Les logiques managériales et entrepreneuriales

 

Entreprendre n’est pas une simple succession d’opérations juridiques et de gestion. Entreprendre consiste en premier lieu à repérer des opportunités de développement, puis à prendre les risques nécessaires pour créer l’activité nouvelle correspondante ou dynamiser une activité existante. La logique entrepreneuriale implique donc une capacité à anticiper, à se projeter et à innover.

Elle suppose également la mise en œuvre d’un projet entrepreneurial cohérent articulant contraintes, compétences et ressources.

La logique entrepreneuriale fondée sur la prise de risques se distingue ainsi de la logique managériale qui consiste, pour le manager, à optimiser les ressources qui lui ont été confiées. Ces deux logiques peuvent cependant coexister au sein d’une même entreprise.

 

I – La logique entrepreneuriale

A – Notion d’entrepreneuriat

La notion d’entrepreneuriat est assez facile à cerner – il s’agit de l’engagement d’une personne dans le cadre d’un projet d’entreprise donc d’une dynamique d’action s’inscrivant avant tout dans une logique de recherche d’indépendance.
L’entrepreneuriat consiste donc à lancer un projet, à organiser les ressources nécessaires et à assumer tant lesrisques que les bénéfices.

Y a-t-il un profil type de l’entrepreneur ?

De nombreux consultants, conseillers et chercheurs ont tenté de répondre à cette question. Il n’y a pas à proprement parler de profil type ! Il semble toutefoisque l’on puisse dégager certaines traits marquants communs à la plupart des créateurs (ou tout au moins assez fréquents) :

> Ils sont souvent âgés de 25 à 35 ans
> Leur origine sociale est favorable à la création d’entreprise
> Ils ont une expérience professionnelle assez significative mais dans laquelle ils ne se sont pas réellement épanoui.
> Ils recherchent l’indépendance
> Ils ont des diplômes
> Il sont particulièrement impliqués et travailleurs
> Ils sont tenaces, cherchent à convaincre et ont le sens de l’initiative
> Ils savent très bien s’entourer de gens compétents pour les domaines ou ils ne le sont pas

Il est certain que la réussite d’une affaire dépendra beaucoup du déterminisme de l’entrepreneur ainsi que de ses compétences.

On imagine bien que tout entrepreneur doit être un battant volontaire et tenace. Ces qualités ne doivent toutefois pas se transformer en défauts et il est nécessaire qu’il sache également s’autocritiquer.
Il doit également savoir s’adapter aux évolutions de l’environnement et être très réactif par rapport à ce même environnement.
En principe, il sait tirer les leçons de ses échecs et même en tirer profit. Dans tous les cas de figure, il ne conçoit pas une vie monotone et sait ‘rebondir ».

Réussir représente aujourd’hui un enjeu difficile et ceci d’autant plus que la crise étouffe de nombreux marchés. Si la création d’entreprise était assez aisée autrefois, l’exacerbation de la concurrence et les exigences macro et microenvironnementales d’aujourd’hui rendent plus difficile l’accession à la réussite et au profit.
En clair, se lancer dans une dynamique de création d’entreprise suppose aujourd’hui un certain bagage et une expérience professionnelle réelle.

Les formes de l’entrepreneuriat :

– Création : L’entrepreneur créer une activité indépendante nouvelle.
– Reprise : L’entrepreneur rachète une entreprise existante pour la développer.
– Franchise : L’entrepreneur entre dans une activité déjà existante. (Mc Do,..)
Essaimage : Le créateur est salarié d’une grande entreprise qui l’aide à créer une
entreprise indépendante.

B – Le processus entrepreneurial

Le projet, l’entreprise, c’est l’objectif à réaliser. Parmi les nombreux candidats à la création d’entreprise, ne parviendront à leur finalité seuls ceux pour qui il y a adéquation entre la personne et l’idée. Ils ont dégagé des idées claires et concrètes sur les raisons qui les incitent à investir dans le créneau envisagé et arrêté un projet bien précis.

1 – L’idée de création d’entreprise

Il faut, bien entendu, avoir une idée – Il faut ensuite vérifier qu’elle soit réalisable et la transformer ensuite en projet.
Que cette idée provienne de l’expérience professionnelle du créateur, de ses talents créatifs ou bien d’une opportunité spécifique, celle ci prend souvent la forme d’une intuition ou d’un désir qui s’approfondit et murit.
En principe, plus l’idée est nouvelle, plus il faudra s’interroger sur les réels besoins de la clientèle – plus elle est banale, plus il conviendra de s’ interroger sur sa réelle utilité par rapport à l’offre déjà existante sur le marché.

A ce niveau, les bonnes questions sont finalement les suivantes :
Quel est le « plus » mon produit ou service ?
En quoi le créateur se différencie de ce qui existe déjà ?

2 – L’adéquation entre l’idée et la personne

Suis-je bien l’homme, la femme de ce projet ?

Il s’agit ici de vérifier le réalisme et la faisabilité du projet.
Le créateur se doit ici de vérifier si son projet est véritablement cohérent au regard de ses motivations, de sa personnalité, de ses objectifs personnels et professionnels et de son cursus de formation.

Au regard des doutes qu’il peut avoir le créateur se doit ausssi d’analyser les solutions envisageables pour réduire les contraintes – Faut-il modifier le projet ? le différer ? se former pour acquérir certaines compétences indispensables ?
En bref, peser le pour et le contre n’est pas facile car le créateur doit finalement s’interroger aussi bien sur sa vie personnelle que professionnelle – faire le bilan de sa vie en quelque sorte !!!

3 – L’étude de marché

Il s’agit d’une étape indispensable dans tout projet de création d’entreprise. Il es en effet nécessaire d’affiner l’idée de départ et de vérifier qu’elle corresponde à une véritable opportunité du marché.

Les objectifs d’une étude de marché sont les suivants :
> Définir un positionnement pour se démarquer de la concurrence
> Définir la stratégie et la politique commerciale de l’entreprise
> Réaliser des prévisions d’activité
> Faire une estimation des moyens matériels, financiers et humains nécessaires au démarrage de l’activité.

Etapes :

1/ L’analyse du marché et de son environnement

> Demande globale (volume, valeur)
> Segmentation du marché par type de produits et type de clientèle
> Organisation de la distribution
> Evolutions du marché au cours des dernières années et perspectives à court et moyen terme
> Choix du lieu d’implantation

2/ L’analyse de l’offre

> Acteurs présents sur le marché : nombre, identification, localisation, dimension, antériorité, performances, notoriété, forces et faiblesses, analyse des composantes de leur positionnement (produits/services, prix, cibles de clientèle, organisation de la distribution, communication)
> Evolution de l’offre : comment a-t-elle évolué au cours des dernières années (création, disparition d’entreprises, évolution de leur activité), quelles sont les évolutions possibles ?

3/ L’analyse de la demande

Quelles sont les attentes des clients sur le marché, ou le segment de marché que l’on pense cibler ?

> Approche quantitative :

Il s’agit ici de chiffrer en valeur et en volume la demande
La démarche quantitative, parfois appelée sondage, respecte les exigences statistiques et la représentativité de la population étudiée. Les lois statistiques sur lesquelles repose l’approche quantitative conduisent à des tailles d’échantillon importantes, variant entre 200 et 2000 personnes. Le choix des échantillons est très strictement défini à travers diverses méthodes d’échantillonnage plus ou moins aléatoires et plus ou moins empiriques ; la taille de l’échantillon est calculée au mieux pour répondre à une question donnée.

> Approche qualitative :
La démarche qualitative consiste à connaître les attentes de la clientèle par rapport aux produits, aux services complémentaires, mesurer la satisfaction vis-à-vis de ses comportements d’achats, observer sa fidélité à ses fournisseurs.

3 grands types d’études qualitatives :

  1. Entretiens face à face : interviews de clients et autres acteurs. Souvent, une dizaine d’entretiens en profondeur d’une ou deux heures sont menés.
  2. Entretiens de groupes de consommateurs . Le but est ici de tester un produit, un nouveau concept, de recueillir les perceptions d’un service, …
  3. Entretiens de groupes de créativité . Ces entretiens servent à faire émerger de nouvelles idées ou tendances.

La démarche qualitative se caractérise donc par sa nature exploratoire. Elle est utilisée pour l’étude d’un domaine inconnu (marché, produit, consommateur, environnement…) et permet de dégrossir un problème en identifiant et en recensant ses différents composants. Elle se fonde sur l’interrogation d’individus, l’analyse de leur discours et de leur comportement. L’échantillon n’est en général pas représentatif et la taille de l’échantillon est réduite (inférieur à 20 personnes).

Qui réalise les études de marché ?

Si le créateur connait bien son secteur, il pourra réaliser lui-même son étude de marché. Cependant, pour des projets mettant en jeu des investissements élevés, mieux vaudra s’appuyer sur des cabinets spécialisés. Ils pourront réaliser une enquête sur mesure, ce qui a évidemment un coût. Faute de moyens, les créateurs s’adressent le plus souvent aux chambres de commerce ou à des associations d’étudiants (juniors entreprises) qui offrent fréquemment leurs services pour réaliser ce type d’études.

4 – Le choix d’une structure juridique

 

Lire aussi  Les TIC dans la relation de travail

Voir cours de Droit sur cette question

Rappel bref :

 
A – Présentation simplifiée des principales structures juridiques
 

Nombre d’associés

Montant du capital

Dirigeants

Responsabilité

Entreprise individuelle

L’entrepreneur individuel

seul

Pas de notion de capital social

Entrepreneur Individuel

Totale et indéfinie
sur ses biens personnel

SARL

Entre 2 et 100 associés (personnes physiques ou morales)

Capital librement fixé

Gérant(s) obligatoirement une personne physique, associé(s) ou un tiers

Limitée aux apports

EURL

1 seul associé

Capital librement fixé

Gérant obligatoirement personne physique, l’associé unique ou un tiers

Limitée aux apports

SA
(Société Anonyme)

Minimum 7 personnes physiques ou morales

37 000€ minimum
(la moitié pouvant être versée lors de la constitution et le solde dans les 5 ans)

Conseil d’Administration (entre 3 et 24 membres), dont un Président personne physique obligatoirement

Limitée
aux apports

SNC

Minimum 2 personnes physiques ou morales, les associés ont tous la capacité de commerçant

Pas de minimum, pas d’obligation de libération immédiate

Gérant(s) personne physique ou morale

indéfinie et solidaire
sur les biens personnels

SAS

Minimum 2 actionnaires

37 000€ minimum
(la moitié pouvant être versée lors de la constitution et le solde dans les 5 ans)

Président personne physique ou morale, actionnaire ou non

Limitée
aux apports

SASU

Associé unique

37 000€ minimum
(la moitié pouvant être versée lors de la constitution et le solde dans les 5 ans)

Président personne physique ou morale, associé ou non

Limitée
aux apports

Source du tableau :
http://www.createk-cherbourg.com

2 commentaires sur “Les logiques managériales et entrepreneuriales

  1. Bonjour pour tous..
    –Je suis heureux de vous trouver par l’internet .
    –Je suis entrain de constituer un groupe de Stés..de production de l’huile d »olives extra vierge et biologique ,et les Dattes Deglet Nour , et les conserves de Sardines et Tomates concentrées et un carrière de MARBRE.
    SVP. Pouvez vous m’aider de me former par des cours en brochures ou des C.D , ou par email;d’un processus ,cursus ,objectif, et élaboration d’un Directeur Général et un Directeur Administratif et Financier .DAF.qu’est qu’ils demandes de leurs subordonnés.
    –Avec mes vifs remerciements.
    Adresse/30.Ave Ennakhil Cité Ezzouhour 5 Tunis CP .2051./Tél..+216.22.424.609.

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