Les inégalités de répartition – Le revenu primaire


I – Notion de revenu primaire et revenu disponible :


1 ° niveau : Répartition  de la production

 

 

 

 

– 2e niveau : prélèvements obligatoires par l’état sur les revenus primaires et redistribution sous forme de revenus de transfert

 

*Revenus de transfert = allocations, revenus sociaux. ** Prélèvements obligatoires = Impôts, charges sociales.

Explications :

– Les niveaux de répartition :

On constate sur ce schéma qu’il existe deux niveaux dans la répartition du revenu national :

– 1° niveau : répartition de la production.

– 2e niveau : prélèvements obligatoires par l’état sur les revenus primaires et redistribution.

 

* Au 1° niveau, c’est-à-dire celui de la répartition de la production, on parle de répartition « fonctionnelle ». Tous les agents économiques qui participent à production perçoivent une rémunération — les prêteurs de capitaux perçoivent un intérêt (banques et organismes financiers), les apporteurs de capitaux perçoivent un dividende (actionnaires ou détenteurs de parts sociales), les salariés perçoivent un salaire, etc… La production est donc directement à la source du revenu dit « primaire ». Le revenu primaire correspondant au revenu directement issu de la production.

 

* Au 2e niveau, l’état et les collectivités territoriales procèdent à des prélèvements obligatoires sur ce revenu primaire et les redistribuent ensuite sous forme de revenus de transfert pour corriger les inégalités.
Les prélèvements obligatoires sont constitués des cotisations sociales et des impôts (impôt sur le revenu des personnes physiques, impôt sur les sociétés, impôts locaux tels que taxe d’habitation, taxe foncière, etc.).

La redistribution s’effectue sous forme de revenus de transfert — il s’agit par exemple des indemnités de maladie, de chômage, du RMI, des prestations sociales et des services gratuits que l’état peut fournir.

Si l’on ajoute au revenu primaire les revenus de transfert et que l’on retranche les prélèvements obligatoires, on obtient donc le revenu disponible.

Le revenu disponible se repartira ensuite en consommation et en épargne.

 

II : Les différents types de revenus 


1 – Les revenus d’activité

 

– les salaires constituent les revenus primaires principaux car près de 3/4 des travailleurs sont salariés En théorie le salaire est fixé sur le marché du travail en fonction de l’offre et de la demande de travail mais en réalité, les salaires dépendent en grande partie des rapports de force entre partenaires sociaux ainsi que de la croissance économique. Pour les fonctionnaires on parle de traitement et non de salaire.

– Autres revenus du travail :

Les travailleurs indépendants ne perçoivent pas de salaire mais des bénéfices (artisans et commerçants) ou des honoraires (professions libérales telles que médecin, avocat, architecte, etc.)

 

2 – Les revenus du capital

 

« Les revenus du capital sont, pour leur part, liés à la détention d’un actif. C’est pourquoi on les appelle aussi « revenus de la propriété ». Dividendes de l’actionnaire, coupons du détenteur d’obligations, intérêts touchés sur l’épargne sont des exemples de ce type de revenu. Les revenus du capital sont, pour leur part, liés à la détention d’un actif. C’est pourquoi on les appelle aussi « revenus de la propriété ». Dividendes de l’actionnaire, coupons du détenteur d’obligations, intérêts touchés sur l’épargne sont des exemples de ce type de revenu. » Aucunement liés au travail fourni par leur détenteur, ils sont de deux ordres : il y a les revenus immobiliers ou fonciers, que l’on perçoit lorsque l’on loue un bien immobilier (appartement, boutique, maison, etc.), et les revenus mobiliers, représentatifs de titres financiers (actions, obligations, etc.)

Nathan technique

 

 

III : Les inégalités

 

Pour en savoir plus : Consultez le site de l’observatoire des inégalités

Exemple : La part des revenus captée par les 1 % les plus riches a nettement baissé pendant les Trente Glorieuses (1945-75). Depuis, le phénomène s’inverse.

 

 

«On ne cesse de parler des classes aisées, moyennes ou populaires, mais où sont les limites entre ces catégories?, s’interroge Louis Maurin, directeur de l’Observatoire, contacté par Le Figaro. Pour le savoir, on a repris la catégorisation du Credoc en actualisant les données, explique le sociologue. Les bornes utilisées sont subjectives et sont donc critiquables, mais au moins on essaie de sortir de cette épais brouillard autour des catégories sociales». Seul inconvénient de ce découpage: il ne prend pas en compte le coût du logement, du transport, ou de l’énergie, qui varient fortement en fonction du lieu d’habitation.

Source : le figaro.fr

 

 

 

 

La courbe de Lorentz et le coefficient de GINI :

 

Le coefficient de Gini, inventé par le statisticien italien Corado GINI (1884-1965), est un chiffre entre zéro et un qui mesure le degré d’inégalité dans la distribution des revenus dans une société donnée.

Le coefficient enregistrerait zéro (0,0= inégalité minimale) pour une société dans laquelle chaque membre recevrait exactement le même revenu et il enregistrerait un coefficient de un (1,0= inégalité maximale) si un membre recevait tous les revenus et les autres rien.

Les pays les plus égalitaires ont un coefficient  variant entre 0,2 et 0,3, les plus inégalitaires autour de 0,6. Le seuil d’alerte se situe à 0,4.

Le coefficient de GINI se calcule à partir de la Courbe de Lorentz

 

La courbe de Lorenz appliquée aux revenus nous montre le pourcentage de revenus détenu par un pourcentage de  population donnée. L’observation de la courbe de Lorentz nous permet de répondre à la question suivante : «détient Quel pourcentage du revenu total est détenu par quel  pourcentage des individus les plus pauvres ? ». Avec cette courbe nous pouvons voir par exemple  si les 10% les plus riches détiennent bien plus de richesses que les 10% des plus pauvres.

 

Exemple : Courbe de Lorentz en France pour 2011

 

Lecture : D’après ce graphique, nous voyons que les 10 % des Français les plus pauvres (premier décile) détiennent 2,6 % de l’ensemble des revenus disponibles de la population française. A l’inverse, les 10 % des français les plus riches possèdent 27,7 % (100% – 72.3%) de l’ensemble des revenus disponibles (on peut aussi dire que  les 90 % des plus modestes détiennent 72,3 % du revenu total disponible)

Pour obtenir le coefficient de GINI, il faut diviser l’aire de la zone hachurée, c’est-à-dire l’espace entre la droite (noire) des revenus tous égaux et la courbe de Lorenz (droite des revenus disponibles), par l’aire du triangle ABC. On obtient ainsi un rapport qui est le coefficient de Gini.

Pour la France en 2011, le coefficient de Gini appliqué aux revenus disponibles s’élève à 0,352. (Voir chapitre suivant pour les comparaisons internationales).

Durant ces 30 dernières années la croissance a été très lente et le pouvoir d’achat n’a que faiblement augmenté. La crise économique des années 70 et la crise actuelle ont  accentué les inégalités mais tout le monde n’en a pas subi les conséquences de la même façon.

 

D’une manière générale, la situation concernant les inégalités peut être résumée de la manière suivante :

 

– Ce sont les cadres, les ouvriers et les jeunes qui sont les plus touchés.


En effet, les cadres et les ouvriers ont dû réduire leurs prétentions salariales pour retrouver des emplois à un niveau de rémunération souvent très inférieur à l’ancien.

Quant aux jeunes, ils ont dû accepter des salaires d’entrée dans le monde du travail de plus en plus bas. Par exemple,  les jeunes entre 25 et 30 ans ne touchent en moyenne que 70 % du salaire des quadragénaires contre 80 % pendant les 30 glorieuses –  il est clair que les salaires ont eu tendance à stagner et les revenus du capital ont très fortement progressé. Les salaires n’ont progressé que de 15 % environ en 10 ans (décennies des années 90) et stagnent relativement depuis  alors que les revenus du capital (profits et revenus de la propriété) ont progressé de plus de 90 % pendant la même période et progressent actuellement.

On constate donc que les stratégies mises en œuvre par les entreprises (dans le souci de mieux lutter contre un avenir incertain et dans le souci de faire face à l’exacerbation de la concurrence internationale) ont entraîné des gains de productivité importants qui ont eu pour effet de modifier le partage de la valeur ajoutée dans le sens d’une augmentation de la part des profits au détriment des salaires. De ce point de vue, on peut dire que les 2 dernières décennies   ont  été celles du capital et non du travail.

 

– Les inégalités de rémunération entre les hommes et les femmes se réduisent mais les écarts demeurent.

On peut dire qu’il s’agit ici du seul point sur lequel les inégalités se sont réduites de manière assez significative. En effet, l’allongement de la scolarisation des filles, les changements de mentalités et la tertiarisation de l’économie ont abouti à une réduction assez importante des inégalités entre les rémunérations des femmes et des hommes. Toutefois les inégalités demeurent encore malheureusement et ceci de manière nette.

Par exemple, contrairement à une idée reçue, les inégalités de salaire sont plus fortes chez les cadres (donc parmi les salaires les plus élevés). Selon l’Insee, les femmes cadres  gagnent 26,3% de moins que les hommes (3 469 euros contre 4 380 euros). Tandis que l’écart le plus faible se retrouve dans la catégorie des employés (9,3%). 

On voit donc que plus on progresse dans l’échelle des salaires, plus l’écart entre les femmes et les hommes est important, en partie parce que les femmes sont beaucoup moins nombreuses en haut de l’échelle.

En moyenne, d’après l’INSEE l’écart moyen est de 19% entre les hommes et les femmes

Le rapport entre le salaire des femmes et celui des hommes stagnait dans les années 50 et 60 : les femmes gagnaient en moyenne à temps plein un tiers de moins que les hommes. Petit à petit, l’écart a diminué. Au milieu des années 90, le salaire féminin représente plus de 80 % du salaire masculin. Depuis 1995, il semble cependant que cette marche en avant soit stoppée.



La fin des inégalités dans… 170 ans

Le phénomène est mondial. Et si rien ne change, ce n’est qu’en 2186 que la parité économique entre les hommes et les femmes sera atteinte, indique le rapport 2016 du Forum économique mondial (WEF). L’étude annuelle portée sur 144 pays indique un fossé de salaire de 59% entre les femmes et les hommes dans le monde. Les pays les plus égalitaires sont l’Islande, la Finlande, la Norvège et la Suède. Vient ensuite le Rwanda devant l’Irlande.

La France arrive au 17ème rang où les femmes touchent selon cette étude 75% du salaire des hommes, tandis que l’Islande, première du classement voit les salaires des femmes représenter 87% de ceux des hommes.

http://lentreprise.lexpress.fr/

 

Pour en savoir plus : http://www.europe1.fr/societe/inegalites-salariales-hommes-femmes-cinq-chiffres-revelateurs-2893277

 

En bref, nous pouvons dire que :

 

– Les inégalités de salaire ne diminuent plus. – les femmes rattrapent très lentement les hommes mais les inégalités demeurent – le pouvoir d’achat varie avec la conjoncture. – Enfin l’idée selon laquelle les pauvres s’appauvrissent davantage ne semble plus être tout à fait exacte aujourd’hui.

 

D’après une analyse récente de l’INSEE le rapport entre le plafond des 10% les plus pauvres et le plancher des 10% les plus riches) se réduit lui aussi pour la première fois depuis des années, passant de 3,6 à 3,5. Plus significatif: lécart entre la masse des niveaux de vie détenus par les 20% les plus pauvres et les 20% les plus riches diminue de 4,6 à 4,3. 

 

 

Le chemin est toutefois encore long pour résoudre tous les problèmes à ce niveau et ceci d’autant plus qu’il n’est plus possible de compter uniquement  sur l’état providence pour cela.




Sujets connexes ou complémentaires :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*