Les externalités

Si une opération économique, entre deux agents A et B, a des effets sur un troisième agent C sans qu’il y ait transaction monétaire ou convention d’échange entre A et C ou entre B et C, on dit qu’il y a création d’une externalité. Si l’externalité créée s’opère au détriment de C, c’est-à-dire si elle diminue son bien-être actuel, ou l’empêche de jouir d’un bien, d’un service potentiel, on dit qu’il s’agit d’une externalité négative ou d’une déséconomie externe.

Si du fait de la transaction entre A et B, l’agent C voit augmenter son bien-être, sa richesse, ses possibilités d’action, de connaissance, s’améliorer son environnement, on dit qu’il y a création d’externalité positive.  C’est l’économiste A. Marshall qui a introduit la notion d’externalités positives technologiques à propos d’une entreprise C qui, par son implantation géographique, bénéficie d’avantages (transport, accessibilité, proximité des marchés, des concurrents) au-delà de sa contribution fiscale ou marchande. Chez Alfred Marshall, la part de croissance de la firme qui ne relève pas de l’accumulation du capital et du travail, mais de la technique, s’explique par ces externalités technologiques.

En bref on peut distinguer les externalités selon le type d’effets économiques qu’elles impliquent. On distingue de ce point de vue les externalités négatives et les externalités positives.

 I – Notion d’externalité et exemples

  • Les externalités positives sont qualifiées d’économies externes – elles désignent les situations où un agent économique (entreprise, ménage ou administration) bénéficie de  l’action de tiers sans qu’il ait à payer.
  • Les externalités négatives sont qualifiées de  déséconomies externes et  désignent des situations où un acteur est défavorisé par l’action de tierces personnes sans aucune compensation.

Externalité positive

Externalité négative

Acteur

N’est pas compensé

N’a pas à le supporter

Tiers

N’a pas à payer

N’est pas compensé

 .
Gilles Rotillon Professeur émérite de sciences économiques à l’université Nanterre 
.

A – Quelques exemples d’externalités positives

1 – L’exemple classique de l’apiculteur et de l’arboriculteur de James Mead (1952) :

Un arboriculteur et un apiculteur sont voisins. Les avantages réciproques que chacun retire de cette proximité sont nombreux sans qu’aucune compensation financière ne soit versée ni par l’un ni par l’autre. Grâce à la pollinisation naturelle de ses arbres l’arboriculteur obtiendra de meilleurs rendements tandis que l’apiculteur obtiendra un miel de meilleure qualité qu’il pourra vendre à un meilleur prix.

On voit donc dans cet exemple que la production d’un bien (arbres) peut entraîner la production non voulue d’un bien secondaire (miel)– On qualifie ce phénomène de « production jointe ».

Par ailleurs,  il est impossible d’empêcher la consommation ou la production du bien secondaire – On qualifie ce phénomène de « non exclusion ».

Le Jour ni l’Heure 3566 : En Lomagne — Paysage préposthume n° 167 (Les Champs) — Plieux, mardi 21 octobre 2014, 17:09:38
2 – La recherche développement 

Lorsqu’une société finance des recherches, elle n’est généralement pas la seule à en profiter. Le gain privé qu’obtient la société en vendant les produits issus de ses propres activités de R&D ne tient pas compte en général du gain qu’en tirent indirectement d’autres personnes. On voit donc qu’en cas d’externalité positive, le gain privé est très souvent inférieur au gain social.

3 – Les progrès de la médecine

Prenons une hypothèse d’école :

Imaginons qu’un traitement efficace soit mis au point pour lutter contre l’arthrite rhumatoïde. Cela  permettrait à 10,000 personnes de 35 à 45 ans de réintégrer le marché du travail, donc cela diminuerait la dépendance de ces individus à l’égard de  l’État. Ils pourraient retrouver du travail et payer leurs impôts.

3 – L’effet de réseau 

Ici aussi l’exemple est classique pour caractériser une externalité positive réciproque : la valeur accordée par un consommateur à un service de réseau augmente lorsque le nombre de consommateurs de ce service s’accroît. Ainsi en est-il par exemple du téléphone portable : plus nombreux sont les correspondants accessibles, plus l’abonnement devient intéressant pour un nouvel abonné.

Ex : Plus le réseau 4G est étendu et plus il devient intéressant de s’abonner. Plus il y a de membres sur un réseau et plus il est intéressant d’y adhérer ( ex : Facebook – Linkedin – Viadeo, etc.).

 

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