Les principaux pôles de croissance dans le monde – Analyses du sous développement

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Comme on le voit, l'analyse libérale incite à la prudence puisque la seule attitude rationnelle est d'attendre que le pays parcourt les étapes de la croissance économique. L'analyse libérale fait confiance à dynamique du marché de la concurrence pour provoquer les changements nécessaires dans les pays concernés, et ces changements, estime-t-elle, finiront tôt ou tard par se produire. Le sous-développement se résorbera de lui-même !

Cette analyse est née des insuffisances de l'analyse précédente et du refus de certains de se situer dans l'un des deux courants idéologiques qui, aujourd'hui, inspirent la plupart des analyses, à savoir le courant libéral et le courant marxiste.
L'idée de base de cette analyse consiste à dire qu'une économie sous-développée n'est pas seulement une économie moins développée mais qu'il s'agit d'une économie dont la structure est différente.

Par conséquent, pour analyser le sous-développement, il convient de mettre en évidence les éléments de cette structure caractéristique. Pour les tenants de cette thèse la spécificité des structures des pays en voie de développement tient dans le

dualisme, l'excentration, et la domination.

Ce qui frappe, dans une économie sous-développée, c’est la juxtaposition du moderne le plus moderne et du traditionnel le plus traditionnel. L’eau courante n’existe pas dans tous les villages mais les téléphones portables marchent bien.
Tout se passe comme si deux mondes se juxtaposaient : l’un marqué par la modernité, l’autre par la tradition.
Ces deux mondes ne sont pas complètement étrangers l’un à l’autre : les femmes de ménage qui entretiennent les appartements climatisés ou les bureaux de l’administration vivent dans les habitations traditionnelles.
Mais ces deux mondes n’entretiennent que très peu de relations.
Entre les cadres de la haute administration, complètement intégrés au mode de vie occidentale, et le reste de la population, en général attachée à un mode de vie rural, le divorce est complet. Ce phénomène est qualifié de« dualisme ».

Le dualisme a des conséquences très importantes dans la mesure où il entraîne la non-intégration économique.
Dans une économie développée, le secteur productif est généralement composé de plusieurs branches (par exemple, l’agriculture, l’industrie, les services) qui entretiennent d’étroits rapports commerciaux – chacune fournit aux autres les produits ou les services nécessaires à sa propre production.
Dans les pays en voie de développement, au contraire, chaque branche a tendance à acheter à l’étranger ses consommations intermédiaires, faute de trouver dans le pays même ce dont elle a besoin.

De plus, dans une économie sous-développée, lorsqu’une branche connaît un mouvement de croissance, elle ne le transmet pas aux autres branches, mais à ses fournisseurs étrangers ! Pour les tenants de la thèse « moderniste », c’est le dualisme qui provoque ce phénomène.
Ce terme recouvre une réalité très simple : dans un pays en voie de développement, la production nationale n’est généralement pas destinée à satisfaire les besoins du pays lui-même, mais est destiné à être exportée sur le marché mondial.
Il s’agit là d’une conséquence historique de la colonisation dans la mesure où, le plus souvent, le rôle des colonies était de fournir les matières premières dont la métropole avait besoin.
C’est ainsi que se sont constitués les grands secteurs d’exportation, soit de produits agricoles, soit de produits minéraux. Certes, en théorie, cette spécialisation n’est pas forcément nuisible : le pouvoir d’achat procuré par ces exportations peut servir à acheter ce que le pays ne produit pas par lui-même et dont il peut avoir besoin.

Mais, dans la pratique, il n'en est pas ainsi, et cela pour trois raisons : .

Première raison : la production est imposée