Les inégalités de répartition – Le revenu primaire

I : Rappel : Importance de la notion de la notion de Valeur ajoutée ( VA) dans le mécanisme de la répartition du revenu primaire

Au niveau d’une entreprise, : VA = Production – Consommations intermédiaires ou VA = Valeur des biens et services produits – Valeur des biens que l’entreprise se procure auprès d’autres entreprises pour produire ou vendre.

 

 

Consommations intermédiaires: Ex : Matières premieres, electricité, assurances, fournitures diverses, produits semi-finis, publicité, transports, etc…..

La valeur ajoutée d’une entreprise correspond finalement à la « richesse » qu’elle produit.

   

Approximativement, (voir chapitre sur la mesure de l’activité économique) le PIB correspond à la somme de toutes les valeurs ajoutées réalisées par les entreprises résidentes. On comprend donc que le PIB est l’un des indicateurs économiques les plus importants dans la mesure ou il reflète l’activité productive d’un pays au travers des richesses produites par ses entreprises.

 

Prenons un exemple simple :Exemple : Compte de résultat de la sociétéX :

 

CHARGES PRODUITS

Achat de marchandises

180 000

Vente de marchandises

500000

Travaux d’entretien ou de réparation

10000

Publicité

10000

Transports de biens

40000

Impôts, taxes et versements assimilés

50000

Rémunération du personnel

80000

Charges de sécurité sociale

50000

Charges d’intérêts

20000

Dotations aux amortissements

30000

Total des charges

470000

Total des produits

500000

Solde créditeur : Bénéfice

30000

Total général

500000

Total général

500000

La valeur ajoutée de cette entreprise est égale à 500000- (180000 + 10000 + 10000 + 40000) = 260000 En effet, dans cet exemple, seules les charges suivantes sont considérées comme étant des consommations intermédiaires à déduire de la valeur de la production ( 500000 )pour calculer la valeur ajoutée :

— Les achats de marchandises — les frais de transports — la publicité — les frais d’entretien.

La valeur ajoutée d’une entreprise se compose donc des éléments suivants :

 

schema2.gif (3360 octets)

Au regard de la composition de la valeur ajoutée, on peut donc dire que celle ci se répartit principalement entre les salariés, l’état, et les apporteurs de capitaux. Remarquez que chacune des composantes de la valeur ajoutée représente un revenu pour unecatégorie d’agent économique.

La logique Production – Revenu- Dépense qui correspond aux « 3 temps de la valse économique » (selon l’expresion consacrée) se vérifie donc également dans le mécanisme de répartition de la valeur ajoutée.

Au niveau global ( economie nationale) on a donc :

II : Notions de revenu primaire et de revenu disponible

– Les niveaux de répartition :

On constate sur ce schéma qu’il existe deux niveaux dans la répartition du revenu national :

— 1° niveau : répartition de la production. — 2e niveau : prélèvements obligatoires par l’état sur les revenus primaires et redistribution.

* Au 1° niveau, c’est-à-dire celui de la répartition de la production, on parle de répartition « fonctionnelle ». Tous les agents économiques qui participent à production perçoivent une rémunération — les prêteurs de capitaux perçoivent un intérêt (banques et organismes financiers), les apporteurs de capitaux perçoivent un dividende (actionnaires ou détenteurs de parts sociales), les salariés perçoivent un salaire, etc…. La production est donc directement à la source du revenu dit « primaire ». Le revenu primaire correspondant au revenu directement issu de la production.

* Au 2e niveau, l’état et les collectivités territoriales procèdent à des prélèvements obligatoires sur ce revenu primaire et les redistribuent ensuite sous forme de revenus de transfert pour corriger les inégalités. Les prélèvements obligatoires sont constitués des cotisations sociales et des impôts (impôt sur le revenu des personnes physiques, impôt sur les sociétés, impôts locaux tels que taxe d’habitation, taxe foncière, etc.). La redistribution s’effectue sous forme de revenus de transfert — il s’agit par exemple des indemnités de maladie, de chômage, du RMI, des prestations sociales et des services gratuits que l’état peut fournir.

Si l’on ajoute au revenu primaire les revenus de transfert et que l’on retranche les prélèvements obligatoires, on obtient donc le revenu disponible. Le revenu disponible se repartira ensuite en consommation et en épargne.

III : Les différents types de revenus

1 – Les revenus d’activité

les salaires constituent les revenus primaires principaux car près de 3/4 des travailleurs sont salariés En théorie le salaire est fixé sur le marché du travail en fonction de l’offre et de la demande de travail mais en réalité, les salaires dépendent en grande partie des rapports de force entre partenaires sociaux ainsi que de la croissance économique. Pour les fonctionnaires on parle de traitement et non de salaire. – Autres revenus du travail : Les travaileurs indépendants ne perçoivent pas de salaire mais des bénéfices ( artisans et commerçants) ou des honoraires ( professions libérales telles que médecin, avocat, architecte, etc..)

2 – Les revenus du capital

 » Les revenus du capital sont, pour leur part, liés à la détention d’un actif. C’est pourquoi on les appelle aussi « revenus de la propriété ». Dividendes de l’actionnaire, coupons du détenteur d’obligations, intérêts touchés sur l’épargne sont des exemples de ce type de revenu. Les revenus du capital sont, pour leur part, liés à la détention d’un actif. C’est pourquoi on les appelle aussi « revenus de la propriété Dividendes de l’actionnaire, coupons du détenteur d’obligations, intérêts touchés sur l’épargne sont des exemples de ce type de revenu. » Aucunement liés au travail fourni par leur détenteur, ils sont de deux ordres : il y a les revenus immobiliers ou fonciers, que l’on perçoit lorsque l’on loue un bien immobilier (appartement, boutique, maison, etc.), et les revenus mobiliers, représentatifs de titres financiers (actions, obligations, etc.) ». Nathan technique

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Vidéo réalisée par Evelyne Delorme http://www.cours-seko.fr/

III : Les inégalités

   

Pour en savoir plus : Consultez le site de l’observatoire des inégalités

 

Exemple  : La part des revenus captée par les 1 % les plus riches a nettement baissé pendant les Trente Glorieuses (1945-75). Depuis, le phénomène s’inverse

part

 

Les années 1930 et 1940 sont marquées par une nette diminution de la part du revenu global que reçoit le 1 % le plus riche de la population. La crise des années 1930, puis la guerre, sont passées par là : elles ont nettement réduit les niveaux des revenus du patrimoine. Par la suite, le développement de la protection sociale a amélioré la condition des catégories défavorisées. Ainsi la part des revenus perçue par le centième de la population le plus riche est passée de 15,4 % en 1935 à 8,9 % en 1950 en France, de 15,6 % à 11,4 % aux États-Unis, de 18,7 à 7,7 % au Japon.

La mesure des inégalités – Le coefficient de Gini :

 Le coefficient de Gini, inventé par le statisticien italien Corado Gini, est un chiffre entre zéro et un qui mesure le degré d’inégalité dans la distribution des revenus dans une société donnée. Le coefficient enregistrerait zéro (0,0= inégalité minimale) pour une société dans laquelle chaque membre recevrait exactement le même revenu et il enregistrerait un coefficient de un (1,0= inégalité maximale) si un membre recevait tous les revenus et les autres rien.

 

GINI

 

Les pays les plus égalitaires ont un coefficient  variant entre 0,2 et 0,3, les plus inégalitaires autour de 0,6. Le seuil d’alerte se situe à 0,4. — Les pays les plus égalitaires sont majoritairement les pays nordiques et de l’Europe de l’est : Hongrie, Slovaquie, Slovénie, Bosnie, Bulgarie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ukraine, Tchéquie, mais aussi la Suède, la Norvège, la Finlande et le Danemark. — Les plus inégalitaires en revanche sont les pays en voie développement, en Afrique et en Amérique du sud : Brésil, Bolivie, Bostwana, Gabon, Swaziland, Afrique du Sud, Panama, Liban, Honduras.

 Durant ces 30 dernières années la croissance a été très lente et le pouvoir d’achat n’a que faiblement augmenté. La crise économique des années 70 et lacrise actuelle ont  accentué les inégalités mais tout le monde n’en a pas subi les conséquences de la même façon.

D’une manière générale, la situation concernant les inégalités peut être résumée de la manière suivante :

— Ce sont les cadres, les ouvriers et les jeunes qui sont les plus touchés.

En effet, les cadres et les ouvriers ont dû réduire leurs prétentions salariales pour retrouver des emplois à un niveau de rémunération souvent très inférieur à l’ancien.

Quant aux jeunes, ils ont dû accepter des salaires d’entrée dans le monde du travail de plus en plus bas. Par exemple,  les jeunes entre 25 et 30 ans ne touchent en moyenne que 70 % du salaire des quadragénaires contre 80 % pendant les 30 glorieuses –  il est clair que les salaires ont eu tendance à stagner et les revenus du capital ont très fortement progressé. Les salaires n’ont progressé que de 15 % environ en 10 ans (décennies des années 90)et stagnent relativement depuis  alors que les revenus du capital (profits et revenus de la propriété) ont progressé de plus de 90 % pendant la même période et progressent actuellement.

On constate donc que les stratégies mises en oeuvre par les entreprises (dans le souci de mieux lutter contre un avenir incertain et dans le souci de faire face à l’exacerbation de la concurrence internationale) ont entraîné des gains de productivité importants qui ont eu pour effet de modifier le partage de la valeur ajoutée dans le sens d’une augmentation de la part des profits au détriment des salaires. De ce point de vue, on peut dire que les 2 dernières décennies   ont  été celles du capital et non du travail.

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Vidéo réalisée par Evelyne Delorme http://www.cours-seko.fr/

 .

— Les inégalités de rémunération entre les hommes et les femmes se réduisent mais les écarts demeurent.

On peut dire qu’il s’agit ici du seul point sur lequel les inégalités se sont réduites de manière assez significatves. En effet, l’allongement de la scolarisation des filles, les changements de mentalités et la tertiarisation de l’économie ont abouti à une réduction assez importante ( bien que des progrès restent à faire ! ) des inégalités entre les rémunérations des femmes et des hommes.

 

 

« Le rapport entre le salaire des femmes et celui des hommes stagnait dans les années 50 et 60 : les femmes gagnaient en moyenne à temps plein un tiers de moins que les hommes. Petit à petit, l’écart a diminué. Au milieu des années 90, le salaire féminin représente plus de 80 % du salaire masculin. Depuis 1995, il semble cependant que cette marche en avant soit stoppée.

En conclusion, nous pouvons dire que :.

— Les inégalités de salaire ne diminuent plus. — les femmes rattrapent très lentement les hommes. — le pouvoir d’achat varie avec la conjoncture. — les plus pauvres s’appauvrissent.

Le chemin est donc encore long à ce niveau et il n’est plus possible de compter sur l’état providence pour résoudre le problème des inégalités.







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