Les principaux pôles de croissance dans le monde – Analyses du sous développement

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2 — La thèse de Rostow

L’économiste américain Rostow a soutenu la thèse que tout pays passe par 5 stades successifs au cours de sa vie économique :
  1. Première étape : la société traditionnelle. « Travail et terre ». La société traditionnelle se caractérise par la prédominance de l’activité agricole et une très faible productivité.
  2. Deuxième étape : le pré-décollage. Cette phase se caractérise par l’apparition d’entrepreneurs capables d’innover.
  3. Troisième étape : le décollage. Le décollage se caractérise par une augmentation du taux d’investissement qui passe de 5 à 10 % du PNB. D’après Rostow, cela aurait été le cas de la France de 1830 à 1870 et du Japon de 1885 à 1905.
  4. Quatrième étape : le passage à la maturité. Il se caractérise par une nouvelle augmentation du taux d’investissement qui passe de 10 % à 20 % du PNB ainsi que par l’apparition de nouveaux secteurs économiques.
  5. Cinquième étape : la société de consommation de masse.Elle se caractérise par une grande diversification de la production et un ralentissement de la croissance.
 

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Cette thèse a été très critiquée pour différentes raisons :

Tout d'abord, la thèse de Rostow se repose sur une vision linéaire de l'histoire qui est assez contestable :

Les bons sont les Américains (modèle de société de consommation de masse à atteindre) qui montrent la voie.
Les États-Unis préfigurent donc ce que seront, tôt ou tard, l'ensemble des pays du monde.
Pour certains, la théorie de Rostow serait, dans le domaine du développement, l'équivalent de ce que soutenait Frédéric Taylor dans le domaine de l'organisation du travail : pour chaque problème, il existe une « one best way » c'est-à-dire une seule et bonne solution.

Ensuite, pour Rostow , l'histoire se déroule de façon implacable. On ne brûle pas les étapes, dit Rostow. Chaque pays doit passer par un certain nombre de stades un peu comme un homme avant d'être adulte. Or ce n'est pas ainsi que les choses se passent : les structures sociales, pas plus que l'environnement économique des pays que l'on appelle aujourd'hui sous-développés, ne sont analogues à celles des pays européens du XVIIe siècle. Ces pays ne sont pas simplement en retard, ils sont différents. Lorsque notre pays était — pour reprendre le vocabulaire de Rostow "au stade de la transition", il n'existait pas de marché mondial, ni de division internationale du travail au sein de laquelle nous aurions produit des matières premières pour d'autres pays. Nous n'avions pas affaire à des ennemis potentiels dotés d'armes atomiques ou de chasseurs-bombardiers, nous n'avions pas de colonisateurs ayant marqué nos pays de leurs empreintes. Pour résumer, l'Inde des années 2000 n'est pas analogue à la France de 1750 !

– Enfin, la plupart des spécialistes du développement montrent que les conditions économiques d'un « démarrage » sont aujourd'hui bien plus difficiles à réunir qu'au siècle dernier, et le deviennent davantage au fur et à mesure que les pays développés avancés modèlent le marché mondial — il n'est en effet plus question aujourd'hui de produire du fer dans des forges plus ou moins artisanales comme il en existait le long de bien des cours d'eau en France au XVIIIe siècle.

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