Le mécanisme peut-être décrit de la manière suivante :

Partons d’un exemple :

Une banque française reçoit une demande de dollars (par un importateur français pour effectuer un règlement auprès d’un exportateur américain). Les opérateurs peuvent tout à fait s’adresser non pas au marché de Paris mais à celui de New York si les plus avantageux d’acheter des dollars contre Euro à New York qu’à Paris. Ainsi les deux marchés seront mis en communication et le cours de l’Euro contre dollar tendra finalement à s’égaliser sur les deux places.

En résumé, la rencontre entre l’offre la demande de devises fixe le cours du jour d’une monnaie. Le marché des changes n’est pas un marché localisé dans la mesure où les opérateurs effectuent la plupart de leurs opérations grâce aux moyens de communication modernes (informatique, fax, etc….).

Encore une fois, notons que le problème ne se pose plus pour les pays membres de l’Union Européenne depuis la mise en place de la monnaie unique. L’Euro a eliminé la spéculation monétaire entre les pays de la communauté.

III– La protection contre le risque de change

Il existe différents moyens de se protéger contre le risque de change :.

— Premier moyen : réussir à imposer dans un contrat international le choix de sa monnaie nationale comme monnaie de facturation.

Ce moyen de protection est de loin le plus simple et finalement le plus efficace. Dans ce cas, le risque de change est purement et simplement reporté sur le partenaire commercial. Il faut, bien entendu, que l’entreprise soit dans une position de force suffisante pour pouvoir à imposer sa propre monnaie.

— Deuxième moyen : la couverture de change en partenariat avec les organismes financiers.

Prenons un exemple :

Un exportateur français conclut un contrat avec un client américain. Le délai de paiement et de 2 mois. Le 1er octobre, l’affaire est traitée pour un montant de 10 000 § — le cours du dollar contre Euro au 30 septembre est de 1 § = 1,5 € . Les prévisions de cours sont à la baisse pour le dollar et l’exportateur prend en compte les prévisions soit 1 § = 1 € . Si cette baisse se réalise, la créance de l’exportateur français serait ramenée à 10 000 € au lieu de 15 000 € .

La solution consiste pour l’exportateur à s’adresser à son banquier pour effectuer une opération de couverture :

Le banquier avancera à l’exportateur 10 000 § — l’exportateur procède à une conversion immédiate en € soit 15 000 € qu’il peut placer. Deux mois après, l’exportateur reçoit 10 000 § de son client américain — cette somme servira à rembourser directement le banquier escompteur. L’exportateur s’est donc prémuni contre le risque de change.

L’exportateur peut également conclure un accord avec son banquier par lequel celui-ci s’engage à lui acheter deux mois après les 10 000 § à un taux fixé contractuellement et à l’avance. Dans ce cas, c’est la banque qui accepte de supporter le risque de change — il s’agit donc d’un service réservé aux bons clients !

Côté importateur, celui-ci peut craindre une hausse de la devise cette qui aurait pour effet d’alourdir sa dette. Sa couverture consistera donc acheter immédiatement les devises nécessaires, à les placer jusqu’au moment où il les retirera pour effectuer son paiement.

— Un autre moyen,couramment utilisé par les entreprises consiste à accélérer les encaissements dans certaines devises et à les retarder volontairement dans d’autres afin d’essayer de profiter des variations de taux. Par exemple, pour une entreprise française, en cas de prévision de baisse du franc, son intérêt consistera à accélérer le règlement de ces importations et à freiner l’encaissement du règlement de ses exportations. Il s’agit, selon l’expression consacrée d’un « leads and lags » (termaillage en français).

IV — Notions de dévaluation et réévaluation

A — la dévaluation

Une dévaluation est une mesure gouvernementale consistant à abaisser le cours d’une monnaie nationale de manière à stimuler les exportations en volume donc à rétablir l’équilibre du commerce extérieur. Il s’agit donc d’une modification artificielle de parité. De très nombreuses dévaluations ont été pratiquées pendant la période des trente glorieuses. Aujourd’hui, l’internationalisation de l’économie rend le procédé quelque peu risqué dans la mesure où une dévaluation risque d’aboutir à l’inverse des objectifs recherchés. Si une dévaluation permet d’améliorer la compétitivité prix des produits nationaux à l’étranger, elle porte en elle risque d’alourdir le prix des importations. Or certaines importations sont incompressibles ou quasi incompressibles (pétrole par exemple). Les coûts de production des entreprises s’en trouveront alourdis et elles répercuteront inévitablement cet alourdissement sur leur prix de vente. Toute dévaluation comporte donc intrinsèquement un risque inflationniste. Les états craignent l’inflation et la dévaluation n’est plus guère utilisée en tant qu’instrument de politique du commerce extérieur. La dévaluation est un instrument utilisé dans le cadre d’une politique de monnaie faible.

B — la réévaluation

Il s’agit en quelque sorte de l’inverse d’une dévaluation. La réévaluation est une mesure gouvernementale consistant à augmenter le cours d’une monnaie nationale de manière à alléger le coût des importations et à favoriser les investissements directs à l’étranger. Il s’agit donc de faciliter le placement des capitaux nationaux à l’étranger. À l’inverse de la dévaluation, la réévaluation s’inscrit dans le cadre d’une politique de monnaie forte.

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